Yo Taylor, I’m very happy for you and I’ma letchu finish…

Taylor Swift, c’est le genre d’artiste américaine qui passe difficilement la barrière de l’Atlantique – et de la puberté. Visage de poupée, chansons acidulées sur fond de Country, c’est la petite fiancée de l’Amérique, et accessoirement une ex du fiancé au masculin de l’Amérique, Joe Jonas (le couple le plus chiant du monde, ça baisait même pas par chez eux, heureusement qu’il l’a larguée par texto, ça remet un peu de wild style).

TAYLOR_SWIFT_You_Belong_With_Me_Lyrics

Vise un peu le genre…

Il est difficile de comprendre la levée de bouclier anti-Kanye après les MTV Awards si on ne comprend pas ce que représente cette petite dans ce pays. Je veux dire, les Américains aiment Taylor, de 7 à 77 ans. En France, elle passe pour un produit calibré  spécial “petite gamine boulotte rêvant d’Hannah Montana”, mais en fait, tout le monde semble bien l’aimer.

Mise en situation.

A 18h15, je finis ma journée de travail dans un coffee shop, histoire d’arrondir ma journée et de pouvoir loquer devant Gossip Girl sans arrière-pensée le soir-même.  A la radio, You belong with me est passé deux fois en 1h30. – pour ceux qui savent pas, You Belong With Me est une élégie poignante, une lettre ouverte à l’être aimé en secret… Elle veut se taper son voisin de trigonométrie, qui lui préfère la bonnasse cheerleader, tragédie américaine s’il en est. C’est frais, c’est lycéen.

Dis-toi bien que quand Taylor Swift passe à la radio, et que les personnes qui fredonnent sa chanson à tue-tête sont le vieux black et le grad student intello qui jouent aux échecs dans un coin du troquet, je ne peux pas m’empêcher de sourire. Le premier est suffisamment antique pour avoir fréquenté personnellement Marvin Gaye, l’autre est suffisamment intello pour refuser de se compromettre avec la culture MTV (meaning: il écoute de la pop déprimante brooklynite et il adule les Smiths) Et pourtant les deux fredonnent machinalement, en même temps que le fou de l’un prend la tour de l’autre.

photo

She wears high heels, I wear sneakers, she’s cheer-captain and I’m on the bleachers…

Au même moment, les autres clients dodelinaient de la tête en rythme et la serveuse dansait en préparant le prochain Chai Latte.  Le guilty pleasure dans toute sa splendeur et dans tout son premier degré, partagé par toute la petite communauté de cette boutique. Au milieu de cet instant ricoré plein de fraicheur, j’observais, fascinée. A vrai dire, on m’aurait dit que Taylor herself allait entrer dans le coffee shop et que tout le monde serait vachement content, ça m’aurait pas étonné plus que ça.

Alors quoi? La rengaine de cette chanson est vraiment trop bien calibrée, ou juste, ce pays, c’est Disneyland, en fait?

 

C’est pour des moments comme ceux-là que j’adore vivre dans ce pays, et c’est pour des moments comme ceux-là que j’adore avoir ce blog pour les partager.

Après ça, tu comprends pourquoi Kanye West, après avoir volé son “moment” à Taylor, se soit fait encore plus d’ennemis que Chris Brown après avoir tabassé Rihanna.

17 thoughts on “Yo Taylor, I’m very happy for you and I’ma letchu finish…

  1. Euh, c’est quoi la polémique autour de Kenye? (pardon, mais mon poste de télé ne reçoit plus très bien depuis que j’me suis installé dans le kentucky)
    Ouais, j’voulais dire un truc (drôle dans la mesure du possible). Et puis j’me suis rendu compte que je trouverais pas…

    • Tiens, d’ailleurs, Kanye continue dans sa douchebaggery, il se fait passer pour mort avec le concours de Spike Jonze, en ce moment, et il y a eu un énorme fil Twitter RIP Kanye West, curieux ce type

  2. le clip de spike jonze qui met en scene un Kanye pathetique, depressif et suicidaire:
    http://vimeo.com/7160568

    a certains moments le clip de spike jonze fonctionne bien je trouve: quand il danse, se fait envoyer ballader par tout le monde. et le petit monstre de la fin est bien : a la fois attendrissant et repoussant.

    il y a un truc marrant dans cette video: kanye se met en scene comme victime du show bizz, rendu fou par son propre personnage mediatique. en fait il aimerait bien etre britney spears cette andouille – ca le ferait entrer dans cette categorie vachement restreinte des legendes du star system rendues folles par le show biz (Bela Lugosi, Marilyn Monroe, Michael Jackson, Tupac, Britney Spears…).

    il ya une critique de Where the Wild Things Are (aka Max et les Maximonstres) de Jonze ecrite par David Brooks dans le New York Times qui donne envie de voir le film:
    http://www.nytimes.com/2009/10/20/opinion/20brooks.html?_r=1
    et qui est un peu sur un theme voisin: comment keep in check notre cote obscure et hideux.

    • Oh mais ouais, c’est 518!! Ca veut dire que je suis à 1 chiffre de la branchitude brooklynite!
      (ah ouais non, j’ai déjà l’élégance manhattanite, niveau index tel) (vlan dans ta face)
      (ça devient ésotérique cette affaire, non?)

  3. Moi ce qui me frappe le plus dans ce post c’est de constater qu’en fait, là, tu vis à la campagne.

    On voit une MAISON depuis la fenêtre du coffee shop (et pas une barre d’immeuble).

    Naaan allez, j’rigole, à Brooklyn c’était pareil en fait et c’était une vraie ville. Mais ça fait toujours bizarre, le choc des cultures urbanistiques !

    • Eheh, en plus c’est en centre-ville! C’est vrai que l’urbanisme américain est un brin différent de ce qu’on connaît en france, et genre là, c’est sur l’une des 3 artères majeures d’Albany, et elle est bordée de pavillons de ce style, à vrai dire! C’est une grande ville, mais de province, et en fait c’est assez cool!

  4. Ouais ça m’a graaave rappelé le coffe shop de BrookBrook, où on a passé une des meilleures après-midi de notre vie à fantasmer un roman historique qui nous rapportera (un jour) des tas de pognon et de glitter (quand je l’aurai écrit et que Clintie en aura racheté les droits)

    • Mais ouais, le coffee shop c’est la meilleure chose que l’Amérique ait à apporter au monde (en tous cas au monde des gens comme nous qui ont comme autres options la bibli ou la maison tout seul)… Trop cool le coffee shop!
      T’en est où du bouquin, Nit?

  5. Elle est trop belle cette maison!
    Gamine, je regardais les séries américaines débiles (j’ai 25 ans, je vous laisse deviner de quelles séries je parle…) et je voulais moi aussi une chambre avec une banquette face à la bow-window…
    Ca marche aussi pour les porches! J’ai passé trois semaines dans l’Ohio cet été (aaah, l’Ohio) et les soirées sous les porches, c’est très cool, très cosy. Un fauteuil confortable sous un porche, c’est tout bête mais fallait y penser.
    Salut, chuis nouvelle.

    • Ca marche aussi avec la maison de Full House/La Fête à la Maison!
      C’est vrai que cette rue avait un paquet de maisons assez chouettes et c’est vrai-bis que c’est le genre de maison idéale pour une famille! Passé 25 ans, du coup, on se dit qu’on troque la version enfant pour la version adulte, où on se voit bien prendre un thé sous le porche avec une pote pendant que des mômes jouent dans le Basement ou font un arbre de noel dans le salon. Bref, c’est une maison de rêve pour petits et grands!

  6. Pingback: She’s lost control (again) « Virgoblog

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