Tag Archives: Paris

I was bad news for you, just because…

I was bad news for you, just because…

Tenir ce blog joue avec ma vie.

Surtout avec ma dignité, mais avec ma vie nonetheless. Tenez, par exemple, lundi dernier, alors que, par un enchaînement karmique, Pitseleh d’Elliott Smith succédait à Never Ever des All Saints dans mon iPod, j’étais perdue dans une réflexion supposée aboutir à une lumineuse typologie de breakup songs pour ces pages, ce genre de réflexion complètement auto-entretenue qui fait que l’on ne se rend même plus compte que l’on marche Rue de Rennes à 18h30 – dans ces moments-là, c’est salvateur. Le problème, c’est que ce genre de réflexion fait aussi perdre de vue qu’il y a des escaliers dans le métro. Maintenant, j’ai 4 hématomes à la jambe droite pour me le rappeler. Des bien, des violet, des gros.

Ladite réflexion sur les breakup songs a été, bien évidemment, stoppée net, et c’est bien dommage, car j’en arrivais à ébaucher une catégorisation visant à évaluer le ratio FM-friendly/dureté de la rupture/importance de la relation dans la construction de l’être au monde.

J’ai trouvé le tumblr de gif animés de Beverly Hills le mieux du monde :)

Pour tout vous dire, ça m’a rappelé cet épisode de Beverly Hills (the original one) où Brenda Walsh, fraîchement célibataire après avoir découvert les errements de Dylan avec Kelly pendant qu’elle était en séjour linguistique à Paris, essayait de franchir le premier cap en écoutant compulsivement Losing My Religion de R.E.M. (plus tard dans l’épisode, elle fantasme qu’elle tranche dans le vif la crinière blonde de Kellz en guise de vengeance, ça doit être pour ce genre de scène que Shannen Doherty a intitulé sa biographie Badass). Read the rest of this entry

C’est à moi rien qu’à moi ce petit joujou-là

C’est à moi rien qu’à moi ce petit joujou-là

Oh man, quand je pense qu’à une époque, la Fête de la Musique était ce moment béni où les transports en commun duraient toute la nuit, permettant à la banlieusarde que j’étais de s’encanailler dans Paris, une nuit dans l’année. Quand je pense aussi que j’en profitais pour aller sur les quais de Seine au niveau de Saint Michel. Non mais vous souvenez-vous de cette époque où nous écoutions les Têtes Raides, où Bertrand Cantat n’avait pas encore tué Marie Trintignant, où le drapeau PACE trônait dans un salon enfumé, meublé d’une table de jardin et de chaises pliantes (pas dans le mien à vrai dire – on avait une affiche de Taxi Driver à la place “trop cinéphile, tmtc”)

Est-ce la Fête de la Musique qui est passée de mode, ou nous qui avons vieilli?

Entre temps, le 21 juin est devenu prétexte à bons mots anti-djembés, ces jours-ci. Peut-être parce que le concept a atteint ses limites? Quoiqu’il en soit, quand on vit en pleine Butte aux Cailles, la Fête de la Musique est une perspective absolument redoutable. Pour les novices, la Butte aux Cailles est un quartier où la droite de la droite est jospiniste, les restaurants sont des coopératives ouvrières, où l’on sert l’apéro dans des gobelets en plastique pour que les clients aillent picoler sur les trottoirs, où la moyenne d’âge un vendredi soir dépasse difficilement les 19 ans et demi. C’est aussi un quartier un tantinet embourgeoisé comme en témoigne la surreprésentation de l’art mural de MissTic (mourir. now.) et la présence désormais de salons de thé-tricot.

Ergo, selon la dialectique classique de la gentrification, la recrudescence de plaintes pour tapage nocturne, et l’arrêté municipal afférent interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique entre 16h et 7h du matin (je suppose que l’alcoolisme de quartier garde quand-même de beaux jours devant lui: la gnôle dans le café à 9h pétantes est toujours validée). Autant dire que c’est la fin des vendredis et samedis soir de la Butte. Je me plains pas, la seule chose que je déteste plus qu’un vendredi soir, c’est un samedi soir. Mais dans un quartier qui fleure bon la lutte ouvrière, la réaction la plus formidable a été de déclarer le quartier en grève pour toute la journée du 21 juin.

Un quartier en grève. Un jour de fête. Read the rest of this entry

Sup slutz

Sup slutz

Depuis que j’ai développé, disons-le, une obsession compulsive pour ces fictions adolescentes légèrement datées quoique toujours aussi intemporelles, et surtout depuis que j’en parle sur Vodkaster, on me dit souvent que Virge, t’es choue mais tes films sont introuvables.

Deux conseils d’amie:

(notez bien, c’est du jamais vu dans le domaine du trouvage de film)

- j’ai tout trouvé sur Amazon.FR, jamais à plus de 6€ (frais de port inclus) – j’ai des principes. Je pense que la galette de Valley Girl coûte un peu plus cher ; en fait, je soupçonne Nick Cage d’essayer de faire barrage de son corps pour empêcher la production de ce DVD, un peu comme George Lucas essaie de faire avec Star Wars Holiday Special.

- depuis que je suis en France et dépossédée de mon compte Netflix (incontestablement LA chose qui me manque le plus des Etats-Unis / that is, au coude à coude avec le French Toast de Sidecar à Philadelphie, sur Christian & South 22nd), j’ai tout vu sur Megavideo – et je rappelle que j’ai jamais su comment fonctionnaient les torrents, j’aurais trop PEUR que la police vienne tambouriner à ma porte, me menotter et m’emmener dans un panier à salade alors que j’aurais malencontreusement, ce soir-là, décidé de télécharger Just One Of the Guys vêtue de mon t-shirt “I Slept With Dylan First” & de ma culotte en tissu-éponge American Apparel, un masque à l’argile rose sur le visage, n’ayant eu le temps de me vernir qu’une main en bleu lagon. C’est à cause de cette crainte viscérale que, depuis 3 ans, pour de vrai, je ne télécharge plus que sur iTunes. Je suis pas une star des Internets, tu vois.

Ca sent le plan introuvable, n’est-ce pas, mais à cœur vaillant rien d’impossible.

Anyhoo.

Si jamais c’est quand-même trop dur à trouver: JUST. YOU. ASK.

Sur une autre note, depuis que j’ai déménagé, je me suis décidée à re-fréquenter une télé. Read the rest of this entry

So let’s sink another drink

So let’s sink another drink

Le 27 juillet 2006 au soir, on était à Trujillo, dans le nord du Pérou, à errer à la recherche du havre de paix qui nous permettrait de déguster un pisco sour ad hoc. Ca avait été une journée épuisante, faite de visites pré-inca – et j’avais commencé par m’électrocuter sous la douche (true story – j’ai perdu toute forme de respect pour Claude François,  depuis). Après avoir trouvé un stand de rue à anticuchos, Fanny a repéré de la rue un endroit qui lui semblait sympathique et typique, pas trop rempli, surtout, suffisamment éloigné du groupe de métal symphonique péruvien qui donnait un concert gratuit à quelques rues de là.

Nous sommes donc entrés dans l’Escape.

Les serveuses y rangeaient leur briquet et leurs pourboires entre leurs seins, à peine couverts d’un body strapless turquoise. Elles faisaient 1m02, elles étaient replettes, mais rien qui rebute les clients venus là pour les suivre dans la backroom (qui, à vrai dire, était à l’étage). Pendant ce temps là, on prêtait pas attention, hypnotisés qu’on était par l’écran géant qui diffusait des clips de Kim Wilde et Billy Idol dans ce hangar un peu délabré qui servait de salle de bar, où les 2/3 des tables étaient vides.

A y regarder de près, Idol reprend la grammaire visuelle de Thriller, nous gratifie d’un quickening et danse un peu comme Al Pacino dans Cruising. A l’époque j’avais jamais rien vu d’aussi ringard – après une réflexion très posée, il est fort possible que l’Escape soit l’endroit le plus cool, hip & edgy dans lequel j’ai jamais mis les pieds. (imaginez que je suis plutôt mal barrée à Paris, maintenant que je reçois des invitations pour aller à des événements dans des “boîtes à deux pas des Champs”)

Evidemment, de pisco sour, il n’y a pas eu. Plutôt 4 Cusqueña bien fraîches, servies sous l’œil hilare de la clientèle, épatée de voir 4 gringos s’encanailler dans une cantina low profile comme on n’en fait plus trop, à part dans les coins pas trop mondialisés d’Amérique latine. Enfin, sauf à dire que la mondialisation passe ici par le medium “clip de Billy Idol” (ce qui aurait tendance à me réconcilier avec l’empreinte phagocytaire d’MTV sur le monde, vous savez). La question que je me pose, c’est: est-ce que Malcolm Lowry avait eu, lui aussi, des clips de Billy Idol en écran géant, ou juste, il se la donne avec ses histoires de Mezcal, tout en censurant les aspects qui font pas assez alter?

(oh, et qu’on ne m’explique pas que Lowry écrivait dans les années 40, à ce que je sache, un delirium tremens au  Mezcal devrait permettre de voir Billy Idol 50 ans même avant son existence).

… goo-gooey eyes, sick-sickly smiles (ain’t a pretty sight to see)

… goo-gooey eyes, sick-sickly smiles (ain’t a pretty sight to see)

Habiter à Paris n’est pas une chose aisée.

Trouver, une surface décente, à un prix convenable, qui plus est dans un quartier correct est une gageure, certes, mais je ne parle pas de cela. Ni des heures passées à actualiser SeLoger.com, des courbatures consécutives à une fréquentation trop assidue des couloirs de tous les métros parisiens, des fantasmes d’une version immobilière du Couperet et autres plaisirs de la recherche d’appartement.

(Le pire du pire, c’est que dans tout cela, il y a bien un ou deux connards qui trouvent l’aubaine de ouf, l’annonce qui reste 10 minutes en ligne, qui propose dans un quartier cosy un appartement qui a une superficie double à ce qu’on a en général pour le même prix parce qu’on tombe sur l’un des rarissimes proprios parisiens qui soit encore de gauche krasuckiste aimant l’Education Nationale et ne voulant pas profiter du système. Ce genre de légende urbaine est un peu décourageant et crée des exigences surréalistes)

Non, le vrai problème de la Khâpitale, c’est de trouver le bon endroit: Paris est une réalité qui crée l’ostracisme permanent. Cette complexité est illustrée par la récente résurgence sur Facebook de la fameuse carte “Putes & Touristes, Bobos, etc.” que tout le monde fait circuler avec force rires aux éclats. J’ai hésité à gratifier mes contacts FB d’un #OLD bien senti, mais compte-tenu du fait qu’ils font circuler cette carte qui, donc, doit bien avoir plusieurs années, je doute qu’ils pigent la tweet-vanne (srsly: cette carte, je l’ai vue sur le blog de 7h48 pour la première fois, c’était en 2006 ou 2007). Mais j’en ai marre d’être snob, déjà que je me suis fendue d’un statut de hateuse quand j’ai vu circuler cette chaîne tequila/redbull/bière/champagne pour sensibiliser à la cause du cancer du sein. Girls, c’est juste vulgaire...

[long story: une sombre histoire de statuts Facebook où "les filles" s'identifient à un alcool cheap en fonction de leur statut cul, suggérant au passage que cul & boisson ne font décidément qu'un, surtout si c'est très cheap, et persuadées que cette démarche, bien loin d'être d'une vulgarité sans nom, suffira à inciter des centaines d'inconscientes à aller se faire une mammographie annuelle)(à la limite, rappelez aux inconscientes que fréquenter une "gygy" leur permettra au passage de trouver la pilule qui fait le plus grossir des seins, le moins du cul, ça devrait suffire à les convaincre]

Bref. Revenons à Paris (si j’étais taquine, je dirais “sur Paris”). Read the rest of this entry