PHILADELPHIA STORIES
Aujourd’hui, j’ai regardé les décos de mon nouvel appart’ (il est formidable!):
- une affiche d’Enzo Mari (celle qui sert grâcieusement de déco au V de Virgoblog – oh mais tout fait sens) au-dessus de la cheminée
- des badges russifiants pour aller avec mon appareil lomo (on dit un lomographe, sinon?) qui trônent sur la cheminée
- une affiche de graffiti, courtesy of La Fondation Cartier au-dessus du Fauteuil en velour orange (vous fiez pas au descriptif qui fait très boutique vintage de Williamsburg: il est super moche et naze)
- un sac en toile représentant Lady Gaga photographiée par Hedi Slimane au-dessus du lit
- des cartes postales glânées ça et là négligemment posées sur le rebord de la fenêtre: Martin Parr, un bonhomme rigolo du Palazzo Grassi, un tableau vénitien du XVIIIe siècle…
- une peluche représentant le Democratic Donkey, série limitée de FAO Schwartz l’an dernier dans la bibliothèque
- des écouteurs d’iPod géants qui me servent d’enceintes posés à côté des DVD de Vincent Gallo (suite à une commande Netflix un peu irréfléchie, il faut bien le dire – en vrai, je préfèrerais voir le Series Finale de Dawson)
En voyant toutes ces choses juxtaposées sans trop y réfléchir parce que chacune me rappelle un bon souvenir, chacune est un peu moi, j’ai eu un fiat lux: je suis cool. Merde c’est surprenant. LOL, quoi. Je suis cool, Fonzy style (Don’t fool with the cool ’cause the cool don’t fool)! D’un coup, le P3 (c’est son nouveau nom: pour Plateau/Pizza/Pepperoni) fait totalement sens dans cet intérieur d’une edginess si assumée – si j’avais pris tout ça en photo ça aurait fait comme un post du Blog de Betty, tu vois.
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Putain, brutalement, je me sens tellement cool qu’heureusement que 1/il y a le Life & Style consacré à la chirurgie esthétique d’Heidi Montag sur ma table de nuit, 2/au moment où j’écrivais ces lignes, Feed the Birds de Julie Andrews (dans Mary Poppins, pour ceux qui n’ont pas eu d’enfance heureuse) est arrivé dans mon iPod. On a eu chaud.
J’aime beaucoup cette chanson – du reste, je continue de me demander si elle est plutôt plus ou plutôt moins déprimante que l’ensemble de la discographie d’Elliott Smith…
Aujourd’hui, j’ai envie de vous montrer le nouveau plateau que j’ai acheté au Bookstore de Penn – c’était un peu mon premier shopping spree à Philly en quelque sorte, et le genre de chose qu’on partage sur un blog, me semble-t-il…
D’un point de vue très concret, c’est un plateau qui représente une pizza au pepperoni, voyez plutôt…
So fugly it’s cute, non? Non non, “so fugly, period“, il a dit, Clément.
Il est offensant à tellement de différents points de vue esthétiques que tout seul, dans son coin du bookstore, il me faisait de la peine. C’est bien simple, qui aurait voulu de cette chose? Pas une lady, c’est sûr, ni quelqu’un de cool (tout le monde sait que les plateaux monochromatiques et sobres sont les plus réussis). Alors qui? Un undergrad bourrin qui l’aurait rapporté à sa frat-house pour regarder le Superbowl en faisant des concours de rots avec ses potes? Vu l’illustration, ce serait le public visé, mais eh… Sets are for pussies, bro. – penser à ce scénario me rappelle immanquablement cette scène de I Love You, Man, où Paul Rudd explique à Jason Segel qu’il adore regarder Chocolat avec sa fiancée le dimanche soir. You like a film called Chocolate? – No it’s chocolâât. Bon, en fait c’est dur à raconter, mais c’est un gag marrant. Bref, tout ça nous ramène au dilemme intérieur de ce plateau qui donc ne peut pas être pour un frat-boy. Or qui voudrait d’un plateau qui risque de te rendre malade à chaque GDB, à chaque gastro et à chaque fin de repas (alors que le principe d’un plateau, c’est de prendre le thé ou le petit-déjeuner au lit, ergo quand on est gastriquement un peu vulnérable…)?
Moi je pense que si on ne comprend pas l’appel du pied évident aux délires collectionneurs de Martin Parr, on risque de rater quelque chose. Il y a de plus une douceur de vivre dans ce plateau qui m’émeut… read more…
Ce post va être vachement multimédia – épuisant à lire.
En juillet dernier, je me rappelle avoir été excitée comme une puce devant Bercy. The Circus starring Britney Spears, c’était LE concert que j’attendais depuis… pfiou, cette époque, quand je pensais qu’elle était sur le chemin nécessaire menant au suicide. Depuis, je m’étais promis que si elle remontait la pente, je serais la première à entrer dans la danse. Et j’étais avec Gwen, de surcroît, et Gyom était quelque part dans la fosse. Un vrai truc chouette en perspective. Seulement voilà, on va pas se mentir, comme disait Valéry Zeitoun (ce Simon Cowell made in France): c’était super décevant. On était contents de s’éclater sur Gimme More et Toxic, mais en vrai, on était loin de la scène, on la voyait en miniature, elle a pas chanté et elle dansait pas très bien. Fall from grace – certes on s’y attendait mais un léger goût amer de s’être fait voler. S’y ajoute une totale non-interaction avec le public, bref, Britney était une contractuelle là pour faire (pas très bien) son boulot. Le lendemain, un rendez-vous avec un pote à Opéra (on a pas des goûts nazes, c’est qu’il bosse à Garnier) m’emmenait du côté du boulevard de la Madeleine et en passant devant l’Olympia, j’ai vu quelques groupes d’ados faire un sit-in devant la salle pour attendre un concert. C’était pour Lady Gaga. Bon sang mais c’est bien sûr, j’ai pensé. L’événement pop du mois de juillet à Paris, en vérité, c’est ça. Tout le monde s’était enflammé sur Britney et cette date était passée quasi-inaperçue: bref, on avait rien compris.
Interlude arty
Eh ben les mecs, l’erreur, je l’ai corrigée il y a 3 jours, ça m’a coûté 5 fois plus cher que Britney mais je ne regrette pas le moindre quarter. Je pourrais parler pendant des heures de ce show, de Gaga elle-même, de ses cheveux jaunes fluos, de son éthos de Fée Clochette et de son humour décalé. Mais le post-compte-rendu est un exercice casse-gueule et j’ai pas envie de tomber dans les clichés mielleux de type “vrai spectacle, une artiste complète et généreuse” (boooring), c’est pas les Inrocks, ici.
Hey les mecs, j’ai déménagé: maintenant, il faudra m’imaginer non plus dans une ville glauque du nord de l’Etat de New York, au presque-Canada, mais dans la ville de l’amour fraternel et de l’inceste – à Philadelphie pour ceux qui ont pas fait Grec au lycée. Tout ça me vaut une litanie de voyages en bus – Albany/NY en décembre, NY/Philly maintenant – je suis au bord de l’épuisement, mais je crois que j’ai réglé mon problème de nausées en voitures (ce qui s’appelle traiter le mal par le mal). En vérité, c’est pas pour ça que j’ai mis si longtemps à poster. Disons que tous ces voyages m’inspirent des relents de péril jaune assez difficile à assumer parce que “attention terrain très très glissant”…
Clément, qui pour une raison que j’ignore encore à ce jour, ne reçoit jamais mes SMS, a raté par exemple ce bijou de poésie urbaine le 14 décembre dernier: “Ca pue la bouffe le bus est plein y a un bébé et on m’a refilé un billet de 5$ déchiré. Je HAIS les Chinois.” *mode Caliméro raciste on*, comme on disait en 2006. Mais aussi, j’étais dans le bus pour Albany, à 21h (arrivée minuit dans une ville noyée sous la neige, very uncool).
Notons qu’en revanche, les tweets suivants étaient très publics:
- Écoute de la pop chinoise dans le bus pour Albany. La ressemblance avec l’eurodance trash est frappante.
- Je corrige: pop chinoise = eurodance des années 90 meets musique d’anime des années 80. Weird. (à 7h30 du matin, c’est même plus que weird, c’est carrément agressif et particulièrement vilain)
- Regarde E.T. dans le bus pour New York! Ca sent les vacances!!! (et la bouffe chinoise) #thanksgiving (rien RIEN ne peut entraver le bonheur suprême lié à la perspective de Thanksgiving – et au visionnage d’E.T. Même pas l’odeur de nem, on s’y fait, en fait)
- Une journee qui commence avec de la techno chinoise et une amende qui double le prix de mon billet de bus… Fuck. (sous-entendus “Fuck les Chinois” – je mets au défi quiconque de garder son calme quand il se fait traiter de voleur en chinois)
- 30 min de marche sur du verglas par -7 degrés en trainant 20kgs de bagages. Tout ça pour prendre un bus nawach. NY c’est aussi ça. #fml (on m’en a voulu pour le politiquement incorrect “nawach” – ça s’appelle l’usure)
- L’avantage du China bus: quand on le rate on peut se faire manucurer pour patienter… (on sent que les vacances sont passées par là – 3 semaines sans bus chinois, j’en ai presque oublié que le conducteur c’était curé le nez juste avant de me demander mon passeport) (cela étant, on note qu’il y a déjà 2 catégorisations sur les Chinois en 140 caractères) read more…
A chaque fois que mes vols Paris-NY font une correspondance par Heathrow, un mignon mécanisme britannophile se déclenche en moi. Rien à voir avec une britannophilie classe, faite de punk-rock et de mode underground (l’Angleterre, c’est loin d’être juste ça, comme Lyly June, le fait remarquer)- non, si j’étais anglaise, je serais du genre à pleurer en 2006 au reunion tour de Take That et à mater Pride and Prejudice version 1995 en fin de soirée, de retour d’une beuverie à base de 8 litres de bière dans un pub un peu cool d’Hoxton Sq. Eh oui, je voue un amour certain à cette Grande-Bretagne un peu surannée, celle où on entend le carillon de Big Ben en fond sonore et où on achète des ours Paddington aux enfants (rien à voir avec le sac Chloé).
Dans ces moments-là, je me rappelle que je vis (un peu) pour ces moments télé très Marks & Spencer où une demoiselle en robe géorgienne/victorienne erre dans une campagne anglaise pluvieuse sur un fond sonore très chargé en piano – d’ailleurs, on appelle ça un pianoforte dans ce genre de productions, pour te situer le problème. Ça nécessite une vraie dose de confiance en soi d’admettre ce genre de fantasmes embarrassants de vieille fille, tu sais, ceux où la tension monte lorsqu’un nœud de cravate est négligemment défait… Au passage, si tu as saisi la référence du titre, lectrice, … hum, toi-même tu sais.
En effet, chaque année, la BBC et ITV produisent inlassablement un chef-d’œuvre de la littérature anglaise. read more…
Noël c’est censé être devenu plus simple que par le passé.
Plus simple grâce à quoi? Aux tickets sans prix, à Ebay et aux 30 jours d’échange. Tout ça crée une cérémonie supplémentaire lors de la remise du cadeau: “si ça ne te plait pas, aie la simplicité de me le dire, c’est très facile de rapporter en boutique”. Non c’est pas facile. Échanger ou refuser un cadeau, c’est l’irruption d’Ebay dans le Cosmos, c’est briser une chaîne affective rituelle, c’est entraver le destin.
En plus, avoir chez soi une pile de cadeaux un peu ratés, c’est marrant, ça permet de faire des déguisements les années suivantes, ou alors de voir ses goûts évoluer quand ce qu’on a toujours planqué au fond de l’armoire, on le ressort en y voyant un trésor. Bon, c’est vrai, c’est lourd, les cadeaux ratés. En vrai, ça me déprime comme un foie gras trop chaud sans Monbazillac (j’emmerde ceux qui aiment pas le Monbazillac, pour moi c’est un puissant révélateur de saveurs). Ça me rend d’une tristesse à pleurer.
Mais je crois que les cartes cadeau ne m’amusent pas plus, et les cadeaux de commande encore moins. Bref, considérez-moi chiante, je pense juste avoir une saine exigeante avec mes connaissances. Je ne commande rien (ou alors je suis fauchée comme les blés), on doit me surprendre et j’accepterai tout sans fausse complaisance, sans revendre sur Ebay, et sans échanger. Du coup, imagine toi que je suis démunie devant cette injonction à l’échange/retour devenue quasi-systématique à chaque déballage de paquet. Ca brise la magie, moi qui suis persuadée que dans un monde parfait, les cadeaux sont faits en adéquation avec l’être aimé/objet du cadeau. L’achat-même du cadeau suppose une symbiose avec son destinataire qui fait qu’on ne peut pas vraiment se tromper (je flippe d’écrire ça, parce que les destinataires de mes cadeaux qui me lisent, ils vont pas me rater si je me plante). J’ai acheté un sac en faux-python-rose-et-violet/faux-cuir-argent à ma belle-mère (Topshop? Topshop.). Ça m’a fait saigner des mains de taper mon code de CB pour cet achat, mais je te jure que j’ai pas gardé le ticket de caisse. Pas d’échange possible, mais cet objet était fait pour elle (c’était écrit dans un vieux parchemin en sanskrit qu’on a retrouvé dans le tombeau du prêtre Mola Ram – un homme très sympathique qui fait brûler des cœurs humains en offrande à Kali).
Dans l’idéal, je pars du principe que quand on me fait un cadeau, c’est une vision qu’on a de moi, un regard extérieur, un message affectueux qu’on veut me faire passer. Quand cet état d’esprit entre en jeu, pas d’inquiétude à avoir, tu peux pas te planter. Il entre en jeu une créativité interactionnelle entre l’émetteur et le destinataire. Un putain de plaisir d’offrir, bordel. Pas un bon d’échange. M’offrir la possibilité d’aller occire une caissière de la Fnac ou du Printemps dans la cohue des fêtes ou des soldes, ça m’enthousiasme assez moyennement, je dirais.
Si je veux aller plus loin dans ma démonstration, m’offrir un bon d’échange ou une possibilité de mettre en vente sur Ebay, c’est déballer un cadeau en sursis, un objet qui est là sans être là. C’est un peu comme les boutiques qui ont préparé leurs rayons pour les soldes une semaine avant les soldes. Tout est prêt pour le 6 janvier, les étiquettes couleurs nous indiquent déjà quelles seront les réductions sur quels articles, mais tout est encore au prix fort. Meaning: sauf si t’es très con, tu risques pas d’acheter. Tu contemples donc un objet qui n’est donc pas vraiment tout à fait là. C’est d’une complexité qui me fait très mal au crâne. Donc non, je dirais pas que c’est plus simple.
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Moi qui aime pourtant bien la consommation, ça m’en bouche un coin.
Aujourd’hui, nous allons parler de la façon dont mon film de Thanksgiving, qui est en réalité un film d’Halloween, établit une connexion avec mon film de Noël. Tu verras c’est très simple (comme en plus, je ne prétends pas à l’originalité, ce sont des références que chacun peut maîtriser – bon, sauf ma pote Lise).
Depuis que j’ai recommencé à regarder Greek, je vois la société américaine au prisme du Pan-hellenic council, c’est terrifiant.
Samedi soir, nous voici donc à une soirée de Noël, rituel relativement courant chez les jeunes adultes américains, à en juger par le nombre de pères Noël dans le métro. Le concept? C’est une soirée comme les autres, mais avec les shots de Jäger, il y a des cookies, et le dress-code c’est rouge, vert et blanc ou chandail moche ou serre-tête ridicule. Du reste, j’ai une bien trop haute opinion de moi pour diffuser sur ce blog des photos de moi avec des bois de renne, autant prévenir. Lors de cette soirée, notre jeu de frenchies consistait à essayer de définir qui appartenait à quelle fraternité dans cette université fictive que serait la société new-yorkaise (on s’emmerdait un peu, faut dire, et les Jello shots me faisaient pas trop envie). On distinguait les fêtards branleurs des gars pour qui la sociabilité, c’est avant tout un moyen de réussir, les try-too-hard des Queen bees, etc.
La première leçon à en tirer, c’est qu’une série télé peut gravement infecter le cerveau. Btw, je soutiens corps et âme cette série totalement mineure dans le paysage audiovisuel américain. La fraîcheur et l’enthousiasme du casting, cumulées avec la drôlerie des 2/3 des blagues du personnage principal rendent ce show un peu moins anodin qu’il n’y paraît. read more…
L’autre soir, j’ai pratiqué ma théorie du samedi soir low key en me contentant d’une petite pinte au Brooklyn Social en galante compagnie (la galanterie s’arrêtant au moment où il m’a pris mon verre des mains pour le vider cul sec, ahem). Mais comme New York est une ville qui réserve beaucoup de surprises, j’ai fait beaucoup plus que je n’aurais pensé dans cette soirée. J’ai notamment donné mon numéro à deux bros visiblement très avides de me revoir. Explication/décryptage.
A New York, les parades nuptiales se terminent usuellement par un “yo mademoiselle donne-moi ton 917″ (je suis restée manhattanite du numéro). Lequel numéro est le sésame pour entamer toute la phase de dates. Samedi dernier n’a pas dérogé à la règle et, quelque part entre le Lower East et Midtown, une jeune fille a séduit deux potes. Etait-elle séduite? Difficile à dire. Toujours est-il qu’elle n’a laissé qu’un numéro: le mien. S’en sont ensuivi des quiproquos dignes des Peines d’Amour Perdues de Shakespeare – mais en langage SMS.
(depuis que j’ai coordonné mon téléphone à ma nouvelle robe, je me sens plus proche de Reese Witherspoon dans Legally Blonde)












