Molly Ringwald dit ça, au début de Sixteen Candles (savait-elle pourtant qu’elle était en train de vivre l’âge d’or de la culture adolescente, de la gauche au pouvoir et de la radio libre ?).
L’autre jour, confinée dans ma migraine, j’en étais à partager cette réflexion de l’icône rousse des 80s. Namely : est-ce Internet qui nous a rendu débiles ou nous qui avons rendu Internet drôlement con ? Cette question me taraude depuis cet article croisé au détour d’une millième actualisation Facebook ou Twitter (un nouveau marronier depuis 2 ans) ; et quand j’ai la veine du crâne contrainte, ça devient pire.
Je commençais à fustiger les temps modernes qui m’ont rendue insomniaque, à errer de vidéo YouTube en site improbable jusqu’à 3 heures du matin, à ne lire que les 10 premières lignes d’un article, à avoir 9 onglets ouverts sans n’en lire aucun, à délaisser ce blog parce que l’entretenir requiert plus de 3 minutes de concentration, ces temps qui ont créé la “productivité toutes les 72 minutes” (l’air de rien, le FBI, en y mettant fin, vient de créer la “génération Megavideo”). C’est vrai, bon sang, que faisions-nous, quand nous n’avions ni Internet, ni ordinateur, ni iPhone au moment de dormir? Je me revois à 13 ans, avec mon Walkman qui faisait radio (un Aiwa, most obviously) : c’était une mini-révolution copernicienne dans ma chambre et sous ma couette. Le tuner y était digital et me permettait de sauvegarder mes stations préférées, pour changer de fréquence quand bon me semblait. A cette époque où l’on était défini par la radio qu’on écoutait, cette petite innovation a tout foutu en l’air. Read the rest of this entry →
Est-ce que le syndrome du 1er janvier s’en prend à moi ou à l’App store de mon téléphone ? Depuis 5 jours, je vois fleurir ces outils relevant du “projet 365″, succédanés d’Instagram et autres types de tumblrs.
- My365, testé (et approuvé, pour le moment) par yours truly. Chaque jour, il faut prendre un cliché, à même de résumer la journée qu’on vit ou un moment fort de celle-ci, sur le thème “votre vie est remplie de merveilleux souvenirs”. Tout un programme. As of Jan. 6, c’est à peu près la seule chose qui me motive pour me lever chaque jour (ce qui explique sans doute pourquoi je suis toujours sous ma couette à 13h38, heure de Paris). – http://my365.in/
- Everyday s’appuie sur le même principe (one pic a day keeps the doctor away, j’imagine), sur le mode de l’autoportrait. Ton téléphone te bippe chaque jour à la même heure, tel le tamagotchi qui te rappelait qu’il avait besoin de grailler, pour te rappeler te te tirer le portrait, avec le même angle, suivant les mêmes lignes et en tirant la même bobine, afin de permettre, à la fin de l’année, un genre de gif animé de ta gueule sur 365 jours. Le concept, je sais pas (moi et les autoportraits, tsé…) mais la vidéo démo avec le fat hipster barbu est kinda awesome. http://everyday-app.com/
- Day One (Journal) reprend le principe du journal de bord. Chaque entrée est datée du jour, pour y mettre une fulgurance, une idée de génie, une anecdote. Avec en option la possibilité d’un reminder quotidien pour les plus velléitaires d’entre nous, enfants du XXIe siècle et de l’ère Internet qui commencent 30 projets pour tous les avorter en moins de 3 semaines, de la même façon que nous n’arrivons plus à lire des articles ou des livres si ceux-ci sont trop longs et mobilisent notre attention plus de 10 minutes d’affilée. (j’ai dit que j’étais de mauvaise composition aujourd’hui ? Ah oui, dans le titre.) – http://dayoneapp.com/
(ces deux dernières apps étant parvenues à ma connaissance via @nicolasfolliot)
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Anyway, ces applications me laissent en général perplexes, tout en exerçant une étrange séduction (rappelez-vous les beaux jours d’Hipstamatic, je vivais encore à Philadelphie). C’est qu’on court tous après cette illusion d’être le Helmut Newton de notre salle de bains. En bonne enquiquineuse anti-Instagram, j’ai tendance à vouloir conspuer toutes ces fonctions qui permettent de partager wat-mille photos avec un filtre dégueu en se prenant pour un artiste (et pourtant, j’essaie, Instagram, j’y donne tout ce que je peux, hein, j’y ai même mis une photo de ma galette des rois). Entre les fameux filtres qui vieillissent, jaunissent, floutent, et travestissent autant que l’autotune transforme la voix de Britney Spears depuis maintenant 5 ans et l’aspect “photo de génie montrée à la face du monde”, il y a de quoi hurler à l’imposture artistique et à la présomption crasse (il suffit pour cela de voir la chiée d’articles “Instagram shots” qui fleurissent sur les blogs mode les plus suivistes).
Je suis pourtant étrangement hypée par cette app My365, son petit look scrapbook computer-generated, et son incitation à être créatif, mais rien qu’une fois par jour. Go figure. Sans déconner, un “projet 365″ téléguidé par un smartphone, ça relève de la gangrène de l’art option gastro à plus d’égards qu’il n’est possible de mentionner dans ce post. Et pourtant, je sais pas si c’est par opportunisme, mais en retournant le problème, toutes ces applications qui incitent à capter la magie d’un quotidien en viennent à me réchauffer l’âme.
Alors même qu’on reproche aux iPhones, Blackberries et affiliés de tuer un peu plus le social et les plaisirs simples, nous transformant en veaux passifs des Internets et des réseaux sociaux (“téma y a un gros tout nu dans le catalogue la Redoute, haaaan” – puh-lease…), ces applications cherchent à réintroduire du quotidien et de l’anecdotique intime dans le réseau social. Hé, why not. On prend ces clichés, non pas parce qu’on les trouve brillants, mais pour les partager, et on se donne les moyens d’être en arrêt devant tel objet ou tel instant de sa vie. Alors même que le smartphone nous coupait du quotidien, c’est comme si ces apps nous encourageaient à le redécouvrir et à le sublimer. C’est un peu méta, j’en conviens.
Mais ça joue sur les contraires, je trouve ça chouette.
Si toi aussi, ta caution hype est de plus en plus inexistante… #sitoiaussi
Oh boy oh boy, je viens de revoir Stand By Me (ha oui, j’ai grillé toutes mes cartouches “films de Noël” cet été pendant ma convalescence), ce sentiment de nostalgie pour une époque et un pays qu’on a jamais connu (car il n’existe pas vraiment hors des souvenirs romancés d’un brillant auteur) m’épatera toujours.
On a longtemps conspué l’américanisation de la culture, les conséquences de l’aide Marshall, des tablettes de chewing-gum données par les boys à la Libération, jusqu’à l’introduction d’Halloween dans nos contrées. Maintenant, les nouveaux coupables ont cessé d’être Coca-Cola ou McDo (devenus plus ou moins vintage, i guess), pour devenir Facebook ou Apple.
Pourtant, j’ai l’impression que l’Amérique en France se loge parfois moins dans la mondialisation que dans la reprise de cette Amérique de carte postale. Celle qui, avec un filtre ad hoc donnera l’impression à n’importe quel péquin de “faire de la photo” (alors que non, c’est juste que tu as un iPhone et que tu tortures Instagram, been there, done that, gotten the t-shirt).
Preuve par l’exemple:
Fait plutôt cocasse, cette Amérique des magazines, je l’ai surtout rencontrée en allant vers l’Ouest. Au début, ça m’a fait tiquer: c’est donc en “France profonde” que l’on exhibe l’Amérique comme objet mythique et pas du tout digéré. Dans le hors-champ de la photo ci-dessus, vous trouverez des affiches d’un concert de Blondie à New York fin ’70s, une photo de Bob Dylan, un poster de James Dean, accollés à des affiches de campagne pour Obama, des reproductions de Superman, des images d’archives de beauty pageants des années 60 et j’en passe. Le tout dans une atmosphère de nourriture bio servie avec du ketchup et de l’English mustard. So fetch. Je trouvais tout ça un peu contradictoire, dans le fond. N’y a-t-il pas un pari audacieux, à vouloir ouvrir un diner-à-instagram (ou hipstamatic, ne soyons pas sectaires) dans l’Eure, à une heure de bagnole d’Alençon? Ca semble très absurde.
Je ne sais pas si c’est parce que j’ai eu une année hormonalement chargée, mais quand j’essaie de dresser mon bilan ciné, j’en reviens toujours plus ou moins à quelques moments forts qui m’ont fait crépiter les ovaires (si vous me passez l’expression). Il y a certes eu des instants de grâce (les dino dans Tree of Life <3), des scènes qui touchaient en plein cœur (cette jolie alchimie entre Amy Adams et Mark Whalberg dans Fighter), mais ce n’est pas de ça qu’il est question, ici. Outre le fait que deux beaux gosses majeurs ont émergé de cette année (devinez qui?), il y a eu quelques épiphanies de magnétisme sexuel dans les films proposés au public.
Ergo, je vous présente fièrement mon “Top 5 fantasmes” de l’année:
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5- Même vieux et moche, il reste beau : Jeff Bridges dans True Grit (ou peut-être plutôt Tron: Legacy).
Oh non, ne partez pas, c’est pas de ma faute.
Que ce soit clair, à partir du moment où Jeff Bridges apparaît dans un film, il hérite d’office d’une place dans le top 5 des hommes de l’année. Question de principe. C’est à cause de la voix. Même s’il joue un vague loser borgne et alcoolique, l’entendre renvoie à son être étant de mâle alpha. C’est ce qu’on appelle le swag, et Jeff en a pour les siècles des siècles, amen et hallellujah. Ça m’a conduit à beaucoup d’égarements pendant ma période Netflix en 2009, parmi lesquels mon all-time worst movie ever, Against All Odds, un genre de néo-noir soft-porn bien vilain.
Cependant, rappelons-nous avec émotion :
“- Comment t’as fait pour la séduire? – C’est simple, tu l’amènes sous un cocotier, tu la baises sous ce cocotier. Et là-bas, y avait beaucoup de cocotiers.” Woké. Kelbelhomme.
Bon, mais malgré tout en dernière place parce que borgne, vieux et alcoolique. Par mesure de réalisme. C’est que, karma being a bitch, il est rare d’avoir du deux en un, avec lui: soit il joue dans un film formidable, mais mochu, soit, surtout du temps de sa prime jeunesse, il était fringant, mais dans de bien mauvais films (cf. aussi Tron: Legacy, cette année).
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4- Beau gosse imposé de l’année, le minet dévergondé: Ryan Gosling.
Pour dire la vérité, Ryan Gosling, c’est pas follement ma came. Tu sais, moi, the Notebook où il embrasse fougueusement Rachel McAdams sous la pluie, ça m’a jamais fait plus d’effet que ça (mais, et c’est mon prochain défi pour ce blog, j’ai prévu de lire un roman de Nicholas Sparks, pour voir). Ceci dit, c’est de facto totalement son année: Blue Valentine, Crazy, Stupid, Love, Drive et Ides of March. J’ai tout vu et à force de persuasion, béh je me suis laissée… persuader. Dans Blue Valentine, il m’a teellllement déprimée (je sais pas si je pourrais revoir ce film à cause du malaise qu’il m’a procuré), c’était pas gagné. Pourtant, de film en film, il se construit, le bougre, et son charisme s’épaissit (au point de parvenir à porter le film de Clooney sur ses close-ups, ce qui n’est jamais une tâche facile). Et surtout, Drive. On y revient souvent, mais le schéma de séduction mutique ambiance prince des ténèbres, ça reste un classique efficace. D’autant plus efficace que je l’imaginais pas capable de porter un tel personnage sur ses épaules. GG, comme disent les gamers.
Mais at the end of the day, soyons tous honnêtes avec moi-même, ce n’est ni Ides of March, ni Drive qui me fait fantasmer (un peu), mais bel et bien:
Ah oui, on se refait pas, que voulez-vous. Bon, mais ceci dit, j’ai jamais trop aimé qu’on me force à penser quelque chose, même si ça implique des tumblr rigolos relatifs à des chiots mignons (Is Ryan Gosling cuter than a puppy?) ou à du féminisme hardcore et décalé (Feminist Ryan Gosling). A ce compte-là, pourquoi ne pas fantasmer sur Kim Jong-il, puisqu’il est l’objet de la galéjade tumblresque la plus fofolle de l’année. Oui, bon, non.
Mais maintenant, si vous le voulez bien, passons aux choses sérieuses, les steamy moments de l’année:
Pas plus tard que mardi, je découvrai que mon jantil voisin du dessus, un quinqua d’obédience kabyle (comme tout l’immeuble – une véritable enclave igawawen, if you ask me), n’était pas danseuse exotique comme je me l’étais toujours plu à imaginer. Ce n’est pas que l’individu, un brin bonhomme et dégarni (qui plus est cycliste), me fasse fantasmer en quoi que ce soit ; non, c’est juste que mon quartier ayant conservé ce feel rétro que ne renierait aucune blogueuse mode, n’était son ancrage un peu trop treizièmiste, ce feel rétro, donc, m’a souvent renvoyée à mes lectures lycéennes quand on avait Raymond Queneau au Bac (Les Fleurs Bleues). J’avais lu Zazie dans le métro pour prolonger le plaisir et le tonton Gabriel, parfumé en Barbouze de chez Fior, y était danseuse exotique dans un cabaret pour “hormosessuels” (Oulipo + société encore un brin réac = that’s a bingo).
J’aimais cette idée : mon voisin rentrant tous les soirs à 2h du matin en moyenne, pour sauter dans sa douche (l’immeuble aussi a ce “feel rétro” 70s qui implique zéro isolation sonore), c’était une évidence. Pourquoi sauter dans la douche si ce n’est pour se défaire de la sueur mêlée aux paillettes et au maquillage d’une soirée de danse décadente et déhanchée, hmm? Je l’imaginais, jetant négligemment son truc en plume et son casque de vélo sur son canapé, allant se dévisser une bouteille d’Orangina ou de Canada Dry, pour se désaltérer après une soirée épuisante, en ouvrant machinalement les robinets de sa douche, dans une démarche pas du tout écolo-XXIe siècle, et vient ce qui suit. Read the rest of this entry →