Dolph Lundgren is my fellow

2 Sep

Jane Austen avait intitulé son premier manuscrit “First impressions“, dans l’idée relativement galvaudée, moralisatrice, mais néanmoins efficace, selon laquelle il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis (ça se disait pas trop comme ça, à l’époque victorienne*), voire qu’il ne faut pas s’en tenir aux a priori, si négatifs soient-ils (oui, je sais, on dit les préjugés).

Ainsi, non contente de me savoir un point commun intellectuel avec Dolph Lundgren, cette armoire à glace has-beenos des années 80 qui entame sa 16e minute de gloire grâce à Sylvester Stallone (à savoir que lui et moi, on partage une bourse d’études et le statut de chercheur invité en université élitiste américaine) je découvre seulement maintenant que Megan Fox n’est pas seulement une bombe-anatomique-à-robes-fendues, grande gueule, grosse tête et pas très maline. Elle a surtout une collection de t-shirts qui devrait suffire à l’installer au panthéon des figures les plus sous-évaluées du moment. Trois exemples:

Lors de la premiere de Juno. Pour l’instant, on reste dans la grammaire classique de la bimbo qui s’adresse aux hard-rockeux, rien de très surprenant – les Mötley Crue ne sont après tout qu’un vivier d’époux plus ou moins abusifs de playmates en maillot de bain rouge. Quelqu’un qui joue avec les codes de son propre stéréotype est toujours intéressant. Continue reading 

When I went to school…

26 Aug

On se retrouve à partager, à échanger, pendant l’avant-concert. J’écoutais plus vraiment jusqu’à récemment, un retour en grâce sorti tout droit d’une après-midi énervée à Philadelphie, à la limite de l’overdose. C’est coincé dans la partie adolescence collégienne, pour moi. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était une pub sur Fun Radio – “Hole, le groupe de la veuve de Kurt Cobain“, ça disait, avant un couplet de Doll Parts.

D’un coup, voilà que je perds 350 points en coolitude, parce que Fun Radio, c’est la radio “groove and dance”, de nos jours. Sauf qu’à une époque, c’était le fleuron de la radio libre en France, c’était Lovin’Fun, le sexe, c’était pas sale, et c’était osé, à 13 ans, d’écouter les histoires de capotes éclatées et de masturbation à la corde à sauter (véridique). Mais l’adolescence du rock, pour moi, c’est avant tout mon frérot qui, dans la chambre d’à côté m’empêchait de dormir à coups de Nirvana, de Smashing Pumpkins ou d’Offspring. Et puis il y a eu l’époque Ouï FM, quand le riff de Celebrity Skin servait de jingle et que je révisais mon contrôle de maths en attendant le Monde de Monsieur Fred (une émission culturelle). J’écoutais Ouï FM comme un étendard, pour prouver que j’étais une vraie, une rock, à cette époque où le monde de la jeunesse radiophonique se polarisait entre “j’écoute de tout sauf du rap” et ceux qui allaient pleurer lors de la réunion de NTM, il y a deux ans. Continue reading 

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Why don’t you wake up and smell the coffee?

16 Aug

J’ai 27 ans, bientôt 28.

Depuis que je perds mon temps sur Sens Critique, je me suis enfin mise à classifier et à mettre de l’ordre dans ce bordel géant qu’était mon historique Netflix (paix à son âme) et subséquemment mon cerveau. C’est long. C’est pas fini.

Chemin faisant, j’en suis arrivée à un constat un peu triste et déconcertant, à savoir que le coming-of-age movie est un exercice sacrément casse-gueule et rarement réussi. (alors oui, je sais que le terme coming-of-age est un peu vaste, pour moi, il s’agit surtout de la quarter-life crisis, si vous voulez). On vit un âge à la con d’un point de vue cinégénique, au point d’en vouloir passer directement de 18 à 35 ans, sans passer par la case “jeune”, “étudiant”, “jeune actif/artiste aux rêves visiblement minables”.

Avez-vous d’ailleurs remarqué comme les séries adolescentes se trouvent dépourvues au moment de la remise des diplômes, prises entre soit l’option de renouveler le casting, soit l’option”glamouriser l’être étant de l’étudiant en fac et du jeune adulte”? Et par glamouriser, j’entends qu’attribuer à des personnes de 19 à 25 ans un mode de vie qui correspond à un adulte autosuffisant de 10 ans de plus est certes très joli, mais n’a jamais favorisé mon sentiment d’identification. A l’inverse, mesdemoiselles, au moment de vous identifier à Carrie Bradshaw et/ou Bridget Jones il y a de ça 5 ans, avez-vous remarqué qu’elles avaient passé l’âge du Christ alors que vous aviez 23 ans à peine?

Etre jeune, beau mais fauché n’a visiblement jamais trop fait vendre, au point d’en arriver à des aberrations stylistiques qui font que dans un film, un Judd Nelson sera l’adjoint d’un Sénateur républicain, à sa sortie de Georgetown, à 22 ans. Où étiez-vous, à 22 ans?

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Tous ces jours, tout ce temps qui n’appartenait qu’à nous

3 Aug

C’est une histoire vieille comme un album de Patrick Bruel.

Vous savez ce que c’est. On est assises là, à 3h du matin, en plein mois de juillet, dans une ville minuscule de banlieue parisienne (d’aucuns diront qu’il s’agit de la banlieue versaillaise), devant le Boulevard des Clips, à critiquer le maquillage orange et vert de Larusso dans son clip pour Tu m’oublieras (mais sans rien dire de son duckface pout perpétuel – weird). A ce moment précis, l’évidence s’impose. Quand on sait s’ennuyer avec quelqu’un, c’est que c’est pour la vie.

Alors vite vite, il faut tout mettre en place, parce qu’on sait bien qu’on a 15 ans, que l’an prochain, on rentre en Première, qu’on va devoir choisir une orientation, qu’on n’a pas les mêmes attentes de la vie, et que forcément, on va s’éloigner, s’ignorer, devenir des adultes, et oublier notre âme d’enfant (when you grow up, your heart dies – même sans savoir qui était John Hughes, on savait bien ça). Tout est choisi à la hâte mais de manière réfléchie: le lieu du rendez-vous, le signe de reconnaissance (forcément, dans dix ans, on aura trop changé), la date et l’heure. On signe de notre plus belle plume, et le charme agit. Continue reading 

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La classe à Dallas

28 Jul

J’ai un pull moche.

La réalité de l’expatriation, c’est aussi pour ce qui reste. Tout se fige à un 14 août 2008, et sans qu’on y prenne trop garde, de retour en France, on observe. Ainsi, ayant franchement doublé ma garde-robe aux Etats-Unis (en tout un quintal vestimentaire, sad, but true), je me retrouve à faire de la place parmi des placards entiers déjà pleins (j’étais partie avec le “strict minimum” – 46 kgs de fringues, tout-va-bien…). Alors j’observe, je me dédouble. Je me vois il y a deux-trois ans, et mon moi d’il y a deux-trois ans m’observe. Les fringues en disent long sur l’évolution d’une personne. On se rend compte par ce biais que deux ans, c’est beaucoup, quand on s’expatrie – on se déracine, on fait tout à toute berzingue, sans souffler, sans recul, on revient, on s’installe, on observe: c’est déroutant.

Le truc le plus patent, c’est que j’avais des goûts relativement inexistants, il y a deux ans. Pas mauvais goût ou bon goût, juste le néant – un néant où mes fringues les plus dignes d’intérêt sont des cadeaux. Quelque chose de pas du tout raccord avec mes choix, parfois douteux, parfois edgy, mais surtout réfléchis, en termes de nippes. Par ailleurs, je sais pas à qui je dois cet esprit critique découvert, New York ou les blogs? La poule ou l’œuf? Perdue dans ce tri impitoyable, une trouvaille m’a un peu serré le cœur:

Pas canon, le chandail.

Cette photo me barre le visage d’un sourire à chaque fois que je la vois. Et le fait qu’elle ait été prise à Copacabana, en Bolivie, et qu’à Copacabana j’ai mangé la meilleure truite saumonée grillée de toute ma vie, y est pour beaucoup (une vraie tuerie, en langage jeune). Faudrait qu’un jour je vous raconte comment on s’était créé un culte de la pose ringarde en imaginant qu’on faisait des close-ups pour le visuel d’un album folk-rock indé. Idiosyncrasie, quand tu nous tient…

Mais alors le pull? Comme j’arrive pas à m’y faire, telle une trentenaire indécise sur son futur sentimental, j’ai fait une liste. Continue reading 

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