It’s all about Rachel

En fait, Jennifer Aniston, c’est Rachel Green.

En vrai, j’ai grandi dans les années 90 alors moi aussi, j’ai suivi les saisons de Friends au fur et à mesure. Tiens, j’ai même eu cette période où une copine m’enregistrait les nouvelles saisons sur Canal. C’était un rituel très sympa: chaque lundi matin, elle m’apportait la VHS calée au bon endroit pendant le cours d’Anglais, ensuite, je la lui rapportais le mardi pour qu’elle la prépare pour le lundi suivant. Puis j’ai eu Canal + moi-même. Tout ça m’a permis ces moments de sociabilisation un peu odieuse tendance puante, où devant une rediff de France 2, on est atterré à base de “ralala je sais pas comment font les autres mais ces voix sont affreuses! et puis la subtilité de la blague n’y est plus du tout, vas-y comme c’est nul” – maintenant, je fais pareil, mais c’est étendu à l’ensemble de la production télévisuelle américaine diffusée en France (je dois être un peu insupportable).

Donc évidemment, je savais que Jennifer Aniston était l’actrice qui jouait Rachel Green. Et que même, sa coiffure de l’époque avait porté le nom de son personnage. A tel point que depuis l’arrêt de la série, sa carrière n’a jamais pu décoller. Elle aurait pu sombrer dans la catégorie “mais que sont-ils devenus?”. Pourtant, non. C’est une actrice de très seconde zone, pas très intéressante (même capillairement, maintenant Blake Lively est la référence ultime). Sauf pour les tabloïds.

Photo pas hyper intéressante en soi, mais à 16 ans, moi aussi, j’ai essayé de me faire une Rachel

Grâce à Chuck Klosterman (un mec qui a sans doute beaucoup de potentiel pour être très énervant, mais qui aussi déteste Coldplay, ça compense), je viens enfin de mettre le doigt sur cette chose qui m’agaçait au plus haut point (mais que beaucoup avaient sans doute déjà compris).  Au moment où il expliquait la concurrence déloyale que représentait John Cusack pour lui, j’ai compris ce qu’il y avait écrit dans mon People. Tout est à cause de Rachel.

[A vrai dire, avant ça, j’ai surtout compris que ce qui me gêne chez Klosterman: c’est son côté Nick-Hornbiesque (et je trouve Nick Hornby assez chiant, pas nul, mais pas intéressant non plus). Ce qui le sauve, c’est que si Chuck Klosterman était un personnage de High Fidelity, il serait le pote relou du magasin de disque, celui qui est joué par Jack Black dans l’adaptation film, et qui forme un groupe appelé les Kathleen Turner Overdrive (deux putain de bons points).]

Outre ça, son développement sur John Cusack m’a vraiment convaincue: en gros, il explique que ses nanas le (Chuck) prendraient  toujours pour un gros lourd un peu épais et pas idéal du tout à cause de l’aura de mec idéal sensible et un peu fragile de John Cusack. En regardant le John Cusack irl, les nanas ne pourront jamais s’empêcher de voir ses rôles à travers lui, et ce même si c’était un gros connard un peu lourd, un peu épais et pas idéal du tout. Et n’importe quel mec du réel sera toujours second best à côté de John Cusack.

Ergo, Jennifer Aniston, c’est Rachel Green pour la vie.

Depuis quelque temps, je suis de plus en plus fascinée par l’univers parallèle développé par les tabloïds américains. Lire un article de Us, de Life & Style ou de In Touch, c’est un peu comme regarder un épisode de Sliders, en quelque sorte. (Sliders = formidable) J’ai notamment toujours buté sur la haine dont fait l’objet Angelina Jolie. Par exemple, en Novembre, un US titrait “Angelina is a TOTAL FAKE” avec vraies-fausses preuves à l’appui, de chirurgie esthétique, d’hypocrisie, de psychorigidité, etc. Depuis fin janvier, l’événement des tabloïds, c’est la séparation entre Brad et Angelina. Angelina y apparaît comme un tyran qui pousse Brad à bout et prend en otage les enfants, et par la même occasion, on rappelle à quel point elle a été une grosse pute sans vergogne de briseuse de ménage par le passé. Bref, une dame qui a pourtant tout pour elle, qui a de plus en plus de crédibilité dans sa carrière, qui fait preuve d’une générosité plutôt cool en étant ambassadrice de l’ONU, qui reste digne et classe, etc. est en fait l’incarnation de Cruella meets Maleficia dans l’univers des tabloïds. En janvier, on notait combien Jennifer Aniston était rayonnante aux Golden Globes, et on titrait qu’elle avait intimidé Angelina, et c’est pour ça que Brad n’était pas venu défendre les couleurs d’Inglourious Basterds. Début février, nouvelle étape: Brad a quitté Angelina car il n’a jamais cessé d’aimer Jen. Cette dernière a déjà rencontré les enfants et un insider (le rôle de l’insider dans la presse tabloïd US mériterait un entier mémoire de maîtrise) raconte qu’elle a fondu en larmes en voyant Shiloh (c’est le portrait de son père, c’est pour ça).

Bref, depuis maintenant plein d’années et surtout depuis quelques mois, Brad, Jen et Angelina vivent un triangle amoureux en tabloïds vachement plus intéressant certainement que dans la réalité. Tout ça crée un drama finalement bien plus intéressant que toutes les séries de la CW (la chaîne de pouffes aux US). Dans la réalité, j’ose espérer que Jennifer Aniston vit sa vie sans trop penser à l’humiliation de s’être fait gauler son mari par une nana de presque 10 ans de moins qu’elle et est surtout préoccupée par une carrière pas super intéressante depuis ce rôle de Rachel qui lui colle un peu trop à la peau. Dans la vraie vie, Brad et Angelina ont plein de films à tourner et 6 enfants à gérer, et c’est suffisant pour que Jen n’ait pas vraiment de place dans les conversations quotidiennes. En fait, le seul commentaire qui ait jamais existé sur cette affaire par l’un des protagonistes, c’est le “very uncool” de Jennifer Aniston (qu’à titre personnel je trouve d’une classe assez rare). Mais dans les tabloïds, tout n’est que rencontres occultes, SMS passionnés, larmes et passions brisées, affrontements larvés, et surtout beaucoup beaucoup de tension sexuelle.

Finalement, en dépit des années, de la longévité de leur relation, des 6 enfants, de l’ONU, des rôles à Oscar, personne aux Etats-Unis n’a jamais pardonné Jen à Angelina. Et personne ne lui pardonnera jamais. Tout ça à cause de Rachel. Elle était la fiancée de l’Amérique, voire du reste du monde, elle était la charmante girl next door drôle et sexy à la fois à laquelle tout le monde voulait ressembler. La légende voulait même que Brad Pitt ait voulu rencontrer Jennifer Aniston parce qu’il fantasmait sur Rachel Green, et qu’ainsi, il avait demandé à son agent de lui organiser un rencard. Rachel, c’était le rêve américain. Jennifer Aniston jouait foutrement bien dans cette série. Une autre légende veut qu’elle ait auditionné pour le rôle de Phoebe, mais qu’on lui ait finalement donné Rachel parce qu’elle était vraiment bonne et que c’était le rôle préféré. Et depuis la fin de la série, elle a tellement bien incarné Rachel qu’elle est devenue une habituée des rôles romantiques de nana un peu drôle qui s’assume.

Finalement, si c’est à cause de ce rôle que Jennifer Aniston n’a jamais réellement fait de carrière intéressante, c’est aussi à cause de ce rôle que sa vie est intégralement reconstruite sur tabloïds – et c’est plus intéressant qu’une carrière cinématographique quelconque en fait. On espère secrètement que Brad reviendra, de la même manière que Ross est toujours revenu. La vie sentimentale de Jen’ se doit de fonctionner comme une on-again/off-again relationship avec un mec bien. Cela donne sens à John Mayer et Gerard Butler, les deux plus gros losers vivant actuellement à Hollywoodland et qui lui servent occasionnellement de boy-toys – ils seraient juste un passe-temps en attendant le retour de Brad. Les Américains et leurs tabloïds aiment beaucoup trop Rachel pour voir en Jen une actrice ratée et une femme un peu désespérée. C’est une héroïne de série qui se finit bien. Rachel a détruit la carrière de Jen’, mais elle a aussi réécrit sa vie.

La vache, c’est long mon affaire, je m’excuse.

44 thoughts on “It’s all about Rachel

  1. C’est assez drôle cette phrase “comme Ross est toujours revenue”. J’ai toujours considéré que c’était le contraire pour ma part.

    Bon, faut dire que je suis aussi un fervant partisan du “On avait rompu !”.

    • Ben en même temps c’est compliqué, oui, et y a un lourd débat sur la question. Je suis biaisée par le fait que l’épisode que j’ai vu dans l’avion est celui où il veut pas divorcer ou annuler son mariage Las Vegas avec elle. Du coup, il apparaît plus comme le mec en demande. Donc il revient. Mais bon, lourd débat lourd débat…

  2. c’est long mais c’est bien dit! c’est marrant aussi, parce que, n’ayany jamais été fan de Friends, et donc de Rachel, je me suis toujours un peu demandée pourquoi les gens tripaient autant sur elle! maintenant tout s’explique! pour ce qui est des relations de couples et des tabloids, je pense aussi qu’on nous présente tellement angelina comme une gagante, celle qui a tout, qu’on finit par la détester, et du coup souhaiter la revanche de la petite brune moins parfaite…

    • Ben y a de ça pour Angelina, tout est trop beau pour être vrai. Mais au-delà de ça, j’ai l’impression que la haine ne tient pas qu’à sa perfection. C’est qu’elle a flingué Rachel pour arriver à la perfection aussi, et ça, c’est vraiment pas sport…

  3. Comme j’ai pas forcément grand chose à dire sur l’article (je suis pas forcément d’accord avec tout mais j’ai pas forcément de contre-argument, surtout que je viens de me lever…), je voulais juste dire que moi aussi comme Flo en lisant ton article je me suis dit que c’était Rachel qui était revenue pas Ross.

    Et ils faisaient une pause… ^^

    • Mais ça dépend vachement!!!!! C’est pour ça que leur relation était un bordel snas nom – un coup c’est lui qui revient, un coup c’est elle, c’est évident. Un coup elle cherche à le regagner (le coup du “on avait rompu”, justement) un coup c’est lui (le tout dernier épisode). Et pour ma démonstration ça m’arrange que ça se passe comme ça.
      Et du reste, c’est lui qui va plus de l’avant quand ils sont pas ensemble (Emily, etc. – il a des relations plus stables comparativement à elle qui a qu’un seul vrai mec stable au final à part lui). Du coup, il est plus en position de revenir ou pas. Je sais pas si c’est hyper convaincant…

  4. Moi je suis assez d’accord, même si je ne pourrai pas expliquer pourquoi, c’est Ross qui est revenu.

    Rachel est clairement le personnage central de Friends, le show commence par son arrviée en robe de mariée au sein du petit groupe, sa relation avec Ross est la trame sur laquelle repose l’ensemble des saisons, c’est souvent sur Ross et Rachel que reposent les derniers épisodes des saisons. La relation entre Chandler et Monica arrive bien plus tard, quand à Phoebe, c’est quasiment un personnage secondaire : son histoire personnelle est pourtant riche (soeur qu’elle déteste, elle recherche son père et sa mère), quand elle trouve son frère, on ne la voit pas développer de liens particuliers avec elle (il faut que Lisa Kudrow soit enceinte pour qu’on le rssorte et qu’il puiss fournir ainisi un prétexte à la grossesse). Ses relations amoureuses, c’est pareil, le flic avec qui elle sort et s’installe disparaît du jour au lendemain, et c’est un de ses exs qu’on ressort à la fin pour ajouter un peu suspense. Phoebe, c’est un peu la faire-valoir de l’ensemble du groupe : elle est rigolote, on peut lui ajouter du jour au lendemain un colocataire sans se poser plus de questions que ça.

    De plus, sur les photos de promotion, c’est souvent Jennifer Aniston qui est mise en valeur, qui occupe une position centrale.

    Et pour en revenir à Angelina, elle s’est quand même construit au fil du temps une image positive (ONU, etc…), mais il est vrai que Jennifer aura toujours ma sympathie, ne serait-ce que parce que pendant des années, tout le monde a qualifié Jen et Brad de couple parfait, et qu’elle dû voir dans tous les journaux les ébats de son ex et de sa nouvelle meuf.

    Je suis par contre d’accord que la story Brad /Jen neveut plus rien dire, et je me permettrais de terminer sur Gwyneth Paltrow, qui a quand même saoulé tout le monde avec sa relation avec Brad pendant bien cinq ans après avoir rompu, et qui le ferait peut-être encore si on l’écoutait parler.

    • Ah mais merci! C’est assez compliqué, mais moi, je pense que la vie sentimentale de Rachel était plus clairement dirigée vers le thème Ross que l’inverse (même si l’idée était que Ross était amoureux de Rachel depuis toujours). Bon bref, on est d’accord sur Rachel et sur son rôle central dans Friends. Le truc, c’est que même si les intrigues sont équilibrées entre les personnages, elle est clairement le personnage auquel on s’identifie le plus facilement (à égalité avec peut-être Monica, mais elle apparaît comme plus névrosée, donc bon)

      Pour Angelina, elle est revenue de loin – entre Tomb Raider, où elle a le rôle de la bonnasse à gros seins qui fait des superproductions, et son mariage avec Billy Bob Thornton où elle portait une fiole de son sang autour du cou, c’étiat pas la super classe. Depuis, c’est sûr qu’il y a qq bons rôles, une famille magnifique, l’ONU – d’où ma surprise sur la hargne de la presse à son égard. Ca ne prend sens que si on pense à Rachel (moi aussi je l’aimais bien ce couple, ils étaient rigolards et sympathiques. Et j’avais presque oublié la période Brad/ Gwyneth! OMG j’ai envie de dire…

  5. Et ça expliquerait pourquoi tous les drames dans lesquels elle a joué (Friends with money, the Good girl) qui sont pourtant pas trop mal fichus, sans être des chefs d’oeuvres ont été des megaflop.
    Remarque, les comédies marchent pas des masses non plus il me semble, à par Marley &moi …

    • Je connais même pas ces drames, c’est dire! Pour moi, Jennifer Aniston est attitrée aux comédies hollywoodiennes inoffensives. Ca manque de panache et d’envergure — même Jennifer Garner s’en tirerait mieux!

  6. c’est marrant parce que pour moi, Friends, c’est un peu le même vécu que toi, sauf que c’était paris première pour moi et les visionnage pendant la récré de midi chez le pote qui vivait à coté ^^
    et sinon j’ai jamais trouvé qu’il y avait un personnage prédominant dans cette série et c’est pour cela je pense qu’elle m’a tant plu, je trouve que chaque personnage à son importance et que les personnes selon leur vécu et ce à quoi elle aspire aussi se retrouve plus dans un personnage que dans un autre.
    quant aux potins de la vraie vie, je n’ai jamais été une bonne cliente de ces trucs , genre ah oui? c’est vrai? je suis la dernière informée^^ mais je pense qu’Angelina n’a jamais été idolatrée même avant l’affaire Brad, j’ai de vagues souvenirs de l’époque tomb raider où tous les hommes l’aimaient et toutes les femmes la détester, je ne suis pas sure que cela est beaucoup changé ^^

    • Ah oui y avait la génération Canal Jimmy aussi, mais ensuite, Canal a repris le relai pour diffuser les saisons en premier… Pour pas de personnage prédominant, je suis à la fois d’accord et pas d’accord. D’accord au sens où clairement les intrigues de chaque personnage sont relativement équilibrées, et en ce sens tout le monde est représenté à égalité. Pas d’accord au sens où 1/ Ross et Rachel ont toujours eu l’honneur des Season Finales, et 2/Phoebe étant franchement barrée et Monica ouvertement psychorigide (même si fun toutes les deux), je pense que les nanas préféraient s’identifier à Rachel…

      • Je pense surtout que Rachel est la plus ordinaire et c’est peut être pour cela qu’elle a toujours été le personnage que j’aimais le moins, un peu trop fade, un peu comme Lynette dans Desperate, trop commune sans doute je ne sais…

        • Ordinaire tu es sévère!!!! Elle est moins délurée que Phoebe et moins rigide que Monica, c’est vrai. Mais pour moi, c’est pas tant qu’elle est ordinaire, mais plus “plausible”, les deux autres sont plus ouvertement des types, volontiers caricaturaux, je dirais.
          Mais dans le fond, c’est peut-être aussi deux façons différentes de dire la même chose :D

  7. ah ah. ouais!
    et dans une moindrissime mesure (au niveau de l’impact sociétal, générationnel, capillaire etc) j’aimerais bien savoir quid du cas Katie Holmes/Joey Potter qui existe un peu, quand même.

    • Je pense qu’on peut en dire beaucoup là-dessus en effet! Déjà, les tabloïds se touchent à chaque fois que Katie Holmes croise la route de Joshua Jackson (Pacey) par exemple, espérant secrètement un retour de Pacey/Joey qui libèrerait Katie de l’emprise néfaste de Tom. Et par ailleurs, il y a tout un fil directeur autour de la supposée émancipation de Katie de l’endoctrinement de Tom Cruise. Katie Holmes, c’est un peu la même problématique que Jen, en effet: les tabloïds rêvent de la voir revenir “à la normale”, ie à son état de girl next door mignonette et sympathique. Là, elle est juste une Stepford Wife et ça fout les boules à l’Amérique.

  8. bizarrement, je n’ai pas suivi cette série quand elle est sortie à l’époque, mais plus pendant les rediffusions. mais elle est géniale, et Rachel est super dans son rôle, même si tous les acteurs jouent bien, aussi.
    Après, c’est une histoire de chouchou…

    • Pas que de chouchou – oui si bien sûr, mais la préférence était quand-même donnée au couple Ross/Rachel tout au long de la série. La découvrir sur le coup était pour ça une super expérience, parce que les cliffhangers de fin de saison à propos d’eux étaient toujours hyper cools. En tous cas au lycée.

      • Oui, et je me demande dans quelle mesure ce côté joufflu (fille saine, encore un peu enfantine) n’a pas joué dans la constitution de la “girl next door”

        • En fait, elle appartient à un autre paradigme, par ailleurs, la JAP – Jewish American Princess, un truc qui passe assez mal l’Atlantique, essentiellement parce que ça a un gros potentiel politiquement incorrect voire franchement raciste (http://en.wikipedia.org/wiki/Jewish-American_princess)
          Pour son côté Girl Next Door, c’est sans doute le côté joufflu, ouais, parce que ça en fait une fille saine, et pas magnifique, juste mignonne…

  9. Friends je m’en bats l’oeil, mais j’aimerais savoir si l’expression “girl next door” a ete employee pour la 1ere fois (ever), invente en fait, pour parler de rachel?

    • Je dirais que non, elle est aussi valide pour Marilyn Monroe dans 7 ans de réflexion (même si ça en inverse un peu le sens actuel)
      Ca aurait pu donner lieu à un cool partage en live de Wikipedia, mais on doit juste se contenter de ça – ceci dit, ça répond un peu à ta question…

      • Katie Holmes dans Dawson est l’exemple parfait. Tu vois le thème de la voisine qui grimpe à l’échelle pour se blottir contre son meilleur pote à tel point qu’il en oublie que c’est une fille et qu’il lui préfère la bombe blonde venue de New York, etc. Les gens en veulent énormément à Tom Cruise pour Katie Holmes.

        Renee Zellweger dans Jerry Maguire m’avait pas frappée (pas ouf, ce film). Pour moi c’est surtout le concept de la mère célibataire qui est prévalent, la concernant. Mais admettons. Si on te demande un trivia sur ce film, tu dois juste répondre qu’il y a une des répliques romantiques les plus connues de l’histoire du cinéma (“You had me at Hello” – c’est quand Jerry revient vers elle à la fin pour s’excuser et fait tout un speech pour lui dire qu’en fait il l’aime et il peut pas vivre sans elle et elle lui coupe la parole en larmes en lui disant “Stop. You had me at Hello” – cool).

        Marylin dans 7 ans de Réflexion, c’est marrant parce que à la fois elle est une Girl next door, littéralement – c’est la nouvelle voisine, et à la fois, elle est à l’opposé du paradigme de la girl next door – genre met innocemment son soutif au frigo pour être au frais l’été, etc. et puis genre, c’est juste… Marylin Monroe, quoi – d’où l’effet comique, mais aussi d’où ce qui me fait penser que ce stéréotype existait déjà à l’époque puisqu’on joue ouvertement dessus…

  10. Ton billet explique donc pourquoi Jennifer Aniston fait la couv’ de Elle au moins une fois tous les deux mois ;-)
    C’est marrant de revoir cette photo de Rachel, parce que je me souviens que je trouvais Friends tellement branché au début. Et maintenant quand je tombe sur une redif’ des premières saisons, je trouve les looks tellement ringard ! Ah oui tout ça pour dire qu’on vieillit, c’est donc un commentaire vraiment très intéressant…

    • sur les looks, à fond. ça me fait aussi penser à la fois où j’étais retombée dans un avion sur un film avec tom hanks et meg ryan, très 90’s, qui se passait à New York, où ils ont tous des pulls sans nom et des coupes de cheveux assez indescriptibles. (j’ai oublié le film, j’avais salement dormi) (je crois qu’un des deux étaient libraires mais je suis pas sûre)
      Comme dirait virgo : c’était avant le tournant sex and the city et New york devenant capitale de la mode et du glamour

      • Moi je parie que ce film c’est You’ve got m@il / Vous avez un mess@ge – une tentative (ratée) de Nora Ephron de raviver Nuits Blanches à Seattle.
        Parlant du tournant Sex and the City, j’ai vu un film très oubliable mais absolument fascinant à cet égard l’autre jour – Crossing Delancey: une comédie romantique des années 80 centrée sur le thème de la trentenaire célibataire dans Manhattan qui s’assume et que sa famille trouve princesse superficielle. Du S&C avant que ce thème ne soit cool. Ca fait bizarre.

    • Oui ça fait bizarre, hein? Et c’est vrai que le personnage de Rachel plus particulièrement était l’incarnation du cool, la nana décontractée mais à la mode – pas que la coupe de cheveux, aussi le boulot chez Bloomingdale’s, puis Ralph Lauren (quand on y pense, non mais Ralph Lauren, quoi!)
      Là, ça veut dire qu’on entre de plain-pied dans le paradigme des années 90 beaucoup trop ringardes pour être assumables, mais qui vont connaître leur âge de gloire sous 2 ans maxi… (en fait, c’est déjà un peu le cas mais ça reste trop confidentiel – je suis incroyablement déçue qu’Arte ne se lance pas dans un “été des 90s” après avoir fait l’été des 70s en 2008 et l’été des 80s en 2009… Cold feet, sur ce coup)

      • J’ai l’impression d’avoir traversé les 90’s sans de souvenirs très marquants (culturellement parlant j’entends) parce que je suis un pur produit des années 80. Du coup il n’y a que lorsque je tombe sur ce genre de trucs ou bien les premiers épisodes de Sex & The City que je m’aperçois que les 90’s sont elles aussi devenues vintage.

        • Les premiers épisodes de S&C, revoir des bouts de La Vie à Cinq, ou même les teen-movies de 1999 sont édifiants à ce sujet: ça a vieilli! Et finalement, la partie 1997-2000 apparaît facilement plus ringarde que la partie 1992-1993 c’est très bizarre, comme processus!

  11. Bah mince alors, dire que j’avais failli oublier cette fameuse coupe de cheveux “Rachel” que j’ai trimballé durant toutes mes années lycée (d’ailleurs je suis convaincue que c’est grâce à cette coupe et rien d’autre que j’ai décroché mon bac)…

    • Mais moi elle tenait pas bien, du coup c’était juste un dégradé à la con: 1/j’allais pas assez souvent chez le coiffeur, 2/j’ai toujours été une réfractaire du sèche-cheveux – ça expliquerait que j’ai raté la mention TB au Bac alors…

  12. Ahah, je voulais écrire le même article, je suis fascinée par ce triangle amoureux peoplo-médiatique et la volonté qu’ont tous les journaux de prendre le parti de Jen/Rachel car elle, c’est nous, la fille jolie mais point trop n’en faut, rigolote, sympa. Celle qui avait réussi à sortir avec l’ultime beau gosse et nous vengeait un peu des années lycées où ledit beau gosse nous ignorait ostensiblement. En plus Jen, ado, elle était grosse, double combo. Face à elle, on a une Angelina Jolie trop belle pour être honnête, forcément…

    Les mags people en disent long sur nous, finalement ;)

    • Ben c’est ça, Jennifer Aniston, c’était la fille sympathique qui avait réussi à choper le plus beau mec du monde sur cette simple sympathie – et ça a pas marché à cause de la plus belle femme du monde. Ca a un côté déloyal et ça, les Américains aiment pas ce qui est déloyal. Ils aiment le rêve, et dans leurs films, la fille moyenne mais mignonne gagne toujours face à celle qui est trop belle.
      Y a vraiment un truc cool sur la façon dont ce schéma façonne la vie de Jen’ dans les médias et donc a possiblement une incidence sur sa vraie vie…

  13. Oulala Jen appelle le commentaire à ce que je vois !

    Plusieurs remarques :
    On s’identifie plus facilement à Rachel parce que l’histoire d’amour possible / impossible /mais on se remets ensemble à la fin, c’est un peu le schéma de l’Histoire d’amour. On se rencontre, notre amour est impossible, mais l’amour surmonte les difficultés pour triompher. Et dans ce genre d’histoire, c’est toujours la fille qui attends /espère l’homme. Alors d’accord, avec l’évolution des mœurs, les difficultés évoluent, mais le fond reste là.

    Concernant un autre exemple de girl next door, je citerai pour ma part la playmate du mois (la moeuf à poil sur la page centrale de playboy). Je ne crois pas trop me tromper en précisant qu’Hugh Hefner a été un des premiers à utiliser ce terme pour décrire le genre de fille qu’il souhaitait voir poser pour les pages centrales je crois qu’il en a notamment parler quand il a fait poser une fille qui bossait pour le magazine.

    Concernant You’ve got m@il, ca me fait penser que j’avais écrit un truc sur les comédies romantiques (largement appuyé sur les comédies de Nora Ephron en fait), et que je l’ai jamais finalisé. Il faut que je m’y remette.

    Sinon, la seule fois où j’ai entendu parler de JAP, en France c’est en parlant de Monica Lewinski. Et oui, elle aussi.

    • D’ailleurs y a eu un film sur le thème Hefnerien de “la girl next door est une star du x sans qu’on s’en rende compte”. Le film s’appelait… Girl Next Door. Bon, je l’ai pas vu, et je crois que j’ai mieux à faire de cette heure et demie de ma vie.
      Je viens de voir ta série sur les films de Nora Ephron, y a des trucs marrants en effet et je veux voir la fin! – ça signale surtout que Harry/Sally déchire (je crois que je le place dans mon top3 de mes films des années 80 préférés – après les Goonies et la trilogie des Retour vers le Futur). Et contente de t’avoir donné envie de voir Recherche Susan Désespérément!

  14. Moi il y a un truc qui m’a toujours dépassé… Cet engouement pour la coupe “Rachel”. J’ai jamais compris pourquoi quelques mèches de cheveux teintes et dégradées avaient réussi à susciter un tel engouement! D’ailleurs, je le comprends toujours pas… C’est un peu con comme truc.
    Certes, la chevelure luxuriante et brillante de Rachel a son charme… Mais le noir de jais “Monica” est quand même fichtrement plus classe je trouve!

    • J’ai l’impression que la Rachel avait ce truc d’être hyper structurée, et du coup, d’offrir une alternative aux cheveux longs filasse. Je me rappelle pas que les coupes dégradées étaient si populaires avant elle. Donc oui, le dégradé, justement. Avant la Rachel, on avait soit une coupe courte bien structurée, ou un carré un peu rigide, soit si on avait les cheveux longs c’était droit et lourd (après la crinière des années 80). Rachel, elle a les cheveux longs, mais c’est intéressant à voir, c’est plus léger qu’un carré et moins paresseux qu’une non-coupe longue.
      Et comme beaucoup de nanas aiment les cheveux longs parce que ça fait princesse, c’était banco.

      Et c’est très marrant, parce que maintenant, la coupe Serena est celle qui marche le mieux, précisément parce qu’elle est l’anti-Rachel – c’est un flou artistique complet, avec une très belle matière de cheveux, ça donne l’impression de pas être travaillé du tout (l’impression seulement).

      Enfin c’est ce que je pense, je me plante peut-être…

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