Paint it black

L’autre soir, j’ai craqué.

Mais vraiment.

Full-on berserk, un peu comme Cameron Frye dans Ferris Bueller’s Day Off

(☛ ça, mais pire).

Je souhaite à personne d’être migraineux. Avoir une migraine, c’est jamais fondamentalement grave, mais c’est pas seulement avoir mal à la tête. C’est opérer une réduction de vos horizons d’attentes et de vos perceptions à l’échelle d’une veine, celle qui est à la jonction de la nuque et du crâne, sur la droite. Celle dont on sent qu’elle veut votre mort, qui vous provoque des spasmes mentaux au rythme de votre cœur et vous fait tout repeindre en noir un peu sale. C’est indéniablement une expérience plus douloureuse moralement que physiquement (et pourtant, physiquement, déjà…).

Point is, une migraine se manifeste rarement sans raison. Au cours des quatre dernières semaines (roughly, depuis mon emménagement à Paris), j’ai déconné. Mais vraiment (bis). J’ai un peu trop pratiqué la politique du laissez faire, laisser aller sur ma personne et mon boulot, jusqu’à terminer ce mois malade, seule et noyée sous les échéances – enfin d’après ma veine de migraine, toujours.

J’ai déconné, j’ai eu des contrariétés aussi. Plus ou moins pourvoyeuses de self esteem, d’ailleurs. Rien de grave, mais ça fait beaucoup de données à traiter sur peu de temps. Et FACT # 3728: plus tu essaies de te prouver que tu n’es pas désolé pour toi-même, plus ton corps se charge de te le rappeler.  Au point de me retrouver prisonnière de moi et de mes angoisses un dimanche à la campagne  à en faire des cauchemars de salle de classe que n’aurait pas reniés Tetsuo Shima.

Comme faute avouée n’est qu’à moitié pardonnée, il faut maintenant que je me rassemble. ERGO: je risque d’être en survival mode jusqu’à cette présentation que je fais à Mokum, courant mai – dire que je n’ai accepté de la faire que pour avoir le plaisir de glander sur Prinsengracht et dans le Jordaan.

A une époque, je faisais ça très bien. J’ai jadis rédigé un mémoire de 120 pages en 3 jours et 2 nuits – c’était pas entièrement de ma faute, j’avais pas pu être septembrisée (ceux qui ont cherché à être septembrisés comprendront). 18, le mémoire, alors le respect, la politesse. Rétrospectivement ça s’était correctement goupillé, hormis un ou deux évanouissements d’Esther en place de la Sorbonne  et un œil au beurre noir (auto-infligé en voulant brancher mon ordinateur, si, c’est possible)(ceci dit, je pense pas que ce soit pire que cette fois où, en révisions d’agreg, je me suis brûlé le visage au ski – j’ai un rapport extrêmement physique au boulot). Le problème avait surtout été la soutenance: mes profs avaient moyennement apprécié les aviator miroir dans des circonstances formelles. Hey don’t give a damn about my bad reputation.

J’aime mieux vous dire que samedi 14 mai, j’en connais une qui va se mettre minable à la mauvaise bière hollandaise. J’essaierai de pas faire ça sur Leidseplein ou Rembrandtplein, je reste une lady – une lady qui se mettra une charge à la Grolsch, mais une lady nonetheless.

Tout ça donc pour vous dire: on va y aller doucement prochainement, j’ai besoin de temps. Il vous faudra juste m’imaginer rivée sur cet ordinateur, gueulant comme une marginale sur fond de Courtney Love et de Joan Jett, parfois arpentant compulsivement le Parc Montsouris pour me donner l’illusion de m’oxygéner le cerveau. Il ne me manque qu’un cours de yoga correct pour arriver à me recentrer un peu (je suis même prête à jouer le jeu des ohm-bullshiz), et je suis à ça de me faire des shakers de blanc d’œuf le matin. #winning.

10 thoughts on “Paint it black

  1. Ce n’est pas du tout un post de whimpy attention whore… C’est ton blog. Il sert à ça. Tu extériorises et c’est la chose la plus cool à faire. Ca te fait du bien et ça fait du bien à ceux qui s’y retrouvent et même à ceux qui prennent plaisir à te lire – peu importe le sujet.
    En attendant la séance de 16 candles et Say anything et un pour de vrai, je te fais un *hug* virtuel ;)

  2. Oui je me suis posée la question aussi. J’ai fini par mettre un mdp dessus (ça et le fait que je commence à mettre le blog sur mon CV), mais ça fait du bien, ça permet de se libérer un peu, effectivement.

    • J’ai plus une politique “fais le ou ne le fais pas, il n’y a pas d’essai”, sur ça. Du coup, je publie ou je publie pas. Mais en général, j’aime pas trop trop me complaire dans les posts “cher journal” (enfin, j’aime plus ça depuis, disons, mi-2007)

    • Ah jsais pas, les protéines sont dans le blanc plutôt, il me semble. Le jaune, c’est juste pour le cholestérol et le bon goût (d’où ces tarés de ricains qui se font des omelettes de blancs d’œuf)

    • Ahah, oui, je connaissais, c’est un classique, mais là, c’est pas tant que j’ai besoin de mettre “off” mais plutôt d’électrochoquer intellectuellement :/

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