Debbie Downer (hating on Sex & the City)

Parmi les trucs faussement chauds de vendredi (je sais, on dit “buzz”), il y a eu le trailer de Sex and the City 2 (il y a aussi eu R-Patz en Kurt Cobain putatif, mais c’est une autre histoire – qui mériterait un sort elle aussi – j’ai l’impression d’être la seule que ça choquait pas). Le trailer de Sex and the City 2, pour vous dire, il a fait dévier ma blogroll Hellocoton et mon Twitter vers un océan de “hiiiiiii”, de “trop excitée!!!!!” et de “oh mon dieu Aidaaaaaan” (souvent mal orthographié, ce qui suffirait à faire mon opinion sur les gloussements 2.0 de ces demoiselles).

Mouais. A vrai dire, le premier trailer m’avait déjà pas mal révoltée, là, je rends les armes.Tiens, et si j’avais voulu être une vraie blogueuse à blog de fille, j’aurais fait un titre de type “le buzz qui nous prend pour des buses” (vous avez remarqué à quel point la modeuse espère se refaire une virginité de fille cool et détachée en mettant des calembours et des blagues carambar en guise de titre?)

Bref, revenons à Sex and the City 2 et pourquoi ce trailer, comme son précédent, me fait suer des dents, avoir mal aux ongles, saigner des yeux et des oreilles (que des choses pas agréables, on est d’accord).

Une très éloquente de Time Out NY en avril 2008

La première affiche était déjà très programmatique: elle montrait une Carrie vieille peau surbronzée sur fond de logo en strass, arborant des aviators dorées. Comme pour afficher que, bien loin de la rédactrice free-lance qui a fait rêver toutes les blogueuses de cette planète, maintenant, elle n’est qu’une de ces poules sans classe entretenues jusqu’au bout des ongles (manucurés dans l’Upper East Side j’imagine). En fait, cette affiche m’a toujours rappelé la série Luxury de Martin Parr, où il photographie les jet-setteurs de cette planète en adoptant le même parti-pris que s’il photographiait des pauvres mineurs d’un pays noir mancunien à la période Thatcher. Le résultat était indécent et clinquant – fascinant. Là, c’est pareil, le fascinant en moins, le cynisme en plus. Alors comment en est-on arrivé là?

Tout avait pourtant bien commencé, avec une série adaptée d’un bouquin salué par Brett Easton Ellis. Quand on regarde les premiers épisodes de la première saison, outre le fait qu’ils ont particulièrement vieilli, on peut sentir une saveur un peu underground, Miranda Hobbes, l’avocate autonome et semi-chienne de garde, apparaît comme une amazone un peu flippante. Alors oui, ça a rapidement évolué et ça s’est démarqué d’un bouquin un peu trop sombre (et sans doute underground, justement), pour que le prétexte de discussions sexe crues serve des histoires d’amour chaotiques et surtout un formidable récit d’amitié et de solidarité féminine. Dieu sait que j’étais au premier rang des fans de cette série, que j’ai dû voir chaque épisode un nombre incalculable de fois, en VO et en VF, que moi aussi, j’étais de celles qui se servaient de la série pour créer du lien amical entre filles, qui citait Carrie à tour de bras pour comprendre et analyser la complexité des relations amoureuses.

Et c’était une des plus belles victoires de ce show, que de pouvoir pousser n’importe qui à s’identifier à ses héroïnes alors que peu de monde est réellement une trentenaire indépendante et bien sapée, célibataire et financièrement autonome dans une des plus grandes villes du monde. Adolescente, quadra, quinqua, femme au foyer ou célibataire trop timide, tout le monde se retrouvait pourtant dans une journaliste freelance de Manhattan. Ca sonnait même suffisamment juste pour plaire aussi à pas mal d’hommes. En ce sens, c’est très opposé du parti-pris de Gossip Girl où l’objectif est précisément que tout le monde envie ces personnages, mais sans jamais vraiment s’identifier à eux (ils sont des inaccessibles étoiles, si vous voulez). Tout le monde se ruinait en Minelli ou en Jonak, pensant que c’était comparable à l’obsession de Carrie pour Manolo Blahnik. Et cette série a montré que parler de sexe était avant tout quelque chose de drôle et de décomplexé. Alors oui, j’adorais cette série, et je pense qu’elle a fait beaucoup pour New York et pour l’image que les femmes ont eu d’elles-mêmes à un moment donné. Donc voilà: j’en veux terriblement à ces films, qui, sous prétexte de profiter d’une vache-à-lait très rentable, en sont venus à massacrer lentement mais surement une des plus attachantes franchises sur New York. Alors que la série avait permis de dépoussiérer et glamouriser l’image de New York, via les itinéraires des 4 célibataires les plus classes de Manhattan, ces films véhiculent une image clinquante, fausse et incroyablement beauf de New York.

Je nourris de plus en plus la conviction que les personnes qui écrivent ces films n’ont jamais mis ne serait-ce qu’un orteil dans New York, et n’ont aucune idée de ce qu’est cette ville. Ca doit d’ailleurs être la raison pour laquelle les scénaristes s’évertuent à changer de lieux (le Mexique dans le premier, je-sais-pas-quel-désert-arabe dans celui-ci – notons au passage que resituer nos 4 héroïnes dans un décor d’Emirat Arabe est en soi une très bonne illustration de ce que sont devenus ces personnages). Le premier film m’avait déjà laissé un goût doux-amer: une heure entière consacrée à une juxtaposition de Vogue/shopping chez Diane von Furstenberg/enchères Sotheby’s et autres essayages de robes de mariée de couturiers, tout ça sonnait incroyablement faux. En fait, j’avais l’impression désagréable que, parce que le style vestimentaire de Carrie made in Patricia Field avait été salué, les scénaristes avaient réduit l’intérêt de la franchise à cette seule caution modeuse, faisant de l’héroïne une femme-sandwich géante sans âme ni réelle considération pour les affects humains (alors que l’intérêt de Carrie, entendons-nous, c’est que c’est une peste agaçante, mais qu’elle comprend les affects humains). Voilà, pour moi, le premier film, c’était: une heure de robes de mariées moches de créateurs imbus d’eux-mêmes, 3 blagues pipi-caca, 4 moments censément “friends-love” pour remplir la case “copines” du cahier des charges, et pas-de-sexe. Aucun intérêt.

Le trailer du deuxième film s’annonce pire: New York y apparaît sous les traits quasi-exclusifs de Midtown Manhattan et de l’Upper East Side (saupoudré de Meatpacking pour le shopping – mais ça c’est logique et toujours recevable), dans sa version la plus touristico-mauvais goût. J’ai l’impression que les concepteurs de la franchises sont en fait restés figés sur ce qu’était New York quand la série s’est arrêtée… il y a 5 ans. 5 ans, en langage new-yorkais, c’est 30 ans. Ce qui était à la mode et edgy du temps de Carrie est désormais galvaudé (à cause de Carrie, précisément) voire éventé et irrecevable. Je veux bien qu’il y ait autant d’expériences de New York qu’il y a d’habitants, mais ce n’est pas “mon” New York. “Mon” New York, c’est que dimanche dernier, j’ai brunché dans Williamsburg au milieu des hipsters avant de prendre un pli très bourgeois à la Neue Galerie dans l’Upper East Side, pour ensuite aller acheter un sac de voyage sur Canal Street et me faire les ongles dans TriBeCa. New York c’est d’une incroyable diversité à laquelle même l’habitant le plus cossu est confronté et que ces films ne montrent pas. Ajoutons à cela que les vixens y sont définitivement trop vieilles et semblent crier “ça suffit maintenant”, et… Aidan. Comme si le premier film n’avait pas assez massacré la série, il fallait que le deuxième s’attaque au dernier monument intouché & invaincu du show par une pirouette scénaristique visiblement empruntée aux auteurs des Feux de l’Amour. God help us all.

Mais je crois que j’ai vraiment été furieuse quand le trailer a voulu jouer la carte “so NY” en samplant Empire State of Mind, éditant au passage la voix de Jay-Z pour ne garder que le refrain (un peu moins bien) d’Alicia Keys. Jay-Z représente pourtant l’image de New York quelque chose comme 35 fois plus que Carrie, en ce sens qu’il incarne merveilleusement le thème du rags to riches, qu’il vient de Brooklyn, et que sa vidéo pour Empire State of Mind est un formidable dépliant touristique pour cette ville. Alors quoi? Quand on est une fille, on aime “tout sauf le rap”, et subséquemment, on ne peut pas faire face au flow d’une légende de la ville, et on n’est bonne qu’à se gaver de Cupcakes en écoutant Norah Jones et en rêvant de Louboutins? Fuck you very much, j’ai envie de vous dire. J’en ai marre d’être prise pour une pouffe à vagin hormonalement programmée pour être attirée par des semelles rouges, et j’en ai marre qu’une paire de films à chier ait détruit l’une de mes icônes préférées.

Je sais que je viens de critiquer un film avant même de l’avoir vu, et je suis prête à tendre l’autre joue si vous voulez, mais il y a des chances que ces 12$, ils restent dans ma poche.

38 thoughts on “Debbie Downer (hating on Sex & the City)

  1. Tout à fait d’accord!
    Pourtant, malgré la “pirouette scénaristique visiblement empruntée aux auteurs des Feux de l’Amour” moi, Aidan, j’adore donc je le verrai très probablement ce film. En streaming.

    • J’adore Aidan aussi, mais c’est un peu pour ça que j’aurais préféré qu’on lui foute la paix. Finalement, sa sortie avait été assez cohérente: éconduit par Carrie, il a construit avec une autre ce dont elle n’a pas voulu. Et le recroiser dans l’Upper West avec un bébé dans les bras à la saison 6, ça sonnait plus juste que le croiser à l’autre bout du monde dans un souk en train de chiner des plats à tajine.

  2. Mais il est vrai que ce trailer craint énormément et que le premier film m’avait laissé de marbre. On ne peut pas s’empêcher de repenser à la série et au côté, ben, sex quoi. Tout est dans le titre!

  3. J’ai pas matté le trailer, mais Alicia Keys a fait une version d’empire state of mind en solo, c’est peut être tout simplement cette version qu’ils ont mise.
    Voilà, désolée, de ma pauvre contribution, mais sex and the city, je trouve ça incroyablement ringard, j’ai envie de vomir dans les bouclettes de Carrie, donc j’ai pas grand chose à dire de plus.

    • Ceci expliquerait sans doute cela, donc… J’avoue honnêtement que je n’ai pas écouté la version solo d’Alicia Keys, tant je trouve que c’est l’alchimie entre elle et Jay-Z qui contribue à la magie de ce morceau…
      Et effectivement, ça s’est salement ringardisé, c’est triste :(

  4. En fait on a plus le droit de dire “buzz” en France, il faut dire “ramdam”. Oui oui, comme “courriel” pour “email”.
    Moi je suis sure que tu vas le voir quand même, peut-être pas au ciné, mais fatalement, tous les chemins mènent à netflix.

    • Oui mais Netflix propose à son tour tellement de chemins que je suis pas sûre d’emprunter celui de Carrie Bradshaw (et puis d’ici qu’il sorte en DVD, j’aurai quitté ce glorieux pays et la magie de ce Vidéo-Club)

  5. Heu Aidan il ferait pas mieux de s’occuper de sa femme et de ses problèmes de dédoublement de personnalité ?

    Je sais c’est nul mais je suis crevée.

    Aidan était tellement prévisible qu’il ne pouvait rien se passer d’autre dans ce film, un peu comme s’il y avait un Bridget Jones 3, où fatalement Renée se retrouverait dans les bras de Hugh Grant au grand désespoir de Colin.

    • Attends, je me suis fait un peu cette réflexion aussi: à la limite, tant qu’à aimer Aidan, autant regarder John Corbett dans United States of Tara.
      Et oui Bridget Jones 2 avait aussi un peu craqué, puisque logiquement, Daniel Cleaver était sorti de scène for good. Bref, ils ont pas commis un 3e opus, c’est déjà ça, en effet.

  6. Hello Virg !
    C’est moi qui vais me faire lyncher…
    J’entends et je comprends tout ce que tu racontes, mais puisqu’on a toutes notre NY, le mien, qui n’y suis jamais allée autrement, est télévisuel. Et oui il est en grande partie construit dans ma tête avec cette série que j’ai adorée…
    Que dire des films ?
    Elles ont vieilli. Moi aussi.
    Elles baisent moins. Elles habitent dans des endroits plus côtés, en couple, en famille. Elles se sont embourgeoisées.
    Elles sont devenues des caricatures de ce qu’elles étaient y’a 10 ans.
    Je les aime encore.
    J’ai vieilli aussi. J’ai de la tendresse pour leur exubérance.
    (Pour te dire, je ne connais même pas Gossip Girl…)
    Bon évidement le film était naze et le second le sera probablement aussi.
    Mais c’est comme revoir des copines d’il y a longtemps. On n’a pas évolué pareil, on peut être très déçues, carrément dégoutées, mais y’a une étincelle à un moment, une private joke, un sourire… un truc qui fait qu’on est heureuses de les revoir tout de même…
    Souvent à la question “qu’aimez-vous chez vos amis?”, les gens répondent “leurs défauts”, en général sans trop savoir pourquoi, pour se la jouer…
    Ben y’a un peu de ce je-ne-sais-quoi dans mon sentiment à la vue de la bande-annonce.
    Bisous
    Anne

    • Moi je veux bien qu’elles vieillissent et qu’elles se soient embourgeoisées, en soi, et que New York ait changé, mais je trouve que leur vieillissement est mal géré – au contraire, on les montre dans des postures relativement figées par rapport à 5 ans plus tôt, et et je trouve que précisément, l’imagerie de New York est restée aussi figée de façon totalement absurde, alors même que la série mettait en scène un New York en constante réinvention.
      Donc oui, vieilles copines que ça fait plaisir de voir, je suis d’accord. Mais ça n’empêchait pas d’en faire des films regardables, et là, ce n’est clairement pas le cas. Et ça n’empêchait pas d’engager un scénariste décent, et ça n’empêchait pas de proposer des storylines stimulantes. Rien de tout ça n’y est, et j’ai l’impression que les gens qui sont à l’origine de ces films prennent pour des greluches décérébrées les fans qui voient en Carrie & co. des amies. C’est bien dommage. Donc ouais, ça m’agace.

  7. Tu résumes assez bien, en nettement plus clair et léché cependant, ma pensée sur ce second volet (et la déception y afférente, compte tenu du potentiel de la série à la base).

    Mais pour ma part, je suis déjà un peu plus critique sur la série elle-même. Tu évoques très bien l’évolution qu’a subie la série par rapport aux premiers épisodes, un peu plus underground et sombres en effet. Toutes les séries évoluent plus ou moins avec le temps (ce qui est plutôt une bonne chose), mais en ce qui concerne Sex and the City, ça me semble avoir été un changement plus radical, voire un véritable parti-pris sur la définition des personnages. Sous couvert de la caution “sexe” (aka “on fait parler des femmes de sexe crûment, ergo, on est des avant-gardistes”) et HBO, la série est devenue confondante de conformisme jusqu’à, et ce n’est que mon avis, n’être plus qu’une “série pour meuf avec un peu de sexe dedans” (la dernière saison est quand même emblématique de ce point de vue). Ces quatre filles un peu subtiles ne sont devenues que des caricatures d’elles-mêmes : Charlotte l’helpless romantic qui n’a pour unique but dans la vie que de se dégoter un mari, Miranda la business woman un peu stricte et dure avec les hommes, Samantha la quadra nympho et Carrie un petit mélange de tout ce qu’il restait (artiste, indécise, modeuse, indépendante mais pas trop, relou etc…). Du coup, personnellement, j’ai vu la série s’arrêter avec un certain soulagement, je ne suis pas sûre qu’il aurait fallu une saison de plus.

    Mais c’est non sans une certaine excitation néanmoins que j’étais allée voir le premier volet, persuadée pour une raison que j’ignore qu’ils allaient recentrer sur l’essentiel (au sens premier du terme). Naïveté quand tu nous tiens. Et un peu comme toi visiblement, je suis ressortie, comment dire… déçue n’est pas le mot, atterrée serait plus juste. Le pompon étant of course, à égalité, les clichés outranciers usés jusqu’à la corde tout le long du film et le coup de “Charlotte et ses problèmes intestinaux”, effarant de beaufitude (tout comme écrire “beaufitude”, mais je ne vais pas commencer à m’auto-flageller).

    Pour en finir avec cette logorrhée pénible, j’ajouterais simplement que, comme je l’avais dit vendredi sur twitter (tous des asservis), un peu comme toi, Sex and the City, le retour de la vengeance, me fait autant envie qu’un bout de salade desséchée oublié sous un talon de basket sale. Pour coller au thème, j’aurais pu utiliser des louboutins, mais en vrai, pour le coup, je m’en fous assez, de coller au thème.

    Tout ça pour dire que je suis ravie de lire enfin un avis exempt de “gniiiiii, trop bien, trop hâte”. Rafraîchissant.

    • Merci pour ce long commentaire!
      Je suis d’accord sur la série, il y a eu beaucoup de critiques sur la dernière saison, sur Baryshnikov (je saurai jamais l’écrire) et sur le fait qu’il fallait que la série finisse. Et ces critiques faisaient sens, il est possible en effet que le concept se soit essoufflé à force. Cela étant, j’étais emo à chaque épisode, donc de manière totalement subjective, je continuais à regarder et à me complaire dedans (un peu comme pour la dernière saison de Gilmore Girls, qui était un peu ratée elle aussi).
      Comme toi, j’ai attendu avec une impatience non-dissimulée la sortie du film. Je me suis emmerdée ferme pendant une grosse heure, et j’ai cru revoir la lumière au moment du nouvel an, quand Carrie vole au secours de Miranda, toute déprimée dans son deux-pièces de Chinatown. Seulement voilà. A l’épreuve du temps, ça ne me fait aucun effet, je ne garde aucun souvenir plaisant de ce film (ce genre de souvenirs plaisants qui font qu’on pardonne un jeu moyen ou un scénario trop faible). Là, rien. Du coup, obligée d’analyser le truc. Et là, ça vole en éclat. Yeurk.
      Mais pour certains, c’est vrai que ça a volé en éclats dès la 6e saison. Moi, c’est revoir les 2 premières saisons qui m’enthousiasme immanquablement (mais surtout surtout les tout premiers épisodes, qui font aussi datés qu’un visionnage de Recherche Susan Désespérément, mais qui ont une liberté et un style reportage vraiment frais pour l’époque!)

      • Mais je t’en prie (tu n’es pas ironique hein ?!) !
        Je n’ai jamais compris l’histoire avec Baryshnikov. Et c’est vrai que la sixième saison m’a laissée de marbre. En revanche, je trouve le film carrément triste à pleurer avec le recul.
        Entre le film et les tous premiers épisodes, le gouffre est tout simplement abyssal. Et pas seulement en terme d’esthétique (ce qui est normal dans la mesure où, si je ne m’abuse, plus de dix ans les séparent) mais dans le style, le ton, le traitement, le “message”, l’image de la femme, l’image de New York (comme tu l’a très bien évoqué d’ailleurs), etc…
        Quant aux deux premières saisons, l’esthétique fait effectivement très fin des 90’s (ce qui n’est pas pour me déplaire non plus personnellement), un peu plus sale, voire glauque (en particulier le pilote, avec l’appartement de Carrie éclairé par une enseigne lumineuse rose genre “MOTEL” et le vieil ordi gris un peu pourri)(si ma mémoire est bonne). Mais tu as entièrement raison, ce qui était génial et pour le coup hyper novateur c’était effectivement ces fameuses apartés “documentaire”. Alors, ça méritait peut-être d’être intégré un tout petit peu différemment mais, à mon sens, toute l’originalité résidait là-dedans (et le fait de parler de sexe aussi crûment pour des femmes évidemment).
        Bref, on n’est peut-être rien que des vieilles réac’ convaincues que “c’était mieux avant”. Tristesse.

        • Ouais je m’en veux assez pour ça, mais c’est derniers temps, je suis très “c’était mieux avant”, dans l’esprit.
          Mais bon, sur S&C, je crois qu’il y a pas mal de monde dans ce cas. En gros, il y a les personnes qui se rappellent le début de la série et qui l’ont vue au fur et à mesure – celles-ci sont réac et dégoûtées – et celles qui sont plus jeunes et qui en ont entendu parler avant de voir (et qui ont donc stigmatisé les aspects repris dans les films – fringues & co.)
          D’où: Miley Cyrus qui fait un caméo. Pfouh.

  8. ah ouais. je me souviens que j’avais non seulement trouvé le premier film naze tout du long mais j’avais littéralement vomi la dernière scène (si ma mémoire est bonne je crois que c’était l’anniversaire de Sam qui, a cinquante ans, venait de larguer son jeune mec parfait et était fière de clamer qu’elle était finalement qu’une grosse égoïste, comme toutes celles qui ne choisissent pas le mode mariage-monogamie-bourgeoisie. cqfd)

    Tout ce que tu dis est complètement vrai. Et le truc aussi, j’ai l’impression, c’est que non seulement les scénaristes ne se foulent plus l’auriculaire depuis la fin de la série déjà, mais aussi que l’effet produit sur le public par les MEMES épisodes a totalement changé, parce que le public a changé. Du fait, entre autres, de la machine médiatique (ouh les grands mots!).

    Je m’explique : Quand SATC a débarqué y a ouatmille années maintenant (j’ose pas compter, manman !) le premier public (dont nous, j’imagine) exaltait le côté femmes libérées/ indépendantes/ folles du cul si elles veulent/ qui boivent et qui fument si elles veulent/malignes/ drôles/ belles et bien sapées en sus.

    Y avait plein de codes qui renvoyaient au féminisme, même de façon lointaine, tout en y ajoutant du « glamour » (à l’époque le mot n’était pas encore aussi ringard). C’était nouveau dans une série. Ca faisait rêver. Le combo faisait rêver : On voulait « ça », « tout ça ».

    Alors, les médias ont commencé à en parler partout sur le mode de « wow, la série qui libère la parole des femmes, le cul, etc. »
    Curieuses, des filles y sont arrivées comme ça, attirées par ce côté « moi aussi je veux parler de cul autour de mes copines en buvant des Cosmopolitans à Odéon » (on a le Manhattan qu’on peut) et se sont mises à rêver de quand elles auraient trente ans, qu’elles écriraient des articles/bouquins/whatever en baisant avec des mecs trop beaux dans des appartements trop chouettes.

    Puis, de plus en plus, on a commencé à ne plus parler que de la mythologie vestimentaire de la série. Aucun article sur SATC sans les noms de Patricia Fiels, Jimmy Choo, Manolo B.

    Le temps passait et une nouvelle vague générationnelle est arrivée -les filles qui vont aujourd’hui atteindre la vingtaine- à la série par là. Et cette vague là n’a vu que ça dans la série. Les fringues, le bling, ce qu’elles appelleraient le “hype”. Cette vague là n’aime pas les premières saisons parce qu’elles sont un peu ternes au niveau des couleurs, comparé à Gossip Girl et rêve de devenir blogueuse mode influente.

    J’ai toujours pensé que le film était fait pour elles. Avec tous les placements de marques, les scènes d’essayage de robes, elles étaient aux anges.

    Je me souviens d’avoir vu ce film à Odéon, avec une pote de la bonne époque à la ouais-grosse-nostalgie, une semaine après sa sortie. On devait être les plus vieilles de la salle (und petite cinquantaine à nous deux : des épaves quoi!). Et les seules à ne pas aimer apparemment. La salle, pleine à craquer de lycéennes accrochés à leur balenciaga dans l’entre-coude piaillaient, s’esclaffaient, applaudissaient. Et je pense que ça sera pareil pour le deuxième.

    JE SUIS DESOLEE POUR LA LONGUEUR DU MESSAGE ET LES RACCOURCIS SOCIOLOGIQUES UN PEU HORRIBLEUHS QUE J’AI FAITS.
    mais quand chuis partie j’ai du mal à m’arrêter. PARDON.

    • WOW!

      J’aime bien ton analyse et oui, je pense en effet que le côté dark et féministe était clairement là. Je me rappelle quand j’avais commencé le bouquin de Bushnell, j’avais été traumatisée par la noirceur du truc. C’est pas “dark”, hein, mais comparé à la série, et surtout à ses dernière ssaisons. Je voulais lire ça comme je regardais la série, un truc un peu feel-good (je venais de me faire larguer) mais du coup, j’ai pas pu le finir, il m’est tombé des mains (alors que c’était bien, hein).

      Et je suis complètement d’accord avec toi sur les 2 générations qui ont regardé la série, avec pas du tout le même regard, et du coup, pas du tout la même approche rétrospective des premières saisons.

      Bref, merci pour ta contribution!

  9. Je voulais commenter de manière plus constructive mais je crois que tout a été dit.

    J’ajouterai donc brièvement que :
    – Le pilote et deux autres épisodes de Sex and the City ont été réalisé par la même personne (Susan Seidelman)
    – A une époque étudiante en audiovisuel, j’ai dû étudier une série et j’ai bossé sur Sex and the City (enfin bosser est un bien grand mot), et oui, la série prend vraiment une tournure princesse / conte de fées dans les dernières saisons, c’est vraiment frappant dans la six, avec une Carrie qui tombe amoureuse d’hommes plus âgés qu’elle, qui part à Paris (aka Dreamland) et se retrouve enfermée dans un palais (aka le Georges V), battue par le méchant en attendant que le Prince charmant vienne la sauver. UN autre détail qui m’a troublé (j’ai vu l’intégralité de la série entre janvier et mars), c’est que Charlotte et Miranda demandent Steve et Tray en mariage, alors que Carrie, il me semble, se voit proposer le mariage par Big (dans le film).
    – Sinon j’ai lu le livre, qui n’a rien à voir avec la série mais qui est effectivement beaucoup plus froid et cru que la série : pas de personnage principal, mais une suite d’anecdotes racontées à la troisième personne, parmi lesquels on croise une Carrie et une Samantha productrice de film porno.

    Voilà, c’est tout

    • Susan Seidelman of Desperately Seeking Susan fame? Tout fait sens…
      Sur l’évolution, la remarque que je me faisais en lisant le commentaire de Twi, c’est que, en effet, on était passé d’une vision amazone/féministe de la femme dans les premières saisons, à quelque chose de beaucoup plus rangé à la fin. Et effectivement, le paradigme de la princesse à cet égard apparaît comme salement rétrograde et dommage…
      Pour les demandes en mariage: alors oui, Charlotte demande Trey en mariage, Miranda demande Steve en mariage. Mais c’est aussi plus ou moins Carrie qui demande Big en mariage (lui est pas hyper chaud). En revanche, Aidan la demande en mariage (mais pour le coup, c’est elle qui est pas hyper chaude)

  10. c’est très intéressant d’avoir (enfin!) l’avis d’une jeune femme qui vis à New York et qui a assez de recul pour parler de S&C II.
    il est vrai que, bercée comme je le suis à la série, je ne pouvais être très enthousiaste en sortant du cinéma après avoir vue le premier film. Et l’affiche de n°2 me laisse présager le pire. Merci de cet éclairage et, même si je serai sans doute dans les salles pour voir le second opus, je préfère garder en mémoire les premières saisons de la série…!
    (Ils ont vraiment osé toucher à Aidan??? Quel honte…)

    • Ben visiblement Aidan a le rôle du loup dans la bergerie, dans une espèce d’inversion de ce qui s’était passé dans la série, lorsque Carrie l’avait trompé avec Big. Brrrrref, rien de bien original sous le soleil, j’en ai peur…

  11. Waow je voulais faire un commentaire un peu argumenté mais je crois que je n’ai rien à ajouter à tout ce qui a été très bien dit ici.
    Je me faisais la remarque que les premiers épisodes que j’ai revus il y a peu avait un petit côté Recherche Susan Désespérément et si j’en crois ce qu’écrit Jungle Ju, ils ont été réalisés par Susan Seidelman (la réalisatrice de Susan donc). Bref j’me comprends !

    Un truc me marque moi avec la série et le film par extension, c’est que les personnages ne “vieillissent” pas. C’est-à-dire que 10 ans après, elles ont toujours envie des mêmes trucs. D’un côté c’est sympa, elles sont pleines de vie et d’énergie, mais disons que l’avantage de vieillir c’est que, parfois tu apprends de tes erreurs et tu ne te remets plus dans les mêmes bourbiers que précédemment. Par exemple, on dirait que Carrie n’apprend rien de son histoire avec Big, elle en reste toujours au même stade (celui de ne pas être tout à fait elle-même quand elle est avec lui – à ce titre les derniers épisodes parisiens étaient édifiants). Et puis sans virer à la vieille coincée du fion, je ne suis pas sûre qu’à 45 ans on ait encore envie de picoler et gerber dans les chiottes avec une copine qui nous tient les cheveux ou bien de se taper tous les paumés de la terre. Surtout si on l’a beaucoup fait avant ;-)

    • Je suis d’accord avec toi, je me suis fait cette réflexion aussi. C’est vraiment le truc qui foire dans la série, cette absence de réelle évolution. C’est un peu comme si on atteignait une forme d’âge d’homme à 35 ans, et qu’après, plus rien ne bougeait du tout, ce qui est illusoire (chose qu’une série comme Friends a, à l’inverse, plutôt bien cerné). Est-ce parce que l’évolution des caractères au-delà de 35 ans passe par la maternité et/ou le mariage (et qu’elles y arrivent à peine)? Ou juste parce qu’elles ne sont bankables qu’en tant que leurs personnages d’il y a 10 ans? Toujours est-il que c’est classe d’être célib/assumée/friquée/heureuse à 35 ans. Mais si 10 ans plus tard, quasi-rien n’a changé, ça devient pathétique. (ouh, je me sens réac, sur ce coup)

  12. Tout de même, Carrie devient BRUNE dans le film op.1 (= se tape une grosse déprime et limite n’a plus trop envie d’acheter des chaussures). Du coup, c’est gonflé d’affirmer que son personnage n’évolue pas. Ca me mine cette conspiration anti – “sex and the city le film”, ça me donne envie de le défendre (voire d’aller voir le 2).

    • Décidément, ce monde est gangréné par les conspirations!
      Et c’est vrai qu’à la saison 5, elle se fait un carré, aussi, et Miranda va chez le coiffeur après sa grossesse, et Samantha investit dans des perruques…
      Blague à part, c’est pas par hype ou par “conspiration” anti-S&C, c’est vraiment que ces films sont à l’opposé de ce qui m’avait fait aimer la série. Et je ne prétends pas être originale sur cette position. Donc oui, on peut voir ça comme une conspiration…

    • T’as bien lu le billet de Virgo ou quoi? ( As-tu même déjà regardé la série “complète”?) (La réponse: “oui, les rediffusions (très aléatoires) sur m6!!” n’iront pas dans le sens d’une plus grande crédibilité).

      • Eh bien on ne rigole pas avec l’orthodoxie des amateurs de la série ici ! Donc oui j’ai vu tous les épisodes dans l’ordre en vo et plusieurs fois (un nombre inavouable pour certains). Et j’ai aussi lu le livre (bof). Et je concède que les choses ont assez mal tourné après la cinquième saison.
        Mais en réalité je crois que ce qui m’ennuie c’est que Virgo ait choisi de nous parler d’un sujet à peu près classé (film nul) alors qu’elle a visiblement hésité avec un post sur un vrai sujet polémique (Pattinson en Cobain) (moi aussi je pense qu’il sera formidable).
        Voilà voilà.

        • Pour rebondir sur ta dernière remarque, OUI, je trouve que R-Patz a un visage de Kurt Cobain et un look plutôt grunge. Il me semble qu’une perruque blonde crade, et on pouvait sonner les clochettes.

      • Euh……. on va essayer de pas s’énerver, hein, c’est pas trop le style, ici…
        Quant à l’orthodoxie des amateurs… Euh……… (bis) – je cherche pas vraiment à jouer à qui a la plus grosse en fait. Donc oui, chacun ses goûts, il faut de tout pour faire un monde, et sans doute qu’un bouquin écrit par une ex-taulière du Studio 54/vraie chroniqueuse de titre new-yorkais est moins bien que les merveilles d’humour pondues par les cerveaux de quelques scénaristes d’une major pleine aux as. La bottom line, c’est que c’est moins ma came, et que je me fous royalement de savoir ce qu’elles vont foutre à Abu Dhabi. Que, comme je le disais, je n’ai aucune prétention à l’originalité – cela étant, j’ai vu plus de “trop excitée” qu’autre chose (peut-être que j’ai des fréquentations de merde, aussi) – c’est juste que vivre à New York et voir un bon milliard de comédies de moeurs/romantiques sur cette ville me donne envie d’ouvrir ma gueule, period.

  13. bon je pouvais pas participer à cette discussion jusqu’à maintenant je m’étais refusée à regarder la bande annonce…
    Là c’est fait, et pfff, je ne suis même pas surprise. Du coup, je vais parler du bouquin !
    Je me reconnais tout à fait dans ce que tu dis, ce n’est pas un bouquin “feel good” chick lit et la 1ere fois que je l’ai lu il ne m’a pas plus du tout du tout… Trop froid, trop cynique, pas d’intériorité des personnages. Et puis je l’ai relu l’année dernière et j’en suis ressortie complètement emballée. Ca m’a rappelé Bret Easton Ellis sur plein de point. C’est une description de new York qui m’emballe vraiment stylistiquement : une ville encore dans les années 80, cruelle, déshumanisée, où l’on va pour réussir et pas se faire des amis, les soirées à Tunnel où rode l’ombre de Bateman, où l’on ne peut décrire le quotidien sans y mettre une dose d’absurde ou de surnaturel. C’est un mode narratif vraiment intéressant.
    Tout cela m’amène à penser qu’en fait on est face à trois objets différents : le livre, la série, les films. Ils ont des visées, des publics, des propos différents. C’est peut être regrettable, mais il faut se faire une raison.
    Et en apparté, c’est quand même incroyable qu’elles aillent à Abu Dhabi, sérieux, le film est financé par l’office du toursime?

    • Merci pour ton avis sur le bouquin, il m’avait plus ou moins fait le même effet. Je devrais le relire, d’ailleurs, parce qu’à l’époque, je recherchais une version livre de la série, un truc feel-good, donc forcément, je l’ai pas fini. Je crois que Bushnell a en revanche pris le pli de la série, par la suite. Un Carrie Diaries est sorti, je me demande de quoi il peut retourner…
      Moi je ne regrette pas la tournure prise par la série, ça correspond aussi à un truc où NYC apparaît comme plus lumineux, plus confort. Mais les films font de New York une ville tacky et beauf, j’arrive pas à m’y faire :(

      • Hiiii (je suis vachement plus excitée de la sortie de ce nouveau bouquin The Carrie Diaries que par le film!)
        Entendons-nous bien, je suis aussi très satisfaite de la direction de la série. J’ai aimé le livre en tant qu’objet littéraire, mais en tant que que série, ce ton n’aurait pas fonctionné, je pense.
        Ce que je veux dire, c’est qu’effectivement chaque support (bouquin, série, film) a sa propre identité (et du coup donne aussi une vision différente de la ville).
        C’est un des trucs que j’aime dans SATC la série, c’est que c’est une ode à New York, à ses lieux, à ses ambiances. Certains ont même écrit que New York était un personnage à part entière de la série.

        Bushnell n’a jamais renié la série, surtout au début je crois où elle a pris une part active au développement.

        Juste un apparté sur Bushnell, je ne sais pas si tu as lu ses autres bouquins, mais elle suit très clairement un chemin vers la littérature plus mainstream, plus chick lit. Sex and The City est comme on l’a dit très sombre, Four Blondes est assez désenchanté aussi, les personnages sont assez antipathiques, vivent des vie hypocrites et déprimantes, Trading Up se concentre sur un des personnages de Four Blondes qui est une vraie pétasse sans coeur, le tournant arrive avec Lipstick Jungle qui est un roman assez “inspiring” avec des personnages auxquels on peut s’attacher et/ou s’identifier (pour le coup c’est vraiment feelgood), son dernier 1, Fifth Avenue est à mon sens une bonne chronique contemporaine mais un peu plus oubliable…

        • bon je m’auto-réponds pour revoir mon enthousiasme un peu à la baisse : ça a l’air d’être un roman pour les teens mettant en scène Carrie au lycée…

        • Le fait que ce soit un truc pour teens me motiverait plutôt à l’acheter, eheh!
          Moi j’en étais effectivement restée à S&C et Four Blondes (commencé tous les deux, fini aucun), donc j’ai pas vu le virage chick-lit – mais d’un sens elle a raison, ça marche pour elle, autant en profiter. Mais j’avoue que je trouve assez rapidement mes limites en matière de chick lit. Autant, j’ai lu les 2 Bridget Jones parce que j’avais 18 ans, et aussi le Diable s’habille en Prada, c’est vrai (mais y a débat aussi sur ce bouquin comme chick-lit). En revanche, toutes les niaiseries type Shopaholic, Gossip Girl etc., et donc Bushnell fin de carrière, j’avoue que ça me lasse très vite en format bouquin.

  14. Hello :) J’lis ton blog au boulot, donc mon commentaire ne sera pas très long.
    Je suis assez d’accord avec toi …
    Et juste pour l’info, les déserts que l’on voit sont marocains :) L’aéroport est d’ailleurs celui de Marrakech.
    Voilà :)

  15. Pingback: What would Harvey do? « Virgoblog

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