Le post que je n’arrive pas à écrire

Hey les mecs, j’ai déménagé: maintenant, il faudra m’imaginer non plus dans une ville glauque du nord de l’Etat de New York, au presque-Canada, mais dans la ville de l’amour fraternel et de l’inceste – à Philadelphie pour ceux qui ont pas fait Grec au lycée. Tout ça me vaut une litanie de voyages en bus – Albany/NY en décembre, NY/Philly maintenant – je suis au bord de l’épuisement, mais je crois que j’ai réglé mon problème de nausées en voitures (ce qui s’appelle traiter le mal par le mal). En vérité, c’est pas pour ça que j’ai mis si longtemps à poster. Disons que tous ces voyages m’inspirent des relents de péril jaune assez difficile à assumer parce que “attention terrain très très glissant”…

Clément, qui pour une raison que j’ignore encore à ce jour, ne reçoit jamais mes SMS, a raté par exemple ce bijou de poésie urbaine le 14 décembre dernier:Ca pue la bouffe le bus est plein y a un bébé et on m’a refilé un billet de 5$ déchiré. Je HAIS les Chinois.” *mode Caliméro raciste on*, comme on disait en 2006. Mais aussi, j’étais dans le bus pour Albany, à 21h (arrivée minuit dans une ville noyée sous la neige, very uncool).

Notons qu’en revanche, les tweets suivants étaient très publics:

On my way to NYC in a swine flu bus, yay! (swine flu bus = bus chinois, rapport à leur taux de remplissage – à l’époque où je cultivais encore l’espoir de rassembler un massif lectorat anglophone autour de mes tweets)

Écoute de la pop chinoise dans le bus pour Albany. La ressemblance avec l’eurodance trash est frappante.

Je corrige: pop chinoise = eurodance des années 90 meets musique d’anime des années 80. Weird. (à 7h30 du matin, c’est même plus que weird, c’est carrément agressif et particulièrement vilain)

Regarde E.T. dans le bus pour New York! Ca sent les vacances!!! (et la bouffe chinoise) #thanksgiving (rien RIEN ne peut entraver le bonheur suprême lié à la perspective de Thanksgiving – et au visionnage d’E.T. Même pas l’odeur de nem, on s’y fait, en fait)

Une journee qui commence avec de la techno chinoise et une amende qui double le prix de mon billet de bus… Fuck. (je mets au défi quiconque de garder son calme quand il se fait traiter de voleur en chinois)

30 min de marche sur du verglas par -7 degrés en trainant 20kgs de bagages. Tout ça pour prendre un bus nawach. NY c’est aussi ça. #fml (on m’en a voulu pour le politiquement incorrect “nawach” – ça s’appelle l’usure)

L’avantage du China bus: quand on le rate on peut se faire manucurer pour patienter… (on sent que les vacances sont passées par là – 3 semaines sans bus chinois, j’en ai presque oublié que le conducteur c’était curé le nez juste avant de me demander mon passeport) (cela étant, on note qu’il y a déjà 2 catégorisations sur les Chinois en 140 caractères)

Ergo: prendre le bus c’est généralement beaucoup d’heures de ta vie perdues à jamais. L’avantage de choisir les Chinois, c’est qu’ils ont une notion relativement flexible de la légalité: un New York/Albany, c’est 3h30 en général, eux le plient en 2h30. Pour un New York/Philadelphie (2h en cas de circulation fluide), je les ai vu faire en 1h30. Le tout pour des prix défiant toute concurrence: moitié prix du tarif des compagnies de bus “normales” (celles où les chauffeurs sont blacks ou latinos, les USA c’est aussi ça), qui sont elles-mêmes moitié prix de l’Amtrak (la SNCF locale). L’inconvénient, c’est que c’est affrété par des Chinois.

Parler de bus Chinois, ce n’est pas seulement parler de la nationalité supposée du chauffeur (et pourtant, je te jure qu’il est Chinois de Chine – et parle très rarement l’Anglais, voire, de toutes façons, tu le comprendrais mieux s’il s’adressait à toi directement en Mandarin ou en Ouïghour). C’est tout un conflit culturel qui se joue, c’est une expérience vécue du cosmos – et du péril jaune donc. En fait, prendre le bus chinois, c’est s’immerger directement dans la communauté chinoise américaine pour quelques heures. C’est s’enfoncer dans Chinatown, dans les parties les moins glamour, errer à travers les poubelles des restaurants chinois (ah oui, c’est pas Tang Frères, par ici, hein) jusqu’à une adresse où un mec beugle sans discontinuer “Albany Albany Albany” ou “Baltimore Baltimore Baltimore”, etc. en dessous d’un écriteau “Double Happyness Travel” (sic) “Wonderful World Tours” ou autre. Marche aussi avec des villes comme Wilmington, mais PAS avec des villes comme Annapolis (enclave ultra bourgy du Maryland). Bref, ça aide les pauvres (et les Chinois) à voyager entre des villes pauvres (et où y a des Chinatowns). Finalement, le nom de ville sera la seule interaction intelligible entre un voyageur lambda (pas chinois – mais rarement blanc, aussi) et le voyagiste. En gros, le premier osera un timide “Albany?” et se prendra une salve de “ALBANY ALBANY ALBANY!!!!” de la part du second (d’aucuns diront que ça fait penser aux dialogues de Jersey Shore, niveau richesse linguistique). Pour la suite, mieux vaut n’avoir ni question, ni litige, l’incompréhension sera totale – un jour, j’ai raté mon bus, j’en ai eu pour des heures à expliquer que non, je n’avais volé personne, la fois suivante, j’ai préféré repayer mon billet, option plus chère mais moins humiliante. Sachant qu’en plus la langue chinoise a assez rapidement une tonalité plus agressive (enfin surtout à 7h du matin). Sachant qu’en plus, le rapport à l’hygiène et au comportement dans l’espace public est pas tout à fait le même (visiblement c’est pas spécialement tabou de cracher et de produire des monstrueux glaviots en public)(toujours à 7h du matin, en plein à l’heure de manger le bagel, quoi).

La conclusion de tout ça, c’est que soit je suis une vilaine raciste anti-chinois – parce que je suis à ça de la détestation franche et assumée (le coup des crottes de nez sur mon passeport, ça m’a un peu eue, j’avoue), soit on est totalement dans la problématique relativement classique du choc culturel où d’une part, on a une communauté fermée et d’autre part un public médusé qui comprend rien.

Pour moi, ça reflète assez bien la dichotomie assez franche parmi les populations asiatiques à New York:  l’hyper-intégration contre le cynisme, classe et pas classe. Dans “classe” tendance snob, il y a tout le snobisme culinaire, la hype d’aller manger des Banh-Mi à moins de 10$ dans Williamsburg, ou des Ramen dans East Village, il y a les nanas ultra-lookées qui envahissent les plus cools boutiques de SoHo de Uniqlo à Opening Ceremony (je repense avec émotion à cette nana qui avait des cuissardes en daim gris Louboutin à se damner) et les wannabe architectes passés par le circuit Ivy League.

Mais comme d’un autre côté, il y a toute cette ville dans la ville, ce quartier légèrement glauque, à chaque fois, je repense à ces mauvaises séries télé US des années 90 (niveau The Sentinel ou Le Rebelle), où il y avait toujours un épisode qui se passe dans un Chinatown, impliquant des triades quelconques avec des ninjas super flippants qui décapitaient des mecs endettés dans la backroom d’un restaurant chinois: je crois que l’existence-même de cet exercice de style dans la culture populaire américaine  résume assez bien ce malaise de communication (hey mais par ailleurs, c’est le dernier GTA, aussi?)

38 thoughts on “Le post que je n’arrive pas à écrire

  1. Ahhhhhhhhhhhhhhhh ok !!!

    C’est sûr que ça m’a un peu frappé aussi à New-York, avec par exemple le fait que dans les stations de métro proche de canal street, les affichages pour les traveaux sont en Anglais, et en chinois…
    Et j’avais lu quelque part qu’il était possible de passer une vie entière à China Town à NY sans avoir jamais à parler un mot d’anglais… (une vraie vie hein, pas décapité à 15 ans par des mafieux trafficants dans un casino clandestin au sous sol d’un resto…)

    • Ah bah New York n’est pas qu’une ville anglophone, c’est sûr, donc suivant les quartiers, les langues sont adaptées – dans la moitié des quartiers de Brooklyn, c’est anglais et espagnol, par exemple, du coup, les annonces en chinois font assez sens. Pour passer sa vie sans parler un seul mot d’anglais je n’ai aucun mal à le concevoir! Vraiment, essayer de communiquer avec les chauffeurs de ses bus est une vraie gageure si on a pas au moins une maîtrise de Chinois…

  2. Super blog. Une petite merveille.
    J’habite Londres depuis plus de 13 ans et j’aime beaucoup ma petite communaute chinoise du coin meme si mes rapports avec elle ce font dans un melange d’anglais et de grandes gesticulations a l’italienne!
    Il se peut que mes “chinois” a moi soient influences par la tradition de politesse bien British?

    • Ah oui, je parle du Chinatown new-yorkais qui est un milieu très fermé (et en même temps énorme!) en l’occurrence… si c’est plus sympa à Londres, c’est une pierre de plus à l’édifice que je vais construire pour justifier une mission là-bas, tiens!
      Thx pour la gentille remarque sinon :)

  3. Attends, je vais faire mon relou, mais as-tu au moins expliqué le concept du Chinatown bus?…
    C’est un bus qui voyage d’un Chinatown d’une ville à l’autre Chinatown d’une autre ville.
    Et je crois que du coup tout est dit.
    C’est un comme dans Stargate: le voyage entre les dimensions est possible, mais il faut que portail il y est. Ici, il faut que Chinatown il y est. Ça suppose pas mal de choses sur la communauté en question, dans son intégration (ou non, en fait, parce que du coup ça évoque plus l’autonomie qu’autre chose…) dans les villes de départ et d’arrivée. C’est certes pratique, moins cher et quasi cynique d’en profiter mais c’est surtout l’apparition d’une sorte de réseau parallèle de transport assez marrant.
    Du coup, oui ils se sentent un peu au dessus des lois (enfin le fantasme d’être mafieux chinois n’a pas encore vraiment supplanté l’image du mafioso rital même si Chinatown empiète de
    plus en plus sur Little Italy, GTA ne renverse pas encore The Sopranos, attendons peut-être que HBO s’en mêle…), mais c’est marrant d’imaginer qu’il y a une vraie sous-culture ou para-culture qui vit de façon presque autonome dans un
    pays entier. Une sorte de parasite au sens biologique du terme (parce que les remarques racistes, ça va bien 2 minutes mais bon…)
    Sinon, NewYork – SanFrancisco, ça se fait en Chinatown airline, ou bien?…

    • Je crois l’avoir dit à un moment, mais c’est vrai que c’était peut-être pas hyper clair. En fait, je crois que tu résumes assez bien la situation – tout à l’heure, Fanny m’a dit qu’elle était surprise de la nature du coup de gueule, enfin de l’avoir mis sur mon blog mais je crois que la spécificité et l’autosuffisance des enclaves Chinatowns des villes US est quelque chose d’assez unique et que c’est une expérience à part entière quand on vit à NYC. D’où le mépris qu’ont les Chinois pour les gens qui viennent de l’extérieur – et subséquemment la réciprocité du mépris: franchement prendre ces bus, c’est accepter de se faire traiter comme du bétail. On visite une ville dans la ville, en effet, et c’est assez hallucinant à NYC – nan parce que le Chinatown d’Albany il est relativement petit joueur à vrai dire (même pas un bloc entier) et comme tu dis, ça fait vraiment un réseau parallèle où finalement, les Chinois émigrés à NYC évoluent totalement dans un pays asiatique…
      Pour un NY/SanFran en China-plane, genre à 50$ aller-retour, je dirais oui oui et re-oui!

      • ouais : pas de la nature du post mais du fait de rendre public le coup de gueule
        hein
        ouais
        non mais je vais méditer , ffectivement y a le Chiantown truc spécifique aux Etats-unis qui est à piger, ouais
        là j’avoue avoir un peu trop abuser du french wine pour pouvoir émettre plus que ceci en terme de commentaire
        mais ouais j’y médite

  4. bon il y a un truc marrant aussi pour les chinois aux USA:

    c’est “China bus” et non “Chinese bus”, c’est “China man” et non “Chinese man” (dans un laundrymat de Crown Heights: “Hey China man, where the fuck are my clothes?”)

    on remarquera que cest souvent l’inverse pour les Juifs: moi entrant dans un dinner de East-Flatbush tenu par des Grecs “Here the Jewish”.

    tout ca nous mene a la revendication du stigmate et du “racial slur” cf “guido” et Jersey Shore:

    http://qcpages.qc.cuny.edu/calandra/guido.html

    • Ah c’est marrant, j’avais jamais pensé à ça… ça expliquerait le titre de Bowie China Girl – ce qui m’amène à ce film du même nom d’Abel Ferrara, qui aurait presque pu rendre C-town sexy (mais confronté à la réalité c’est pas du tout tenable).
      La moitié des italo-américains se sont offusqués de l’auto-proclamation de guidos des mecs de Jersey Shore mais au final, ça nous apprend que le phrasé de ce pays est beaucoup moins politiquement correct qu’il n’y paraît. Ou plutôt que la notion d’ethnicité n’entre pas tant que ça dans le giron du politiquement correct dès qu’on sort des souvenirs ségrégationnistes.

  5. Joli recit.
    J’en ai profité 2 fois en habitant a Montreal, avec “Wondertravel” :p
    Un week end Montreal, Kingston, Toronto, Niagara falls, Montreal pour100 CAN$.
    Et un dimanche pour aller voir les baleines dans le St Laurent pour 30CAN$
    Comme c’était des voyages “touristiques” y avait un peu de blancs et on avait droit aux commentaires en anglais. C’est la que je me suis rendue compte que les chinois n’avaient, en effet, pas le meme sens de la politesse que nous, et qu’ils répétaient tout 2 fois. Mais vraiment tout, on arrivait même a s’en rendre compte quand ils parlaient chinois. :)

    Sinon j’ai une petite question peut etre indiscrete mais je suis curieuse.
    Pourquoi habites tu si loin de NYC? Si j’ai bien compris ce n’est pas par amour des China Bus!! :)

    • C’est sûr que les prix défient toute concurrence c’est toujours à ça que je m’accroche quand je monte dans le bus et que l’odeur d’huile rance de mauvaise bouffe (chinoise ou macdo, d’ailleurs) m’agresse… Mais en vrai dans les passagers, y a énormément de chinois, mais y a aussi beaucoup de blacks – c’est con à dire, mais les populations qui ont pas bcp de pognon. Une fois seulement, j’ai vu un couple de vieux blancs, qui allaient à kingston et bonjour les remarques racistes genre “ah enfin une compatriote…” (j’avais envie de leur répondre que justement, j’étais peut-être la seule à pas être de nationalité américaine, dans cette affaire… – je raconte ça ici pour la blague, mais c’est vrai que si ça fait chier de voyager avec des Chinois, dans l’absolu, eh ben y a qu’à payer plus cher, et pas faire chier… – je digresse)

      Pour là où je vis, ça fait deux fois qu’on me pose la question en 24h – c’est marrant, Philly est une ville suffisamment cool pour justifier qu’on y vive, en fait! Y a un salut en dehors de NYC!

      • Pour avoir eu la chance de visiter Phily, en effet c’est une super ville. Je l’ai trouvé tres belle et un poil européenne.
        Ma surprise tient pas mal du fait qu’etant incapable de me lever le matin, je reve d’habiter a coté de ma job!! Alors 2h de bus, j’y pense pas. :)) Ms j’ai pas envie d’habiter hors de PAris alors la question ne se pose pas encore.

        • ah oui, moi aussi, je suis plutôt partisane du moindre effort de ce point de vue là, je veux être within walking distance de mon job dans la mesure du possible… – pour avoir fait 3h de transports par jour quand j’étais en prépa, je peux dire que c’est un système qui peut flinguer une vie sociale!

  6. C’est vraiment si avantageux par rapport a Greyhound? Je crois avoir paye USD30 mon AR a Philly l’an passe, c’est pas excessif je trouve.
    C’est vrai que le Chinatown de Manhattan est cradingue mais je me souviens avoir eu une bonne impression de celui du centre de SF. Je crois qu’il en existe aussi un a Flushing, plus recent, mais je n’ai encore jamais eu le courage d’y aller.
    En tout cas c’est interessant et j’ai hate de lire tes posts sur Philadelphia.

    • ben un nyc/albany coûte 80$ en Greyhound et 50$ en China bus – par semaine, ça devient assez significatif! Pour Philly, faut carrément oublier Greyhound – les compagnies comme Boltbus ou Megabus peuvent descendre jusqu’à 5$ l’aller simple! C’est juste que quand c’est complet, ben faut aller chez les Chinois…

      C’est vrai que je connais pas du tout San Fran – faudrait peut-être que j’y aille pour me faire une idée…

  7. Rien à voir avec le post, mais comme je suis une vieille amie de la webmistress, je me permets :
    en fait c’est par rapport à un de tes posts twitter.
    1) que tu ne parviennes pas à ou n’aies pas envie de traduire “Leopard-skin pillbox hat”, soit. Mais des anglicismes affrrrrreux comme “ça fait ma journée”, je dis non !!
    2) je VEUX voir une photo de ce chapeau
    3) j’ignorais totalement que Bob Dylan pouvait avoir un quelconque rapport avec une toque en imitation de fourrure léopard, donc j’aimerais une essplication.
    Voilà.
    Allez. Bisous bisous et à tobien !

    • aaah c’est une chanson de Dylan, ah okéééééé

      Bon bah du cou pça fait surgir moult autres questions sur lesquelles j’exige des réponses pointues et créatives :
      – How your head feels under somethin’ like that ?
      – Honey, can I jump on it sometime? (ça veut dire quoi ça ??)

      Une chanson tout à fait intéressante, qui suggère par exemple d’enrouler sa ceinture autour de sa tête par solidarité avec une copine qui porterait une toque léopard (surtout en cas de coucher de soleil), ainsi qu’une mise en garde un peu moraliste contre les gens qui viendraient à ne l’aimer que pour sa toque en léopard (les docteurs seraient particulièrement enclins à ce genre de vice).

      Bon, sur ce, avec la ferme conscience d’avoir enrichi votre soirée, je me casse et me surcasse.
      A plouth
      NITOUCHE

    • Alors: mon anglicisme est chic
      Pour la photo clique sur le “tweet tweet” ça t’enverra sur le site de twitter et tu verras ma photo de profil ;)
      Et pour répondre aux questions dylaniennes je n’ai qu’une réponse: I feel like Edie Sedgwick – wala.

      • et mais il est sympa ton chapeau!
        (bien que ça n’ait pas l’air de te faire franchement sourire de porter un chapeau de ce type)

        • ouais mais nan mais j’essayais de me prendre en photo – dans le bus de surcroît, et on sait à quel type de tronche de 12 pieds de long on s’expose quand on fait dans l’autoportrait, n’est-ce pas… mon chapal, j’en suis fièèèère.

  8. Par ailleurs :
    T’ES VRAIMENT QU’UNE SALE RACISTE HEIN !!!!
    hihihi nan mais j’rigole, c’est que comme ça t’arrêtera de flipper que quelqu’un te traite de raciste à cause de ce post, vu que je l’aurai déjà fait !! héhéhééé !

    (MT, spécialiste en désamorçage, opère nuit et jour sur vos blogs favoris)

    • eheh et pour tout te dire, c’est un peu toi que j’attendais au tournant, parce que je sais que t’aimes pas trop quand j’identifie un peu racialement les gens (genre t’avais pas aimé le concept de “white people” dans Stuff White People Like)

      Allez, et pour alimenter la chose: l’autre soir à Rittenhouse (quartier cossu de Philly – le mien), je vais dîner, seule, ma pote Ashmo bossant jusqu’à minuit. A côté de moi, un mec en voyage d’affaires dîne seul, et tente de s’incruster dans mon dîner entre moi et moi-même (chose que j’aime pas trop, j’adore dîner toute seule des fois, c’est cool, tu lis un bouquin, tu joues avec l’iPhone, etc.). Bref, à mi-conversation, je lâche que je suis française et il me demande de deviner sa nationalité, démarche particulièrement sadique, sachant que le monsieur avait un faciès clairement asiatique. En gros, ma réponse aurait forcément eu une tonalité raciste parce que a/je l’aurais identifié comme venant d’Asie sur ses seuls traits physiques, b/si je me plantais de pays, je tombais dans le grave préjugé thierry-rollandesque de “y a rien qui ressemble autant à un asiate qu’un autre asiate”. Bref, du coup, même si je pensais “vazy mais t’es jaune, t’as les yeux bridés, tes r c’est des l, t’es trop un Chinois!” j’ai fait ma timide “oh lala je saurais pas dire, je suis très nulle à ce jeu, huhu”. Bon, heureusement. Il m’a répondu qu’il était australien. Mais ses parents venaient de Chine. Bref, du 1 partout balle au centre de derrière les fagots.

      That’s all, folks.

  9. Pingback: 700 millions de chinois, et moi, et moi, et moi … | 3 Mojitos plus tard

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