Alors ça…

Amis de l’Histoire, de l’improbable et du kitsh, bonjour.
Depuis Alexandre, on était un peu en manque de peplum dans les salles zobscures et sombres (comme le château, où flotte l’étendard notre drapeau). En gros, c’est tarifaire, un tous les plus ou moins deux ans. En 2000, feu d’artifice, Gladiator, son oscar pour un Russel Crowe en jupette, Marc Aurèle devient le papy de Lucius Verus (alors qu’en vrai c’est son frère, mais bon), et Joaquin Phénix sauve la mise de tout le film, mais on omet de montrer Commode en train de décapiter des autruches au Cirque Maxime (détail historique vé-ri-dique). En 2003, c’était Troie, la doublure mollets de Brad Pitt, son jeu apathique, le meurtre de Ménélas devant les murailles de Troie (je m’en remets pas) et Ajax en hooligan amstellodamois. En 2005, c’était Alexandre, Angelina Jolie qui roulait les ‘r’, Jared Leto en gonzesse eye-linée, et néanmoins une bataille de Gaugamèles plus qu’admirable. Notre film en carton-pâte syndical est prévu pour mars 2007, s’appellera 300 et portera sur les Thermopyles.

Un beau moment devant l’Eternel : Leonidas (qui, avant d’être chocolatier, a fait roi de Sparte, comme premier boulot) et une poignée d’hommes à lui, livrent un combat qu’ils savent perdus face à l’ennemi, les Perses. Ils meurent plutôt que se rendre, c’est Sparte, c’est absolu, on aime. Ca galvanise le Grec, il butte le Perse, l’union des forces du monde libre contre l’oppresseur… Rien que d’y penser ça pourrait faire un peu peur, nan? Athènes rafle tout le prestige de la victoire.
En même temps, les Spartiates, c’est pas les plus malins de la vie. Avec leur style, il reste plus rien de Sparte et le site a même pas une étoile sur le Guide Michelin. Alors que Athènes, c’est 3, l’Acropole toute seule, c’est 3! Désolée les mecs. L’héroïsme, c’est bien beau, mais bon, voilà. A vouloir vivre à la dure, vous avez rien laissé, et c’est à la libre imagination des hommes de l’extrême occident, avec force corps bandés, hommes virils et beaux (qui se souvient de Karl dans Love Actually, le film le plus moisi de 2003?) et femmes doucereuses, sans doute (alors qu’à Sparte, les femmes, voilà, quoi, à part la belle Hélène qui s’est barrée avec Pâris tellement elle aimait pas la mode locale, en plus…). C’est certain que c’est pas sur Athènes qu’on oserait trop faire un film, hein? En même temps, le moment grand de l’héroïsme athénien, c’est le coureur de Marathon. Pas dit qu’un film sur un mec qui court à travers l’Attique, ce soit hyper vendeur. Ca a marché sur Forrest Gump aux Etats-Unis, certes, mais bon… de là à dire qu’Attique et Alabama, même combat, c’est un pas que je ne franchirai pas. Nan, en fait le seul type de péploum qu’on pourrait imaginer sur Athènes, ce serait un truc plutôt orgiaque à base d’Acropole psychédélique, de Parthénon multicolore et de fêtes baignées dans le vin, l’ivraie, la folie, la baise, la domination féminine, un peu à la Fellini… Je crois pas que les amis de Bruckheimer adhèrent des masses, ceci étant…

Bon, sur les Thermopyles, il y a donc tout à craindre et tout à espérer. En plus, l’histoire est signée Frank ‘Sin City’ Miller. Suis-je la seule à trouver ça bizarre?

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