Tag Archives: Butte aux cailles

What needs to be done, needs to be done.

What needs to be done, needs to be done.

Alors c’est pas le moment.

Il est 7h25, je suis pas peignée, mon thé est encore trop chaud, j’ai un train à prendre, mais c’est un de ces cas de force majeure:

Avez-vous remarqué ce vrai retour de flamme sur Dirty Dancing, et sur cette scène en particulier? En à peu près un an:

- l’Arnacoeur. Ultimate pick-up move de Romain Duris. J’ai bien aimé la scène. J’aime bien Vanessa Paradis, c’pour ça. Fraîcheur de l’autodérision.

- Crazy, Stupid, Love. Ultimate pick-up move de Ryan Gosling. J’ai correctement aimé la scène: Ryan Gosling fait presque aussi bien le porté que Patrick Swayze (tout est dans les bras).

- le pilote de New Girl. Zooey Deschanel chiale en regardant le film parce qu’elle s’est fait larguer. Galvaudage du racolage actif de vagins. Quelle vulgarité.

Dirty Dancing a été un guilty pleasure d’adolescentes pendant plus de 10 ans. Maintenant, entre nostalgie et autodérision, le film symbolise à lui-seul la tendresse pour une niaiserie girly qui ne s’épanouit que dans les films.

Les adolescentes d’hier sont les bourgeoises d’aujourd’hui, et le film a subséquemment accédé au rang de “classique”, mais qu’en est-il? Cela signifie-il que hipsters mainstream de 2031 brandiront Twilight, la larme à l’œil en se congratulant (c’était si bien, oh, ça, on savait vivre à l’époque). Rhaa je sais pas, mais en termes de marqueur culturel, on est en plein dedans.

La vie de Brian.

La vie de Brian.

Depuis que j’ai fait l’acquisition d’un iPad que, pour des raisons évidentes (cf. infra), j’ai prénommé Brian,

(du nom du personnage de Anthony M. Hall dans Breakfast Club, qui prête gracieusement son faciès à mon écran de veille) (en fait cette capture visait plus à vous montrer ce cool visuel)

Depuis que j’ai fait l’acquisition d’un iPad, disais-je, la meilleure évolution de nos conditions de vie depuis l’invention du Snuggie (<3), je me suis retrouvé entraînée dans une lecture intensive de comic-books, ce type de master-class à l’issue de laquelle, je peux choper du geek de Comic-con à l’aise (l’histoire ne dit pas si c’est une bonne chose, ceci dit).

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Torture porn.

Torture porn.

Un de mes rituels mentaux, le matin, c’est quand, machinalement, mal réveillée, je me verse un verre de jus de fruits, puis du lait dans mes chocapic, j’esquisse un sourire de victoire en pensant que c’est encore une nouvelle matinée où je n’aurai pas interverti les deux briques, avant d’avoir un frisson de dégout à la pensée qu’un jour, forcément, j’engloutirai puis recracherai une pleine cuillerée de chocapics au jus d’orange. Une façon de commencer la journée sur une note positive.

Ce soir, rentrant d’une journée un brin épuisante, machinalement, un peu endormie, j’ai démaquillé mes yeux puis reposé le démaquillant juste à côté du flacon de dissolvant que je venais d’utiliser pour m’enlever le rouge des ongles. Puis j’ai jeté ensemble les deux disques de cotons identiques, un rougi par le vernis, l’autre noirci par le rimmel. Et l’angoisse du quotidien a pris un nouveau visage.

Un jour, c’est sûr, ça arrivera. Je serai aveugle (ou j’aurai plus de cils).

On Bended Knee

On Bended Knee

Je me demande à partir de quand, on se considère comme “parisien”. Le cliché de la “geekette, parisienne attachiante” a vécu. Il fallut vite se rendre à l’évidence. Les “geekettes” ne l’étaient que parce qu’elles avaient acheté un macbook (vérité établie en 2009). Le parisianisme était lui aussi un peu bradé, souvent hérité d’un stage de fin d’études, d’une licence à la sorbonne ou extrapolation à partir d’une villégiature en banlieue (ce qui aurait pu être mon cas, mais j’aime tellement ma banlieue que je l’ai toujours brandie, avec plus ou moins de second degré d’ailleurs – et j’aime pas trop Paris, c’est une allégeance que j’ai du mal à avoir).

Pourtant.

A New York, par exemple, l’identité new-yorkaise fonctionne sur un seuil. Vous savez, il n’y a que très peu de “new-yorkais nés à New York, installés ici depuis plusieurs générations” – je travaille sur ces “new-yorkais de souche”, en ce moment, d’ailleurs, et j’aime mieux vous dire qu’ils sont une aberration qui ne pourrait pas être plus éloignée de l’image que Gotham cherche à renvoyer d’elle-même. Par exemple, ce sont des individus dont la famille était présente dans la région depuis l’an de grâce mil six cent vingt-six, qui m’ont dit que Chelsea et le Meatpacking craignaient un max, qu’on risquait de s’y faire égorger par des drogués en manque. Je crois qu’ils étaient restés au New York de Cruising, et n’avaient vu ni les épisodes de Sex and the City où Samantha Jones s’insurge contre la gentrification du Meatpacking, ni les statistiques de Rudy Giuliani, après qu’il a vidé Manhattan de ses clochards (un bonhomme très à l’écoute, ça). Quoiqu’il en soit, un jour, Clément m’avait parlé du théorème de trois ans, qui veut qu’on se lasse très vite de New York – j’en avais parlé , c’est une ville qui ponctionne l’énergie vitale à une vitesse extraordinaire. Ainsi donc, le “vrai” new-yorkais était celui qui y habitait depuis plus de 3 ans. Certains préféraient brandir 10 ans, comme limite de citoyenneté urbaine. Quoiqu’il en soit, le certificat new-yorkais se compte en années et peut venir assez vite.

Et donc, à partir de quand devient-on parisien? Read the rest of this entry

If You See Her Say Hello

If You See Her Say Hello

Oooh, woulda coulda shoulda

Vous devez sans doute savoir que je suis la pire convalescente du monde. Si vous ne le savez pas, vous vous en doutez.

La dernière fois que j’ai fait un dérèglement hormonal, j’ai quand-même cru que j’avais chopé une blenno-à-la-piscine (et je viens donc de perdre tout mon lectorat masculin: so long, mates). J’aimerais tellement que ce ne soit pas une #truestory, malheureusement, j’ai des témoins et récemment, j’ai récidivé en me fantasmant une mort foudroyante de phlébite parce que je m’étais fait un bleu à la cuisse… then again, je me retrouve “à mobilité réduite” pour plusieurs semaines parce que je me suis trop promenée en ville, “à partir de là, je crois que bon”, comme dit l’artiste.

Marcher dans une ville comme Paris, c’est, comme pour New York d’ailleurs, une façon de faire un pied de nez à tous les poncifs qu’on entend au sujet des grandes villes. Ces poncifs de l’homme pressé, de l’immensité qui dilue l’espace dans des interconnexions déshumanisées de métro. C’est faux quand on marche. Quand on marche, on se réapproprie l’espace, on l’apprivoise et on l’apprécie – et non, non, et non, le Vélib ne permet pas ça. Oh bien sûr, il faut du temps. Il se trouve que je l’ai. Je voulais tout faire à pieds. Prendre le temps, car je l’ai, en voilà une riche idée. Malheureusement, il faut aussi de bonnes chaussures, et le piège de Paris s’est refermé sur moi (vous savez, ce piège qui vous pousse à marcher en Repetto ou en espadrilles achetées chez le chinois de la rue de Tolbiac?) Insolente ironie, mon genou a cessé le combat quand je descendais le Boulevard de l’Hôpital. Depuis, je ne prends toujours pas le métro, mais pas pour les mêmes raisons.

Au cours de ce mois d’août passé à Paris, je voulais donc vous proposer un éloge de la marche en ville, si possible en vers, et rythmé. C’est un brin galvaudé, d’aucuns l’auraient pris ça pour un indie jmelapétage odieux, et pourtant. Pourtant, c’était on the verge of amazingness, vous savez. Ca aurait ressemblé à quelque chose comme: “Dans la ville et ses pièges, ce sont mes privilèges, je suis riche de ça, mais ça ne s’achète pas” (c’est une ébauche, c’est perfectible), j’aurais développé les thèmes de l’oubli de soi pendant la marche, combiné à une expérience urbaine ultime, d’actrice et de spectatrice du monde de la rue. La pudeur, sans doute, ou autre chose, m’en aura empêchée.