Dear Starbucks,

Humeur du jour: dé-vas-tée.

Les Américains ne connaissent pas le chocolat chaud. Le moment le plus poignant que j’ai vécu l’an dernier fut quand j’ai expliqué à Shanna (ma colocataire) mon amour pour les chocolats chauds. Ceux faits avec des carrés de chocolat et du lait (ouais bon, un chocolat chaud, quoi). Elle m’a répondu “Oh, I think I never had one of these“. Sortez les violons, j’en aurais presque chialé sur le moment. C’est-à-dire que leur chocolat chaud est systématiquement fait à base d’un arôme chimique (le sirop Hershey’s, vous savez, celui que JT et Cody consomment à même le bidon dans Notre Belle Famille – encore un moment M6 très Danette, ça).

L’alternative à ça, c’est le bon vieux milk & cocoa que vous trouverez sans problème dans votre coffee-shop hipstery de quartier. Rien de surprenant, le concept du hipster tenant à l’entretien de rituels adulescents à travers les âges. Si à 30 ans, on est bon pour traîner sa dépression sur les pavés de Williamsburg en skate-board, on est certainement aussi bon pour prendre un goûter des champions à 4h. Je suis sarcastique, cela étant, je suis la première à petit déjeuner de Cocoa Puffs aux US, de Chocapics en France (par ailleurs, on murmure même que je suis à la recherche désespérée d’un t-shirt à l’effigie d’Anthony Michael Hall dans Breakfast Club). La vérité, c’est que j’ai beau être prête à toutes les bassesses pour avoir un apport en sucres rapides décent, j’ai jamais pu me résoudre à payer pour un Nesquick/lait écrémé (ajoutons qu’en général, les cafés hipsters sont rarement les moins chers).

L’autre alternative, c’est ce featuring de Starbucks, le “Signature” Hot Chocolate. Concrètement, je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il y a dedans, mais c’est onctueux (épais, comprendre qu’il s’agit d’une boisson à 3000 calories) et chocolaté. Chocolaté comme quand ça sent pas le sirop Hershey’s. Ça a suffi jusqu’ici à me satisfaire dans ce pays, où depuis les mois en R (comme pour les huîtres), je consomme quotidiennement mon chocolat chaud pour me féliciter d’avoir bien travaillé, ou pour me donner du cœur à l’ouvrage, c’est selon. Pour tout te dire, j’étais prête à transiger sur le coffee shop pour ce moment de félicité sucrée. Transiger sur le coffee-shop, accepter de travailler dans un endroit où Internet est payant, où la programmation musicale se situe quelque part entre des Christmas Carrolls, le Best of de Bob Marley et la BO de Nine plutôt que les Kinks et Bob Dylan, c’est comme accepter de brader une qualité de vie. C’est aussi brader l’Amérique, renoncer à ce que ce pays fait de mieux  (le coffee-shop donc) pour son ersatz à touristes. C’est une ÉNORME concession, un sacrifice quotidien pour un chocolat chaud. C’était jusqu’à ce début de semaine, où une barista qui a visiblement fait l’école des sorciers dans la maison de Voldemort m’a annoncé sur un ton un peu trop matter-of-factly que la production du Signature, de mon Signature, était arrêtée. Dont acte.

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Dear Starbucks,

I learned yesterday at my regular Starbucks in Philly that you will stop serving the Signature Hot Chocolate.  This is very sad news. The regular hot chocolate cannot compare to the Signature. The Hersheys flavor is way below the Signature’s quality. The Signature was the everyday treat  that kept me writing my PhD dissertation. Stop serving the Signature, and I stop writing (huge loss for social sciences). Please bring back the Signature – for Science’s sake.
Love,
V.

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“Ah ouais, désolé”, ils ont répondu.

28 thoughts on “Dear Starbucks,

  1. Oué le chocolat chaud chez Starbucks est correct, sans plus de mon point de vue vu le prix…c’est sans doute pour ça que je suis pas une dingue de Starbucks, moi je bois pas de café, je prends juste du chocolat chaud et je le trouve “correct”… (et je suis toujours déçue par ce que je prends à manger avec, en particulier la part de gâteau au chocolat qui a l’air si bonne pourtant dans la vitrine).

    Bon maintenant que j’ai raconté ma vie je peux dire que malgré tout je comprends que pour toi ce soit un drame vu que ton choix est limité… :/

    • Oui, comme je disais, je ne parle pas du chocolat chaud, mais du chocolat chaud signature qui est un truc différent chez Starbucks (et meilleur que leur classique). Et oui, j’ai pas grand chose d’autre à me mettre sous la dent aux US, malheureusement…
      Moi non plus je ne bois pas de café, du coup, un avenir plein de thé s’ouvre à moi je crois bien…

      (prendre les pâtisseries chez Sbux est une ERREUR!)

  2. Je vis dans un endroit reculé du monde où il n’y a pas de Starbucks.
    Du coup, j’ y suis jamais allé qu’une seule fois, et ça m’a pas plu ( hipster dans l’âme, donc).

  3. Ah mais je te parle du signature, c’est ce que je prends quand je vais chez Starbucks et bon voilà je trouve pas ça extraordinaire…du coup j’arrive pas bien à comprendre tout le foin autour de Starbucks, je me dis que ça doit être leur café qui est bien…

    La dernière fois j’ai essayé de subtilement diriger ma cousine vers un salon de thé dans un passage couvert du 9ème devant lequel on est passé et où les pâtisseries avaient une super bonne tête mais je pense que c’était pas assez hype pour une gamine de 18 ans…et comme je suis une vieille cousine gentille j’ai cédé… :/

    • Ah oui d’accord – à ma décharge, on me propose une alternative “salon de thé confort avec bonnes pâtisseries et vrai chocolat chaud”/chocolat signature sbux, je choisis la première option les yeux fermés. Mais j’ai pas 18 ans, ça doit être pour ça ;) Et je crois que si les coffee-shops us proposaient de bons chocolats chauds, ce serait une preuve un peu trop évidente de l’existence de Dieu. C’est ma seule explication. Du coup, j’alterne savamment entre le thé Jasmin dans coffee shop bien et le Signature. Mais ici, c’est sincèrement ce que je connais de mieux. Ca vaut pas pour la France, c’est sûr!

      Pour en revenir au succès de Sbux, je pense que c’est aussi parce que 1/ils proposent des choses que les salons de thé ne proposent pas (toutes ces conneries de Latte, Soy Chai, etc.) 2/c’est une enseigne qui affiche clairement un type de consommation qu’on ne pratique pas trop ailleurs: y aller tout seul pour bosser – quand tu vois qu’un endroit comme le Loir dans la théière interdit l’usage de l’ordinateur portable, c’est comme une façon de refuser d’être un lieu de travail pour office-less – ce que propose donc le Starbucks. Et évidemment, ces endroits pulullent aux US (les coffee shops on y revient) et du coup, ça plombe un peu cette raison d’être pour les Starbucks (qu’il est chiant à taper ce nom) ce qui fait que la plupart sont réduits à leur portion congrue: à peine 2-3 tables et ce sont essentiellement des conso à emporter. Meaning: c’est encore moins agréable qu’en France…

      *salive en pensant au chocochaud de la pâtisserie viennoise à côté de Médecine*

      • avec un petit gâteau pavot-groseilles … miam miam ! c’que c’est bon :)
        pff pas le temps d’y aller en ce moment …

        t’as vraiment écrit pour de vrai au service commercial de starbucks ? c’est rigolo ça ! ça me rappelle l’époque où on lâchement lossé de ne pas écrire au service commercial de chocapic pour recevoir des tas de paquets gratos !

        • Mais oui, j’ai envoyé ce mail mot pour mot! Leur réponse était plus longue en vrai, mais se résumait vraiment à “bon, ben désolés, mais revenez quand-même”. J’étais déçue de cette réponse, moins à cause du Signature (je me doutais que ça allait rien changer) qu’à cause du manque d’humour. Je trouvais ce mail drôle (© Clément, je dois dire) et j’aurais aimé que la réponse ait un peu de légèreté et d’humour, et ça restait très standard… Bon, en même temps, c’était attendu…

  4. Ne pourrais-tu pas te faire envoyer du bon chocolat d’Europe (ou en acheter dans un supermarché sur place, peut-être qu’il y en a du bon) puis choisir le coffee-shop de tes
    rêves, commander un lait chaud et faire ta propre mixture?

    • Oula… Ce serait drôle mais euh…. Non?
      Quoique ça lancerait le concept du coffee-shop BYOC – bring your own chocolate, ce qui est assez mignon je dois dire…

    • Ouais mais bon on y revient: payer pour du cacao dans un coffee shop je trouve ça un peu abusé. Je pars du principe qu’on prend un chocolat chaud dehors parce que c’est un produit qu’on peut pas aussi bien se faire chez soi (voire pas du tout pour certains…)

      • ah non je proteste, moi je buvais de l’ovomaltine dans mon enfance et j’étais accro mais le nec-plus-ultra c’était le van houten du dimanche !

        • Ah ouais, moi j’étais l’école Poulain / Nesquick des fois (j’aimais bien Groquick c’est pour ça). Le drame c’est que ma belle-mère achetait du Benco. Et je trouve que le Benco c’est moins bien.
          Pour moi, le Van Houten c’est bien sûr très bon, mais ça correspond à un âge d’homme du cacao, on prend ça quand on est plus âgé, donc c’est pas la même démarche, j’ai l’impression…

  5. Bon si débat il y a, Poulain évidemment, Grand Arôme forcément.

    Bref, c’est pas ça que je voulais dire, il y a une scène dans un film où le personnage est chez Starbucks, et où il explique que tout l’intérêt de Starbucks, c’est d’arriver à se définir soi-même en choisissant son café (long, décaféiné…). J’ai la sensation que c’est dans un film de Nora Ephron (clairement pas Nuits Blanches à Seattle, je le connais trop, ça pourrait coller avec cette control freak de Sally mais je pencherai pour Vous avez un message et son placement de produit trop évident).

    Au delà de ça, Starbucks m’a fait le même effet que Macdo : on est là, on fait la queue, et puis tout à coup tu dois lâcher trois mots à la serveuse, rapides parce qu’il y a du monde derrière toi. Je ne suis jamais beaucoup allé au Macdo (peut-être une fois tous les deux ans, en moyenne), je n’étais jamais allé au Starbucks, et j’ai l’impression de ne jamais avoir les bons mots, la bonne expression, pour commander ce que je veux (suis-je claire ?). Au final, j’ai pas toujours ce que je voulais, j’oublie de demander le ketchup, et je finis toujours pas répondre non aux questions qu’on me pose et que je ne comprends pas toujours.
    C’est pour ça que je préfère les coffee shops / salon de thé, en fait. Ca me donne l’impression d’être moins idiote.

    • Ah oui c’est sûr c’est une chaîne bien massive qui a développé son idiolecte…
      En gros, pour passer la commande, il faut indiquer dans l’ordre: la taille, le nom de la boisson, les arômes, les ajouts spécifiques (lait au soja, etc.)
      Ca mériterait un diplôme rien que d’être capable de le faire. Surtout pour le Frappuccino au chocolat qui dans ce pays s’appelle le “Double Chocolaty Chip Frappuccino”. A vos souhaits. Mais pour le coup, quand on passe la commande correctement, les mecs sont hyper impressionnés, ahah!
      Le truc qui me révolte en France c’est la question des tailles. En gros c’est le même vocabulaire qu’aux US: Tall pour petit, Grande pour moyen, Venti pour grand. Mais j’arrive pas à dire Tall en français. Du coup je dis petit (je suis assez une rebelle). Et les mecs comprennent.

  6. Merde alors, le signature c’est le seul truc de chez starbucks qui me requinquait après une averse de pluie anglaise et c’est far better que le chocolat chaud de base qu’ils servent… et celui aux noisettes qu’ils servent l’hiver, ou celui à la banane que j’avais testé une fois étaient délicieux. Le monde est cruel quand même…

  7. moi, il y a un truc que je ne pardonnerai jamais aux Américains ce sont les mini marshmallows qu’ils foutent dans le “hot coco”, alors certes ça fait très “Calvin and Hobbes moment”, mais c’est immonde.

    • Ah oui j’ai jamais pu faire ça – quelque part, ça démontre qu’ils ont besoin de noyer leur boisson dans un truc sucré un peu visqueux, et donc qu’il y a un manque flagrant de saveur. Ces gens sont des ours.

  8. je me demande un truc -deux en fait- complètement annexes mais qui m’intéressent quand même. je pose les questions en me positionnant comme une béotienne et en te plaçant comme une spécialiste du truc, donc m’en veux pas si les questions sont un peu basiques.

    1) est ce qu’aux etats-unis, ils demandent encore le nom des gens pour mettre sur les gobelets?
    parce que quand sbx a débarqué en france, je me souviens que ce truc de demander le nom c’était l’attraction number one des minettes qui, enfin, pouvaient se gondoler en disant au serveur qu’elles s’appelaient juanita banana ou mary poppins et se taper des barres de rire ensuite en sirotant leurs gobelets estampillés juanita & mary

    maintenant que les starbucks parisiens sont plus ou moins systématiquement plein à craquer, c’est finito le temps des juanita banana au marqueur sur le carton. maintenant c’est “à qui là, putain, à qui, le frappuccino?”

    l’attraction number two au début, et encore maintenant, était bien sûr de se pavaner avec ledit gobelet sur les bds st michel et st germain. les filles mettaient genre quatre heures à boire leur café. – eh, regarde, y a une poubelle, tu peux jeter ton gobelet puisque t’as fini ton café y a environ quarante sept minutes? – euh, ouais ouais nan mais je le garde un peu encore…

    donc je me demandais ce qu’il en était aux usa.
    1) le temps des noms sur le gobelet est-il toujours de mise?

    2) est-ce que les gens ont ce rapport à l’objet-gobelet comme un it truc ou est-ce que, contrairement à la france, c’est bien trop culturellement ancré et ça n’évoque pas plus jennifer aniston que la voisine de palier qui a trois gosses mal élevés et qui sort en jogging cracra promener son chien?

    • Ah bah tu te réponds partiellement pour la deuxième question, en fait…
      1/ oui, le nom est toujours pratiqué, mais personne ne dit Cléopâtre ou Britney Spears (sauf peut-être la vrais Britney Spears quand elle va au Sbux). En fait, c’est pratiqué quand il y a beaucoup de monde, sinon c’est pas considéré comme nécessaire. C’est utile quand y a un attroupement autour du comptoir, du coup, ça permet pour de vrai, une meilleure lisibilité dans la distribution des boissons… Moi en général, j’anglicise mon nom, parce que sinon, on n’est pas couchés.

      2/ vu la physionomie des starbuckx aux US c’est rarement un endroit où tu te poses vraiment. Du coup, c’est de la boisson à emporter, et les gens consomment dans la rue, mais y a pas de quoi être fier, non plus. C’est un truc qui se fait avec toutes sortes de boissons, ça marche aussi avec le Latte Dunkin Donuts, ou avec la cahute à café du quoi (ou avec le Mud Truck à NYC sur Astor Place). Bref, c’est pas *trop* la classe de se balader avec un gobelet à la main, même starbucks (voire surtout pas avec Starbucks, je dirais, c’est considéré comme impersonnel et trop cher – alors que c’est déjà moitié moins cher qu’en France, les ricains doivent halluciner en voyant le Frappuccino à 5€ ici…). C’est juste normal.

  9. Moi ce serait un mail d’insulte que je leur enverrai s’ils arrêtaient le chai tea latte soja! C’est dommage leur manque d’humour…
    Sinon pour le débat poulain/nesquick etc…pour moi rien ne vaut le restant de lait froid ayant accueilli des choco pops.

    • Si je veux être parfaitement honnête, pour moi, rien ne vaut les résidus de cacao au fond du bol quand on en met trop (j’ai tendance à mettre 5 cuillers de cacao pour un demi-bol de lait)

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