Sunday Monday, I’ll be ready

Le générique d’une série télé, c’est fondamental. C’est sa carte d’identité, c’est une entrée en matière, une installation dans  une ambiance. On pose les éléments nécessaires de compréhension à l’usage du spectateur. Outre la distribution, l’ambiance est centrale. Installée par la musique mais aussi par le clip qui illustre donne vie à la musique. Un gag ou deux, attentions, préparez vos zygomatiques. Une nana qui court sur une plage, attention, les mecs, la bandaison vous attend. L’absence de générique aussi fait sens. C’est assez mode en ce moment, d’ailleurs, de ne pas faire de générique pour une série dramatique : Lost, Heroes. Entrée brute de décoffrage dans le vif du sujet, sans détour. Effet de réel? Sans doute.

Un générique, c’est tellement l’identité d’une série, que quand on s’amuse à plaquer le générique d’une autre série, ça en change le sens. La série devient celle dont elle singe le générique. Ainsi, Fox River avait des relents d’Emerald City dans ce travail (brillant) d’un fan. Alors que Prison Break s’articulait essentiellement autour de la tension d’une évasion, autour des plans millimétrés de Scofield and friends, alors que l’univers carcéral était un cadre claustrophobisant mais un peu bisounours (on trouverait JAMAIS le co-thurne de Scofield dans Oz), ce “crosstrailer” (je viens d’inventer le terme) lui insufflait l’atmosphère désespérante et désespérée qui imprègne la prison d’Oswald. Violence, saleté, vice. On est loin du regard vers la lumière de Dominic Purcell qui ouvre le vrai générique (et surtout loin de Faf LaRage et c’est tant mieux). Là, l’enfermement était total. Comme dans Oz.

EDIT: Dommage, la Fox n’a pas trop apprécié l’oeuvre de génie en question, et l’a fait supprimer sur Youtube…

Mieux.

Pas de générique pour Lost. On comprend pourquoi. N’importe quel générique ferait retomber la tension, paradoxalement, au lieu de créer un charme, ça le briserait. La preuve par deux.

Petit exercice de style qui nous rappelle qu’avant tout, nos Robinsons suisses sont abandonnés sur une plage. Ladite plage prend des accents d’île paradisiaque, ça nous rappelle à la réalité d’une série tournée à Hawaï, et ça met en évidence les défauts de la chose. Car quelle est la série de référence sur une plage? La championne es invraisemblance? Voilà. C’est trop long (il y a toute la chanson) et très inégal, mais quand même, j’apprécie particulièrement plusieurs choses : le mimétisme ultime images/texte (quand on sait que le texte est d’une connerie abyssale, on comprend bien des choses) et la correspondance refrain/course sur la plage. Du coup, c’est décalé, c’est marrant.

J’ai envie de dire que c’est même plus un travail sur Baywatch que sur Lost, mais après, on va dire que je suis obsessionnelle.

Celui-là, c’est de très très loin mon préféré. Parce qu’arriver à créer un effet de légèreté à la série la plus pesante et la plus paranoïsante du moment, c’était quand même bien vu.

Je m’en lasse pas…

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