Oh my darling, oh my darling…

Aujourd’hui c’est la fête. C’est dans l’air. La preuve, Cody (Machin Chokaki, qui vaut pas Michael Bergin, une vraie bombe) s’est mis avec Lani (Carmen Electra) dans la rediff Baywatch du jour, si c’est pas de l’amour. Justin a été acoquiné à la sémillante Jessica Biel (vue dans Massacre à la Tronçonneuse et les Lois de l’Attraction), après l’avoir été avec l’ultime Scarlett Johannson. Ca sémille, ça frivole, ça agape, tout ça. Nécessairement…

Pitch historique.

La Saint Valentin.

– Etape 1 : c’est une question de saison.
Et d’hormones. De la même manière que le poivre est aphrodisiaque parce qu’il donne chaud. Le retour des beaux jours fait se déshabiller.
Dans l’Antiquité, le milieu du mois de février était précocement associé à la fertilité (notons qu’ils étaient fort, j’ai toujours mes règles, mi-février). Le début du printemps, certes, ça peut surprendre, mais n’oublions pas que dans l’Antiquité, les gens avaient un régime crétois parfait, se baignaient dans la Méditerranée régulièrement et que l’Anticyclone des Açores était forcément plus présent dans “le monde” que sur l’ensemble du Cotentin, vu que le monde, pour eux, est situé dans une aire de peuplement allant de Hassi Messaoud (pour une limite méridionale) à Roanne environ (pour une limite septentrionale extrême – univers mental, n’est-ce pas). Normal donc. C’est d’ailleurs pour ça que, de nos jours encore, il est plus fortement conseillé de se rendre dans ces régions autour des mois d’avril-mai, plutôt qu’en juillet-août.


– Etape 2 : à quel saint se vouer?
Qui dit printemps, dit a/ avoir ses fleurs (ça c’est pour moi, avec le fric de mes cours penser à me faire faire une hystérectomie), b/ être en fleur. On s’appuie sur un emblème, d’où création du personnage fort, du saint protecteur en ces temps de piété toute prétridentine. Et on retrouve le schéma classique du fonds païen sur lequel se greffe du chrétien puis du Coca-Cola, schéma dont le cas d’école le plus probant à ce jour reste Noël. A ceci près qu’ici, c’est plus Ferrero que Coca qui fait son beurre. Pardon, je m’égare, je reviens à ma diachronie d’origine.

Le Moyen-Age (qui ose dire que le Moyen-Age c’est pas funky, ils ont tout trouvé bordel de merde). Création de l’histoire. Martyre supposé de Valentin (qui du coup était un Martyr, et on dit merci qui pour le blog qui fait des reprécisions orthographiques?) pour avoir organisé secrètement des mariages pour les soldats romains, alors qu’ils avaient pas le droit. Il aurait été buté et avant la mort aurait glissé un billet doux à la fille du geôlier. Ce que j’en retiens, moi, c’est que, plus qu’un lover, Valentin était avant tout un homme de goût. Il avait compris que laisser en plan une fille, c’est mal mal mal. Y a pas à dire, c’est les meilleurs qui nous quittent en premier.

La vérité, c’est que des Saint Valentin, y en a au moins trois, deux ritalos, un maghrébin, et on sait rien sur eux, si ce n’est que leurs origines permettent de comprendre beaucoup de choses quant aux moeurs de leurs compatriotes quand on se rend dans leur pays. Que la nana qui ne s’est jamais senti être un boudin ultime de retour en France après 3 semaines à être dévisagée à Casa/Milan/Tizi (pensée émue perso)/Hammamet/Gallipoli me jette la première pierre.

– Etape 3 : “be my valentine”/ “éh la Suzette! s’tu voulions ben êt’ma galante”…
Une légende est donc inventée et popularisée à partir du XIVe siècle, notamment par des poètes anglais et français à partir de laquelle il devient traditionnel de faire parvenir un “valentin” à son aimée. Voilà. Donc, chose à laquelle vous vous attendez pas, bandes d’aigris célibattants et de mielleux ennamourés : c’est une fête de célibataires.

Beh oui. C’est pas la fête d’un couple, puisqu’il y a pas besoin, à la base, que Matéo qui habite avec Adé depuis 3 ans dans un 2 pièces métro Lourmel lui fasse la surprise immense d’un “tu me plais bien, dis-donc”. En fait, il s’agit d’une fête pour que les jeunes filles célibataires ne le soient plus. Dans les villages paumés de la Creuse au XVIIe siècle, ça pouvait ressembler à un genre de cache-cache homme/femmes pour se trouver un mari (magnifique idée scénar’ pour un porno, soit dit en passant). Sinon, globalement, la principale tradition, c’était d’envoyer un billet doux anonyme, en guise de préliminaire à une parade nuptiale qui s’étendrait sur l’année, selon la base suivante:
– Mode d’emploi à l’usage des hommes : envoyer un valentin le 14 février. Anonyme. Commencer à repérer des lieux de mariage sympas pour la fin de l’année.
– Mode d’emploi à l’usage des femmes : dès la réception du valentin, prévenir papa pour qu’il commence à faire des économies de bout de chandelle en vue d’un mariage sympa pour la fin de l’année.

En ce qui me concerne, je vois pas de quoi je me plains, je viens de recevoir une touchante déclaration de fan_de_cuni@hotmail.fr, qui dit vouloir “discuter avec des filles plutôt coquines et sans prise de tête”. Notons que je me demande où il apparaît que je suis coquine (le premier qui trouve un vrai post de cul sur ce blog gagne une blague carambar, je suis pas avare de cadeaux, moi). Ensuite, j’aimerais savoir quelles lèvres précisément il voudrait voir s’animer, enfin bref. Là n’est pas la question.

EDIT : DEUX valentins, pas un mais DEUX!!! Merci Wil!

Voilà globalement pour aujourd’hui. Après ça s’est développé, Mon Chéri et Interflora ayant besoin de fric, the rest, as they say, is history.

5 thoughts on “Oh my darling, oh my darling…

  1. Très intéressant, je me demandais justement d’où ça venait finalement !! Petite question, en tunisie et en Italie tu te fais dévisager parce que t’es ”trop bonne” par rapport aux locales, ou ” trop cheum” ?? J’ai eu
    l’impression que ça pouvait être interprète dans les deux sens, et en Italie, y a des filles magnifiques quand même….

    • Bah quand t’es de sexe féminin, à partir de 12 ans, ça devient pénible de se promener dans une ville du bassin méditerranéen, peu importe le physique, en fait. C’est assez curieux, mais je me rappelle m’être fait à moitié happer dans la Médina de Tunis quand j’avais 12 ans. Et je compte plus les potesses qui se sont fait acheter x chameaux au Caire, ou je-sais-plus-combien dans Plaka à Athènes ou qui ont eu toutes sortes de noms d’oiseaux au plumage bariolé dans les Pouilles (pour les Pouilles, c’est re-moi).
      C’est lourd mais ça fait partie de l’expérience touristique. Et de retour en France, on a la furieuse impression d’être invisible.

  2. Ok c’est ce qui me semblait, mais en Italie par contre j’ai jamais trop vécu ça… en Tunisie, j’y étais en Octobre avec ma femme, ma soeur, et une amie, et j’avoue qu’ils me regardaient tous avec admiration… “waouh hey Gazou t’as 3 femmes, tu m’en donnes une?”… c’est quand même énorme les différences culturelles !

    • Ca dépend des parties de l’Italie, je dirais, en tous cas, dans les Pouilles, ça mate sévère, alors que à Milan, trop pas. C’est marrant, mais aussi un peu pénible…

  3. Pingback: V-Day, R-Rating, and shit « Virgoblog

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s