That was not intended to be a factual statement

© Stephen Colbert (♥)

Depuis que j’ai emménagé à Paris, j’ai dû passer plus de temps dans le 11e que dans le 13e (quoique si on fait l’addition du nombre de fois où j’ai foulé le sol du centre commercial Italie 2 – mais je préfère oublier…)

La faute à la triangulation ci-avant établie.

De la rue Keller à la rue de la Folie-Méricourt, en passant par la rue Amelot ou le boulevard Voltaire, j’ai beaucoup arpenté, observé (sur un mode parfois participant) la faune locale. Eh, j’ai compris un truc qui me travaillait pas mal sur la culture hipster.

Enfin, le premier constat, évidemment, c’est que le Bar 17 nous a gratifié en moins d’un quart d’heure de La Bionda et de Leonard Cohen cuvée Everybody knows, détrônant presque dans mon coeur le Brooklyn Social, cette fois où l’Anamour était passé au jukebox juste après Big Tears d’Elvis Costello (mais pas complètement, faut pas déconner, non plus).

J’ai toujours dit que le concept “hipster” n’était pas vraiment exportable hors du continent nord-américain, et je m’y tiens peu ou prou (mais hé, this is not intended to be a factual statement). Pour la bonne et simple raison que la culture hipster repose, entre autres, sur un snobisme de l’Europe contre la culture mainstream US. Et sur la fréquentation de coffee shops diffusant en boucle les Smiths et les Kinks, mais ce souvenir est trop douloureux pour l’évoquer sur cette page aujourd’hui.

Et en fait, j’ai longtemps eu le sentiment que les Français utilisaient hipster invariablement au lieu de bobo (ce qui en soi ne me choque pas, mais un bobo, c’est un bobo, et Cindy Sander, c’est Cindy Sander), classic shit, brunch à une brique dans un restaurant bio des Abbesses, toi-même tu sais. Mais cette transposition me paraît inexacte. Un bobo fait pas crade comme un hipster; pour moi, le bobo correspondrait plutôt aux friqués de TriBeCa qu’aux hips de Williamsburg, si vous voulez mon avis. Dans le fond, tout ça, c’est du vernis, il n’y a pas nécessairement le même soubassement culturel. En fait, la vraie variante home-made du hipster est dérivée de ce “geek is chic” qui fait tant rire les Américains. (Pourtant, me direz-vous, de geekster à bobo, la différence n’est pas follement évidente)

Tout ça est une collision finalement assez amusante, partant du principe selon lequel geek est une insulte aux Etats-Unis (“What’s your problem, geek?“); hipster l’est un peu aussi, en fait. Il faut voir que la culture hipster est largement bâtie sur le sentiment  de frustration d’une élite intellectuelle de jeunes adultes qui n’ont pas les moyens de leur background culturel.  C’est compenser le fait d’être pauvre par le fait d’être cool. Au XIXe siècle, on appelait ces gens des “capacités”. Aux Etats-Unis, ce sont des hipsters. Ils sont cultivés, arty et pauvres, ils érigent leur style shabby-chic en choix de vie; ils parviennent à transformer le fait de passer un dimanche aprem à faire du skate dans un parc à 30 ans en choix de vie intellectuellement objectifié. Il en résulte un mépris profond pour tout ce qui est trop bourgeois, nouveau, rutilant, et une idéalisation du vintage, et surtout d’une culture adulescente qui plaît pas trop trop hors des confins de Bedford ave. C’est que, comme dirait mon père, être étudiant à 20 ans, c’est classe, être étudiant à 30, c’est plutôt pathétique. L’un des éléments centraux de l’identité hipster consiste à être raillé et méprisé par tous ceux qui ne le sont pas, mais aussi par eux-mêmes. Culturellement, il en résulte un tropisme européen. Ergo le rock indé et j’en passe.

[et que les choses soient claires entre nous: American Apparel est quelque chose comme 50% moins cher outre-Atlantique, et acheter des choses chez Brooklyn Industry est un faux-pas absolu]

Dans le 11e arrondissement, l’adulescence réoriente ses référents, et dévie vers une culture américaine (oh, the irony) old school ou vers le monde du ludisme et de la bédé. Il n’y a qu’à voir la concentration de magasins de comics, les foires vintage du Bd Voltaire ou les bars à la cool du quartier pour s’en convaincre. La dimension contre-culturelle est bien là. Tout ça est très logique. Malgré tout, c’est trop propre et souvent trop assumé pour être une vraie culture hipster si vous voulez mon avis, ça manque de rugueux, de ce côté social, pour fonctionner à plein. On revient au problème de départ sur les bobos, du reste.

Or, je suppose que vous connaissez la règle ultime pour reconnaître un authentique hipster (et un geekster): c’est le seul qui vous dira qu’il n’en est certainement pas un, ah ça non. Règle infaillible. Se revendiquer hipster est à peu près autant la honte que se revendiquer geek, d’une certaine manière.

Les geeksters parisiens, ils ont la classe, on se fout pas d’eux. Finalement, c’est tellement Paris, tout ça. C’est comme si Paris  phagocytait et embourgeoisait toutes les réalités un peu déviantes d’Outre-Atlantique.

.

Et cherchez pas à m’engraîner sur mon identité à moi. Je sais ce que je suis. Je suis banlieusarde classe moyenne. Mais pas hipster. Ah ça non, certainement pas.

27 thoughts on “That was not intended to be a factual statement

  1. “geekster à bobo, la différence n’est pas follement évidente” Mais tout à fait! Moi même je m’y casse les dents tous les jours.

    Enfin pas tous les jours, je vis à Luxembourg, ici les deux catégories sont: les locaux (luxembourgeois, riches) et les frontaliers (lorrains, pauvres). Mais il se rejoingnent dans un trou-noir culturel qui fait que tout le monde s’entend bien (+ moi en dehors de tout ça, of course ;-)

    • Mais pour moi, elle se tient quand-même! Les bobos colonisaient Montmartre y a 10 ans, écoutent Renaud, Souchon, tu vois l’idée.
      En fait, pour moi, l’incompatibilité se situe au niveau du rapport à la culture populaire (qui a tendance à faire l’objet d’un certain mépris pour les bobos – en tous cas, de l’image que j’en avais avant de quitter Paris). Il me semble que sur ce point, les geeksters sont plus intéressants.

  2. A part le “être étudiant à 20 ans, c’est classe, être étudiant à 30, c’est plutôt pathétique” qui me fait un peu mal, j’aime beaucoup ce texte, et comme d’hab, j’aime beaucoup tes questionnements et tes pistes d’analyse.

  3. En vrac :
    Hipster pride, moi je revendique, et j’ai même un manifeste pour moi/nous. C’est peut-être qu’en France on peut dire en 2011 “ah, tu crois que t’es un hipster, c’est nouveau ? Me fais pas rire, j’étais déjà hipster en 2006 quand tu pensais encore que Fleet Foxes c’était un navigateur internet.”
    Y’a des artefacts importés des US que je revendique complètement : le café (je prends mon espresso chez Coutume) et la bière (à la Cave à Bulles, naturellement).

    Après le souci c’est que j’habite rive gauche et que ma femme est très 6e. C’est irréconciliable ?

        • Je pense que c’est le point de consensus le plus universel de toute discussion sur ce sujet.
          Ca me fait penser que le hipster new-yorkais (et le new-yorkais en général) est beaucoup plus regardant que le parisien sur l’origine géographique de la personne qu’il évalue. Pour le natif de NYC, le hipster de W’burg est toujours suspect d’être un métèque venu de Californie ou du Midwest avec l’argent de papa-maman (cf. le Bike Snob) ; le mec du 11e se fout plutôt de savoir si t’as grandi en Touraine, non ? Et s’il ne s’en fout pas, c’est moins grave de venir du Lot-et-Garonne que du 16e.

          • Mmmmh, inneresting… J’ai le sentiment que les New Yorkais de notre classe d’âge sont assez rarement natifs de. Ou alors ils viennent de quartiers suffisamment sectaires pour que j’y aie jamais trop frayé (UES included). Oui, si tu vas dans le ‘burg, tu croiseras forcément des mecs venus d’ailleurs. Y a toute une théorie pour définir ton degré de new-yorkité à ce sujet. Certains disent que c’est au bout de 3 ans de vie dans la ville, d’autres au bout de 10, etc. C’est l’apanage de ce genre de grande ville épuisante: il est rare d’y être depuis longtemps, rare d’y rester.

    • Précisément, la notion de “hipster pride” est une contradiction interne! En deux ans de Billyburg + incursions à Liberty Heights à Philadelphie, Fell’s Point à Baltimore, et même, oh, disons-le, dans le Castro à San Fran (plus débattable), j’ai jamais vu quelqu’un revendiquer d’être un hipster. Même avec les wayfarer de vue, les chemises à carreaux dégueu et plus de tatouages que l’avant-bras de Megan Fox. Mais je retiens pour la Cave à Bulles. Ils y servent de la PBR, genre?
      Et pour moi, c’est indéniable: c’est le Onzième, le temple hipster (enfin geekster, si on doit être précis)

      • “PBR? Fuck that shit! Bière! Du! Vexin!”, pour paraphraser Blue Velvet. La Cave à Bulles fait plutôt dans la microbrew française ou danoise. C’est pour le hipster canal Food & Dining Section, mais c’est pas tenu par un hipster.

        • Hé tu veux de la bière de hipster, tu prends de la PBR, point-barre (ou une IPA quelconque à l’extrême rigueur). Sinon, c’est de la bière cool, certes, mais on sort du paradigme hipster ;)

  4. Comment parler de “dimension contre-culturelle” dans le 11e alors que l’on parle des bases de notre bon vieux continent ?
    Comment la culture café, brocante, bouquiniste, en place en France depuis belle lurette, est devenu quelque chose d’importé des US ou d’une pseudo culture hipster ? Ne serais-tu pas en train de faire un mélange sur qui importe et exporte quoi ?

    • Justement, c’est pour ça que pour moi, c’est pas vraiment hipster, tout ça, en fait… Ce qui est hipster, c’est de créer ça aux US. En revanche, je ne parlais pas de café/brocante/bouquinistes (j’ai cherché dans mon post, j’ai pas trouvé), mais plutôt du contenu culturel (cette forme de nostalgie de produits populaires souvent sous-évalués). Le but de ce post n’étais pas de dire ce qui était hipster en France, mais plutôt d’essayer de voir ce que les auto-proclamés hipsters français entendaient par ce terme et sa tentative de réappropriation (qui donc est pour moi une aberration, puis que hipster = brandissement d’une culture européenne par des ricains). Même si y a quand-même un côté geekster dans le 11e, je n’en démords pas.
      Mais hey, encore une fois, that was not intented to be a factual statement ;) …

  5. J’ai envie de te citer dans ma page acknowledgement juste pour dire que tu es mon rôle model et que j’aurais bien aimé t’avoir en directrice de recherche. Et que j’aurais bien aimé écrire ça si j’avais fait mon mémoire sur les hipsters. (je ferai sans doute un commentaire plus constructif sur le sujet après :)

  6. :)

    t’as raison quand tu dis que le hipster parisien est parisien avant d’être hipster.

    si le snobisme us est la touche vieux continent, à paris c’est l’idée que tout ce qui vient de Mon Quartier est Mieux. même le pmu (surtout le pmu, han!)(mais pas le pmu du 12ème, dans lequel on irait jamais s’asseoir, haaan, même s’il a la même tête)

    tu avais déjà évoqué cette guerre des quartiers ici, d’ailleurs, même si sous un autre angle.

    du coup, plus qu’un vélo ou des ray ban, on remarque plutôt ceux qui s’en foutent d’aller dans les endroits branchés mais qui disent

    “ah ouais, moi je dis toujours ‘le panier’ parce que ‘la sardine’ ça s’appelait comme ça avant”
    “je vais demander à raoul, le petit cordonnier en bas de chez moi, le meilleur de paris, qui te fait ça pour rien du tout” “oh nan on va pas aller à l’autre bout du monde, là” (i.e. répu > montparnasse)
    (même si le truc rue daguerre peut être tout à fait label bobo, c’est moins bien qu’à la maison, forcément!)(et je ne parle pas que de la querelle rd/rg).
    du coup, parfois, c’est ce qu’il y a dans le quartier qui crée aussi les habitudes. et, au fil du temps, le lieu crée le moine, en quelque sorte, ou le peaufine. on arrive pratiquement au côté “le vendeur de comics en bas de chez moi me connaît et m’appelle par mon prénom, ça me fait revenir et lui acheter des bds alors que j’en achetais pas avant”. (c’est un peu con ce que je dis à force de trop schématiser mais j’ai la flemme de mieux mettre mes idées en forme)

    • boh c’est plutôt agréable cette inscription personnelle et sociale dans un quartier précis…
      c’est peut-être aussi pour survivre?

  7. Bon alors. Je suis très intéressée par la définition de ce qu’est un hipster en vrai dans la culture américaine, tout ça. Instruite, je suis.
    Et je renchéris moult pour dire que certains trucs ne sont pas transposables de NYC à Paris. Par exemple et basiquement, le fait de réfléchir par catégories. Voyez un peu : la catégorie “bobo”, elle est pas genre complètement floue et indéfinie ? Le bobo ok il aime la culture et il aime boire des verres en terrasse et il fait genre qu’il est pas trop bourge, mais sinon ? Il est riche ou il est pauvre ? Il est post-post-soixante-huitard qui écoute encore Renaud ou il est hype tendance boîte de nuit qui écoute de l’électro ?? C’est un avocat fils d’avocat qui fait semblant d’avoir une vie bourgeois-bohème en allant à Rock en Seine ou bien c’est un cadreur qui n’a pas réussi à être réalisateur et qui va faire mumuse avec Gondry dans des trucs marrants organisés à Beaubourg ? (bon là fallait suivre les pages “culture” dans 20minutes le mois dernier pour comprendre).
    Tout ça pour dire que bobo franchement ça veut pas dire grand-chose pour moi parce qu’on l’utilise pour des gens très différents. Leur seul point commun, comme tu dis, c’est qu’ils sont parisiens, voilà. Mais à part ça c’est pas trop dans l’habitude des Français de se penser par catégories, enfin bien moins que les Américains. Prenez moi, par exemple : eh ben, je suis parisienne et pis j’aime pas trop penser par catégories. La preuve !!
    Bon, du coup les Français essaient de penser par catégories dans les magazines pour faire comme les Amerloques, mais ça foire parce qu’au fond ça ne marche pas. Voilà. C’est l’éternelle histoire de la France en ce moment, on est en panne d’inspiration alors tout ce qu’on trouve à faire c’est de copier les Américains mais en moins bien. Pauvre France.

    • En fait, je trouve que bobo est pas mal dévoyé, aussi. Pour moi, bobo = bourgeois bohême, donc, à savoir une réalité qui recouvre le fait de tenir à certains caractères de confort matériel sans trop assumer de s’afficher Versailles/16e. On est venu à aplatir ça en juste “bourgeois”. Mais peut-être aussi parce que la notion de bourgeoisie est de plus en plus diverse, je sais pas.

      Pour hipster, à vrai dire, j’en parlais aussi beaucoup parce que depuis mon retour en France, je suis frappée par le nombre de gens (bon, ok, surtout via Twitter) qui parlent de trucs “hipsters”, qui s’autoproclament hipsters, etc. alors que je trouve ça pas vraiment transposable, indeed. Effet magazines, effet américanisation, je sais pas; d’un sens, je trouve ça cocasse, de reprendre un terme américain qui précisément se veut un peu anti-américain pour se définir ^^

  8. Qu’est-ce que je te trouve brillante putain, faut vraiment qu’un mag crache le flouze pour t’offrir une tribune hebdo, et puis comme ça t’auras la possiblité de t’installer à Lamarck-Caulaincourt et d’en revenir …
    (entièrement d’ac avec toi pour le 11eme, où je vis depuis deux ans après 10 à Odéo n, mais ça reste tout de même agréable de vivre des grands ados faussement à la cool, je crois de tute façon que Paris ne peut pas m’offrir ce que j’aimerais vraiment : cela existe-t-il d’ailleurs réellement quelque part à l’étranger ?

    • Oh woaw, je prends toute offre, ne serait-ce que pour pouvoir m’acheter les conneries de milliards de chaussures que j’ai vu chez Garrice aujourd’hui et qui m’ont fait baver…
      Tu serais peut-être ravie à Williamsburg, du coup ;)
      Enfin… Bushwick, maintenant, le ‘burg, c’est devenu Disneyland depuis trop longtemps, l’épicentre se déplace vers l’Est…

  9. heureusement que tu circonscris bien au début la zone du 11è dont tu parles (parce que franchement le boulevard voltaire n’est ni ceci ni cela tout du long) parce que sinon j’y serais allée de mon côté ‘j”habite dans le 11è et franchement le 11è c’est pas du tout ça
    ce qui est quand même bien c’est qu’avec tout ça, avec ce type de sujets ou de réflexions, on peut parler pendant des heures…

    PS : par ailleurs, je crois comprendre ce que tu dis ; mais je ne vois pas trop en quoi l’attitude US (ou une attitude) est amenée en France?
    -non que je fasse de l’antiaméricanisme –
    mais franchement à part dans les journaux peut-etre (mais je dois pas les lire ceux qui conviennent) je ne vois pas trop d’hipsterisation….

    est-ce que ce ne serait pas l’idée et la catégorie de “branché” qui rendrait le plus compte de cette partie du 11è
    (et d’autres endroits de paris par ailleurs)?

    PS2 : si le terme de “branché” est un mot désuet et passé, qui ne “se dit” plus et si virgo tu pouffes comme si je disais “mel” ou “smartphone” (je ne m’en remets pas et j’ai encore plein d’arguments pour cette discussion) trouvez moi un équivalent exact actuel. Et si on retombe sur “hipster” c’est, alors, un problème de lexique, me semble

    (tu t’nerves pas si j’ai rien compris, j’ai lu un peu vite)

    • Alors de toutes façons, tu connais mon sens géographique pointu, je crois pas avoir les délimitations exactes du 11e en tête. Mais y a un axe assez évident. C’est vrai que t’y échappes, mais c’est aussi une question de personnes, parce que dans le fond, t’es à une encablure du Bar 17 (endroit qui te plairait, btdubs, on ira y boire des bières quand tu seras revenue).
      Disons juste que cette dénomination de hipster, que je trouve abusive d’une manière générale en France (pas d’antiaméricanisme là-dedans, en effet: c’est un concept américain, et je le trouve pas si exportable, en vrai)(et oui, derrière “hipsterisation”, y a ce truc un peu branchay/vintage/régressif qui joue à plein, et qui lorgne un brin sur l’Âmérique), cette dénomination, donc, j’ai trouvé qu’elle pouvait être un peu appropriée à certains quartiers ce weekend (honnêtement, Rue Keller, ça m’a frappée). Mais c’est toute la beauté du “Not intended to be a factual statement“, après ^^ )

  10. Intéressant, pourrait on dire que le hipster n’est pas vraiment contre culture, il consomme avant tout plutôt qu’il ne creer ?

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