Category Archives: Random

Popstar.

Popstar.


Rob Sheffield, Love Is A Mixtape: Life and Loss, One Song at a Time,, Londres, Crown Publishing Gr, 2007, p.90:

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I was still serfing away at grad school. My friends and I assumed that we would soon be tenured professors, which is an excellent life goal – it’s like planning to be Cher, you think, I’m going to wear beads and fringed gowns, and sing “Gypsies, Tramps, and Thieves” on the way to work every morning, and then one day, I’m going to get a call saying, “Congratulations! You’re Cher! Can you make it to Vegas by showtime?”

J’étais resté dans le système, inscrit pour des études supérieures. Avec les copains, on pensait qu’on aurait bientôt une chaire de Professeur, un bien bel objectif de vie – c’est un peu comme vouloir devenir Cher. Tu te dis : tiens, je vais porter des perles et des robes frangées, je vais chanter Gypsies, Tramps, and Thieves tous les matins en allant au boulot, et un jour, quelqu’un va m’appeler pour me dire “Félicitations, vous êtes maintenant Cher ! Vous êtes dispo pour ce soir, à Las Vegas ?”

Ha oui, si on y croit très très fort… Ceci dit, il faut bien occuper les surveillances d’exam, vous savez.

Gender Bender

Gender Bender

Quand Frédéric, qui tient le site Films de Lovers, m’a proposé de participer à un échange concernant la fin de Pride and Prejudice de Joe Wright, j’ai crié “Banco”, y voyant l’occasion d’à nouveau gloser sans fin sur ma deuxième passion après les teen-movies (et les stickers Dinosaurus – donc ma troisième passion), à savoir les period dramas. J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur cette page, et il me reste encore à vous infliger mon ressenti sur Le Journal de Bridget Jones (spoiler: c’est dithyrambique) mais là n’est pas la question.

En un mot rapide, bien que bénéficiant d’une adaptation quasi-définitive depuis 1995 et Colin Firth en chemise blanche mouillée sur torse musclé, Pride & Prejudice de Jane Austen a été réadapté par Joe Wright pour le grand écran, avec une démarche de massacre de l’oeuvre originale pouvant conduire à tout moment à son émasculation par une fan un peu vénère. Mais c’est pas trop grave parce que la photo est jolie, et on se laisse porter.

Sauf à la fin, où une scène a été ajoutée pour le public américain.

Clic salope, pour en savoir plus sur ladite scène et deux analyses possibles de celle-ci.

En regardant les arguments de Frédéric et les miens, puis en lisant les réactions à l’article sur Twitter, j’ai interloqué. Les personnes rejetant cette fin alternative en se pinçant le nez sont majoritairement des femmes (lectrices de Jane, if you ask me), et celles qui aiment cette fin à la guimauve sont plutôt des hommes. C’tintéressant puisque, nonobstant le préjugé selon lequel les romances visent un public principalement féminin (cliché que le site de Frédéric contribue à retourner contre un mur, et je l’en remercie, bisous), c’est intéressant, donc car cela montre aussi que le public masculin des films romantiques est incroyablement plus décomplexé (cinq ans plus tard, rebirth de l’adjectif qui fait mal).

Et ça m’a rappelé la première fois que j’ai crié mon amour pour les period dramas sur ce blog, je me sentais un peu gauche, un peu coupable. C’était il y a un peu plus de deux ans, via ce post, et j’y allais un peu ventre à terre, de peur de devenir cette blogueuse fifille qui aime les films romantiques parce que les hommes y sont polis et les femmes ont des jolis cheveux (je maintiens que c’est à 72% motivé par les cheveux des nanas, ceci dit). Je me rappelle ce commentaire en termes de “joues rosies”, de “gant retiré doucement pour effleurer la peau” qui m’avait prodigieusement agacée alors que Clément l’avait trouvé formidable. Il m’avait dit quelque chose comme “waah ce commentaire est fantastique, ça permet de vraiment voir comment opère le charme de ces productions”.

Loin de moi l’idée de tomber dans le biais niais à la Comptoir des Cotonniers cet été (souvenez-vous, ce post qui disait que “nous les filles, on comprend rien à la bédé parce qu’il y a trop de guerre et science fiction”, ie. il y a des productions de filles et le reste). Bien au contraire ; si les différences entre hommes et femmes sont socialement construites (a clue : elles le sont), visez un peu cette mécanique perverse qui nous pousse à trouver mille justifications intellectualo-analytiques pour aimer une putain de guimauve filmée en magic hour avec Keira Knightley en robe longue ou Colin Firth à l’œil sémillant… Tout ça pour échapper au quasi-suffixe “de fille”.

Tu vas voir que demain, le public visé privilégié pour les rom-coms et les films à l’eau de rose sera à 95% masculin, si ce n’est déjà le cas, et ça, mon petit Bret Easton Ellis, c’est totalement post-Empire.

Does it only exist in 80s movies?

Does it only exist in 80s movies?

Plusieurs choses.

Depuis avant-hier, en bonne suiviste, je me suis créé un compte sur Pinterest. Sans surprise, mes tableaux de liège virtuels tournent autour de mes sempiternels marronniers personnels (teen movies, fun & pop, and so on so forth). Pour vous, c’est répétitif, tout ça, mais je vais pas changer de référents culturels dans la nuit. Du reste, je reconnais une certaine capacité organisationnelle à cette plate-forme.

Perdue au milieu de mon scrapbooking virtuel, je me suis rendu compte que mes obsessions retro-teen ont quelque chose de salement faisandé. Ca m’a rendue triste. En fait ça m’a pris en voyant les girlgroups coréens, comme expliqué dans le post précédent. A trop glorifier les adolescences passées pour leur sens du style, de la rébellion, de la culture de contestation, et ce, contre l’adolescence über-marketée d’aujourd’hui, est-ce qu’on ne devient pas les vieux cons que ces cultures conspuaient, brandissant un “c’était mieux avant”des plus nauséabonds ?

Mince alors.

C’est comme si deux cultures adolescentes coexistaient. Celle, noble, “du passé”, essentiellement des années 80, reprise à qui mieux mieux par la culture hipster, un des derniers avatars étant ce clip “lawsuit in the making” de Revolver ; celle, censément méprisable, des vrais adolescents d’aujourd’hui, ceux qui chialent devant Twilight, s’écharpent entre beliebers et directioners, font les beaux jours du Petit Journal. Dans le genre, j’avais même prévu un post avec une playlist de chanson contenant le mot “teenage” pour faire une démonstration crasseuse par l’exemple (à savoir que Teen Age Riot de Sonic Youth > Teenage Dream de Katy Perry, oui bah hein). Il doit bien y avoir moyen de s’y retrouver, pourtant. Je vous renvoie à ce papier de Jack Parker sur One Direction (le it-boyband british du moment), gorgé d’une bonne humeur communicative. En voyant ces mômes, évidemment, on se gausse et on pense à toutes formes de déniaisement plus ou moins violent. Et pourtant… à un moment, le sourire se fait attendri. Faut-il lutter contre ça ?

En parodiant les ados et leur abus de langage SMS, où s’arrête le mépris de classe d’âge, où commence la fascination amusée ? Reconnaissons-le, il y a quelque chose d’indéniablement créatif dans ce langage et ces abréviations (même s’il y a aussi quelque chose de l’ordre du viol collectif de l’orthographe). Il suffit pour s’en convaincre d’écouter le personnage de Tamara dans Awkward.

Jenna lives.

Parlant de séries, justement, celles-ci montrent à quel point l’héritage de John Hughes est encore largement à digérer. En regardant les deux premiers épisodes facepalmisants de Jane By Design, l’autre jour, j’étais consternée de voir à quel point la mémoire de ce pauvre Johnny était tourmentée à chaque seconde. En regardant le show, l’évidence de la référence à Pretty in Pink est tellement énorme que c’en est insultant. Comme si proposer un ersatz d’un teen flick à succès du passé suffisait à faire un show quali. Oh oui, héroïne-dork-mais-stylée-qui-a-un-copain-plus-dork-tu-meurs-mais-veut-montrer-aux-riches-qui-la-méprisent-qu’on-ne-la-brisera-pas. Sauf que si Andie Walsh avait scoré un stage chez Vogue, je crois qu’on l’aurait moins élue comme icône crédible d’une génération ; le truc en plus de John Hughes, c’était pas l’histoire (qui tient en général sur un timbre-poste), mais une sensibilité en permanence sur le fil. Mais ça, c’est le problème d’ABC Family, aussi.

A l’inverse, un show comme Awkward. réussit l’exploit nous jeter au visage le potentiel brillant de l’adolescence actuelle (notez que c’est diffusé right now sur MTV FR le dimanche soir). Car oui, la série a tous les atours d’un énième teen show galvaudé relatant les mésaventures d’une fausse moche (l’actrice est canon) sur la route de la popularité et de l’acceptation dans son lycée. C’est à dire qu’en fait, au bout de 10 minutes du pilote, on aura eu droit à du sexe explicite et sans sentiment, de l’humour noir sur le suicide et des vannes dignes des meilleurs dialogues de Diablo Cody. Bienvenue dans l’âge ingrat. Awkward. réussit cette synthèse improbable entre l’esthétique un peu glossy des séries adolescentes actuelles type Pretty Little Liars tout en ayant ce petit supplément d’âme décalé à la Angela, 15 ans – including un wink assez évident via le blog de l’héroïne, sorte d’actualisation du journal d’Angela Chase, à ceci près qu’on peut consulter directement Invisible Girl Daily sur la plateforme Tumblr. Résolument premier degré (c’est un compliment), sensible et n’ayant d’autre public visé que des adolescents, on retrouve un peu cette teen-angst qui avait fait de l’adolescence un si bel objet cinégénique dans les années 80. Mais avec du langage SMS, de l’argot teen et des fangirls potentielles de One Direction. Et un casting, hormis les deux héros, de vrais adolescents. On est loin de l’imposition forcée de morale bien-pensante à la ABC Family, il n’y a pas de vampires, pas de sacs Prada, et c’est pas non plus trash-edgy comme Skins UK. Non, juste une môme qui glande sur un genre de crypto-Facebook et se fait balader par un mec, le tout raconté avec une liberté de ton assez inattendue. Ca a les défauts de ses qualités, mais cette Jenna (l’héroïne) n’est pas sans rappeler la sensibilité d’une Molly Ringwald (et l’utilisation de Sixteen Candles lors d’un des épisodes de cette saison 1 nous montre que c’est tout sauf une coïncidence)(j’ai chialé en regardant cet épisode – faut dire que Sixteen Candles, c’est si bien).

Thèse et antithèse (ou synthèse), donc. Deux séries s’inscrivent dans la lignée des teen-movies de John Hughes, avec plus ou moins de bonheur, même pas deux ans après sa mort. Ce n’est pas une coïncidence, mais ça invite surtout à ne pas renvoyer dos à dos l’adolescence rétro-Urban Outfitters-friendly et celle bourrée de fautes d’aujourd’hui et qui se fringue chez Pimkie (ou chez Express outre-atlantique). C’est sans doute pour ça que je me suis acheté des bijoux en toc fluo chez Forever 21 il y a deux semaines, d’ailleurs.

Everything is just getting shittier.

Everything is just getting shittier.

Molly Ringwald dit ça, au début de Sixteen Candles (savait-elle pourtant qu’elle était en train de vivre l’âge d’or de la culture adolescente, de la gauche au pouvoir et de la radio libre ?).

L’autre jour, confinée dans ma migraine, j’en étais à partager cette réflexion de l’icône rousse des 80s. Namely : est-ce Internet qui nous a rendu débiles ou nous qui avons rendu Internet drôlement con ? Cette question me taraude depuis cet article croisé au détour d’une millième actualisation Facebook ou Twitter (un nouveau marronier depuis 2 ans) ; et quand j’ai la veine du crâne contrainte, ça devient pire.

Je commençais à fustiger les temps modernes qui m’ont rendue insomniaque, à errer de vidéo YouTube en site improbable jusqu’à 3 heures du matin, à ne lire que les 10 premières lignes d’un article, à avoir 9 onglets ouverts sans n’en lire aucun, à délaisser ce blog parce que l’entretenir requiert plus de 3 minutes de concentration, ces temps qui ont créé la “productivité toutes les 72 minutes” (l’air de rien, le FBI, en y mettant fin, vient de créer la “génération Megavideo”). C’est vrai, bon sang, que faisions-nous, quand nous n’avions ni Internet, ni ordinateur, ni iPhone au moment de dormir? Je me revois à 13 ans, avec mon Walkman qui faisait radio (un Aiwa, most obviously) : c’était une mini-révolution copernicienne dans ma chambre et sous ma couette. Le tuner y était digital et me permettait de sauvegarder mes stations préférées, pour changer de fréquence quand bon me semblait. A cette époque où l’on était défini par la radio qu’on écoutait, cette petite innovation a tout foutu en l’air. Read the rest of this entry

Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.

Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.

Quelle semaine, quelle fin d’année, mes aïeux!

Pas plus tard que mardi, je découvrai que mon jantil voisin du dessus, un quinqua d’obédience kabyle (comme tout l’immeuble – une véritable enclave igawawen, if you ask me), n’était pas danseuse exotique comme je me l’étais toujours plu à imaginer. Ce n’est pas que l’individu, un brin bonhomme et dégarni (qui plus est cycliste), me fasse fantasmer en quoi que ce soit ; non, c’est juste que mon quartier ayant conservé ce feel rétro que ne renierait aucune blogueuse mode, n’était son ancrage un peu trop treizièmiste, ce feel rétro, donc, m’a souvent renvoyée à mes lectures lycéennes quand on avait Raymond Queneau au Bac (Les Fleurs Bleues). J’avais lu Zazie dans le métro pour prolonger le plaisir et le tonton Gabriel, parfumé en Barbouze de chez Fior, y était danseuse exotique dans un cabaret pour “hormosessuels” (Oulipo + société encore un brin réac = that’s a bingo).

J’aimais cette idée : mon voisin rentrant tous les soirs à 2h du matin en moyenne, pour sauter dans sa douche (l’immeuble aussi a ce “feel rétro” 70s qui implique zéro isolation sonore), c’était une évidence. Pourquoi sauter dans la douche si ce n’est pour se défaire de la sueur mêlée aux paillettes et au maquillage d’une soirée de danse décadente et déhanchée, hmm? Je l’imaginais, jetant négligemment son truc en plume et son casque de vélo sur son canapé, allant se dévisser une bouteille d’Orangina ou de Canada Dry, pour se désaltérer après une soirée épuisante, en ouvrant machinalement les robinets de sa douche, dans une démarche pas du tout écolo-XXIe siècle, et vient ce qui suit. Read the rest of this entry