Grow up :eyeroll:

Depuis que mon organisme me signale chaque jour de manière un peu plus impactante que je dois à tout prix me dé-é-ééten-endre, je me suis mis en tête de ravaler la façade de ce gueux qui me sert de blog. Sachant que l’esprit du design internet ne m’habite pas vraiment, on pouvait s’attendre au pire. Dont acte, à commencer par cette bannière qui navigue entre le TLBM et le #FAIL (y compris en termes de has-beenitude). Et qui a tendance à me faire penser que la meilleure bannière en est finalement l’absence.

(syntaxiquement parlant, je me serais retiré des points pour avoir fait une phrase qui commence par une conjonction et qui n’a pas de proposition principale)

Au début, l’effet recherché était un wink-wink à Heathers

Je voulais rester dans la lignée gentiment rétro-autoréférencée de la précédente, avec son Duckie dont personne savait trop qui c’était.

Point is, ça a donné ça:

Photo prise en intérieur + philtre rétro-i’m-too-hipster-for-your-mother, on avait un gros risque Cherry Blossom Girl, me suis-je dit. Un truc pas trop tenable. Alors j’ai essayé de coller un peu plus à l’idéal chromatique saturé de Heathers et d’être plus dans l’épure. Effet subséquent, I’m so emo, bienvenue sur un blog American Apparel.

Intéressant, ce moment où tu essaies de véhiculer un certain nombre d’idées, mais leur réception pervertit l’intégralité de l’édifice que tu cherchais à bâtir. J’ai l’impression qu’en fait le rétro n’existe pas vraiment; ou plutôt, il existe à condition de bien tenir compte de ce que rétro = dialogue total entre cette décennie passée et le temps présent. Bref, je voulais faire une référence dorky, ça donne un blog mode.

Kinda not what I want.

Ca me contraindrait à ouvrir une section FAQ, où je détaillerais la référence de mon “APN”,  faudrait que je fasse des tuto-déodorant, que j’achète des sneakers à 8000 boules chez Isabel Marant, je serais contrainte de m’installer une alerte Fashion… Faut Pas! de peur qu’on dise du mal de moi – une descente aux Enfers que je ne veux pas entreprendre.

(je vous arrête tout de suite: marcher les pieds en dedans, je le fais déjà, hé malformation congénitale à démarche de mongolienne depuis toujours)

Brisons là.

Je ne voudrais pas être ramenée à ce très bref instant de ma vie où je ne m’assumais pas en raison d’un goût inavoué pour une presse ciblée “chagasse nubile”. Je ne pouvais consulter les StarClub et les OK Podium qu’à condition de ne pas me faire gauler par mon frère. Imaginez un peu la honte intergalactique que je me prenais à chaque fois (grandir dans une famille de gauche *LibéNouvelObs*, ça crée des trauma persistants). Une adolescence gâchée. A l’époque, j’étais encore sous le coup de ce jour où, quand j’ai acheté mon premier Club Dorothée Magazine, lui et mon père m’ont vannée pendant toute une “rando” dans les Pyrénées (plutôt une grande balade sur le Mont Canigou, mais je me suis cassée la gueule 3 ou 4 fois + j’y ai cassé mon premier appareil photo) – en revenant à notre gite, j’ai plus voulu en acheter (mais par la suite mon frère m’a forcé parce qu’il voulait quand-même le poster de Seiyar en chevalier d’or au milieu du canard – the irony). C’était petit, j’avais 7 ans, merde. Ceci dit, mon frère a ensuite été plus constructif en montant un commando particulièrement filou pour me défaire de mes achats de Star Club. Un beau jour, il m’a acheté Première en whatever-1995, Brad Pitt version Se7en faisait la pute sur la couverture – “tiens, y a des jolis garçons dans celui-ci aussi”.

Valeur affective de ce truc, mon frérot me faisait jamais de cadeau, je l’ai chéri comme la prunelle de mes yeux, ce numéro (il doit bien être religieusement conservé quelque part dans mes archives). Brad Pitt aidant, j’ai pris un abonnement à Première l’année suivante. No judging, j’avais 13 ans, et je venais de Star Club, je vous rappelle, c’était même plutôt pourvoyeur en street cred. Ca + une transition harmonieuse vers Ouï FM, j’étais enfin devenue l’adolescente dont il est acceptable de se souvenir.

Par bonheur pour tout le monde, j’ai eu assez de personnalité pour ne pas cesser d’acheter Picsou Magazine (que j’ai toujours préféré au Journal de Mickey).

31 thoughts on “Grow up :eyeroll:

  1. Tant que ta phrase qui commence par une conjonction et qui n’a pas de proposition principale est subordonnée avec le bon complément du second groupe, on est d’accord (auxiliairement parlant).

    • Auxiliairement parlant, peut-être – mais je me tue à dire à mes étudiants qu’une phrase doit toujours avoir un sujet et un verbe principal (sinon, ils se la jouent “licence litté-wtf”, l’angoisse)

    • Trop content de trouver des fans de Don Rosa, ce mec est culte!!!!! Dessin, humour, écriture… C’est marrant parce que je repensais il y a moins d’une semaine à la jeunesse de Picsou (je ne sais plus quel magazine US a ‘estimé’ la fortune de Picsou et a réalisé qu’il était moins riche que Bill Gates).
      J’ai encore 2 exemplaires de la Jeunesse de Picsou reliés chez mes parents, et j’avais trié tous mes Picsou magazines pour réunir toutes les histoires dessinées/écrites par ses soins (j’espère que je les ai encore).
      Honnêtement, cétait quand même hyper quali d’avoir des BDs de ce mec dans Picsou mag (certes bien supérieur au Journal de Mickey de notre enfance, mais assez illisibles une fois adultes – sauf Don Rosa!!!).
      A noter, les numéros vintage du Journal de Mickey pouvaient être assez barrés et étranges, rien à voir avec la merdre qu’on nous servait au début des années 90.

      • Je me demande si je l’avais pas fait, moi aussi, découper la jeunesse de picsou et les réunir dans un même classeur. Regarde où ça m’a mené, maintenant, je le confonds avec Carl Barks, c’te honte… Y avait de bonnes histoires dnas le mag, c’est juste ce qui était autour qui était pas terrib’, en effet. Rha, je pense que je vais aller m’acheter un Super Picsou Géant pour le style, là!

  2. En fait à propos de ce dialogue stylistique nécessaire entre décennies, je suis toujours frappé de voir à quel point LE “Retro” (qu’il relève de l’Histoire immédiate OU pas) peut se faire (paradoxalement) intemporel, exprimant justement tout le pouvoir d’évocation “nostalgico / fantasmatique” d’une époque donnée, sa capacité à irriguer la créativité stylistique contemporaine : le tout étant d’éviter l’écueil du déguisement, de la récupération esthétique purement artificielle (Fulgurante Parenthèse “Trendy Psychologie”) . . .
    ps: Mmh from “Star Club” to “Première” . . . jusqu’aux “Inrocks” (canal historique / pré-version actuelle recentrée / aseptisée) dans un crescendo “Hype-isant” ?
    à Bientôt, Antoine

    • Mon rétro à moi est 80s, par ailleurs, mais c’est pas faux ce que tu dis (si j’ai bien compris) – on labélise rétro ce qui joue sur la nostalgie, mais n’est pas forcément “accurate” sur la période qu’il est censé représenter. Finalement, ça en dit plus sur l’instant présent que sur le passé un peu trop fantasmé…
      Et non, pas jusqu’aux Inrocks, maintenant j’achète plus de magazines, pratiquement, sauf occasionnellement Grazia (mais beaucoup moins depuis que je suis plus en banlieue) et l’Histoire (me prenant à chaque fois un regard consterné de la part de mon buraliste, genre “mais QUI achète L’Histoire?”). Bon, c’est pas tout à fait honnête, ce que je dis, parce que quand j’habitais aux US, j’achetais Nylon (ça, niveau hype… hip, pardon)

      • Nylon Guys, c’est un peu le seul vrai magazine de mode hommes qui ne te donne pas de conseils ridicules sur comment nouer ta cravate, ou les dernières adresse pour acheter des espadrilles chics.
        (Je crois même qu’ils sont pro-Swatch violettes)
        Ma fashion-bible.

  3. J’ai ressenti en petit pincement en coeur en lisant ce post.
    J’étais abonné à Star Club (et le lisais aussi podium, Salut et Télé club plus) (Ma chambre était un sanctuaire de pisseuse avec tous ces posters de Brandon Walsh, Zack Morris et des Take That.) et aussi au journal de Spirou (et je piquais le super picsou à mon frère…l’odeur de ce truc c’est incroyable) ensuite il y’a eu Girls, Jeune et jolie et puis 20ans, rocksound et les Inrocks.
    Mes parents se sont pécho à un concert des Who et comme les tiens, lisaient la sainte trinité gauchiste: Libé, le nouvel obs et Telerama. Jamais eux ou mon grand frère (qui avec sa collection de dinosaures Hachette et ses NBA magazine, ne pouvait pas se le permettre) ne m’ont fait une seule remarque. Mais mon oncle oui. A 8ans, pas facile de savoir quoi répondre aux jugements personels d’un adulte sur nos centres d’intérêts. C’était bas comme tu l’as écrit.
    Mes parents m’ont toujours permis d’aimer ce que je voulais, d’avoir des lubies. A coté, je lisais beaucoup, était bonne en classe et puis il y’a un truc sur lequel il faut compter c’est que ton éducation te rattrape toujours.
    A 13 ans, j’étais passé au rock (et j’allais au concert des Smashing Pumpkings avec mon père), je commençais à me plonger dans libé et j’allais voir avec ma meilleur amie les films recommandés par Télérama (dur !). A partir de 15 ans j’étais devenue l’intégriste culturelle que mes amis connaissent. Mais tous ces trucs que j’ai ingurgité en étant môme, je ne l’ai ai jamais renié (aujourd’hui, j’appelle même ça de la culture G, huhu).. Une passion d’enfance n’a rien de honteux et le souvenir de mon père, me ramenant de la librairie le samedi matin, le nouveau Ok podium pour me faire plaisir, me marque tout autant, que les remarques de ton frère, à ton endroit.
    Excuses pour le roman, mais c’est un sujet qui me tient (trop)à cœur.

    Dernière chose, cette bannière inspiré de Heathers, je la trouve pas mal du tout. Je pense « 45 t de lio » ou « Punky Brewster ». Assumes un peu tes lubies, toi aussi, enfin! Quand on est aussi brillante que tu l’es, on ne devrait pas se prendre autant la tête à se demander « mais pour qui je vais passer », au contraire tu peux te permettre de faire bouger les lignes. Tu diras ça à ton frère de ma part, tient.

    • Ha sympa ce commentaire! Ecoute, ma chambre à moi était finalement pas trop honteuse, j’avais des affiches de ciné grandeur nature. Bon, Dirty Dancing d’un côté, mais Casino de l’autre, ça avait de la tronche – et puis 2-3 Star Wars, j’échappais assez au trop-plein Star Club finalement, parce que je m’y vautrais pas à 300%. Ceci dit, la blague, c’est qu’on s’est tous mutuellement brimés dans cette famille: j’ai toujours eu une aversion mutante pour Télérama, et j’ai réussi à remporter cette bataille pour qu’on l’achète plus, sur une argumentation “la télé est un loisir beauf, alors pourquoi prendre un magazine intello en guise de cache-sexe”. Un peu faiblard, mais sans doute une des premières batailles rhétoriques que j’ai remporté. Et j’ai imposé TéléStar, au grand dam du bon goût mondial (je devrais avoir honte – mais la réaction de mon frangin avait été priceless :) )
      Même mon père a renoncé, depuis (mais ça c’est à cause de TéléObs)

      Sinon, t’en fais pas, j’assume pleinement mes lubies ^^ – incoming: un poster de Nick Cage à 19 ans dans ma chambre – c’est juste que je veux qu’elles renvoient l’image de mes lubies, pas quelque chose qui ne correspond pas à ce que je voulais montrer…

  4. Je maintiens que la bannière est cool et le côté pop l’emporte largement. Après, peut-être que si tu t’étais fait une queue de cheval avec un chouchou, la référence aurait été encore plus marquée et surtout le décalage aurait été plus renforcé, compte tenu que le chouchou et la queue de cheval, c’es justement très dorky. Du coup, aucune référence possible à un blog mode. Et avec la typo Heathers par dessus, ça aurait eu vraiment de la gueule…

    Mais au final, avec bannière ou sans bannière, c’est ce que tu écris qui compte. Et là-dessus, tu n’as pas d’inquiétude à avoir… ;)

    • Merci d’y croire! Pour la typo, en fait, j’ai pas réussi à trouver, et celle qui s’en rapprochait le plus était MarkerFelt (qui s’est pris une vraie fin de non-recevoir genre “et pourquoi pas Comic sans MS pendant que tu y es???” – mérité. Mais qui rappelle un peu au fait que rétro ne fait aps l’économie du présent (MarkerFelt IS ringard). Bref, mais tu m’as réglé mon problème. Pour le chouchou, on a essayé avec et sans (ma pote a été très patiente, ahah!) mais ça rendait mieux sans. Mmmh, j’ai le doute maintenant. Merci en tous cas ^^

  5. Je n’achetais pas Dorothée Mag parce que je n’avais pas trop d’argent de poche mais je connais encore par coeur Un amour de vacances et je rêvais d’être Lola du Miel et les abeilles. Je lisais télérama et le Nouvel Obs en 6eme et aussi Minnie Mag ( Nan mais y avait des tutos pour faire des bracelets bréziliens !) Pour la police Heather, ça ressemble beaucoup à la police Bewitched ( soit celle de Madame est servie) et je plussoie sur tout ce que dis Katle Blush à propos de la ban. Certes ça fait girlie, mais si t’as envie d’avoir un look Heather, fais le. J’ai eu une ban très Princesse/Sofia Coppola à un moment… Alors voilà quoi, je connais le côté obscure de la force !

    • En fait j’ai été injuste avec le Journal de Mickey: j’achetais toujours le numéro estival avec la petite malette de jeux à monter soi-même <3
      Pour la police, Michael a réglé le problème, ce serait la police Honey, visiblement. Je vais m'occuper de ça!

  6. ouais je pense que tu peux encore travailler la photo (surtout les couleurs. A mon avis c’est le blanc qui empêche de faire vraiment rétro années 80, faut assombrir) et trouver une typo moins ronde, mais t’es sur la voie ! Parole de graphiste amatrice (à l’instant même je travaille sur une affiche pour le prochain meeting de la section PS de ma fac, beh oui), c’est pas facile de maîtriser l’Art de l’image. Ca s’apprend, même que. Dans des écoles et tout.
    Au niveau de la pose aussi, tu montres ta nuque genre “chui belle hain?” (on répond oui mais si j’ai bien compris c’était pas ton intention première de faire penser ça) alors que dans l’image d’Heathers elle se fait une queue de cheval. C’est pas pareil tout de même !
    Bref. Si j’étais prof en école d’art plastiques je te dirais : bon c’est bien, y a de l’idée là, faut aller au bout ! Mais bon faut recommencer du début, hein parce que c’est pas encore tout à fait ça. Allez, courage !!
    (hin hin hin. Naastyyyyyyyyyyyyyy)

    • Après, c’est “à la manière de”, pas de la reproduction complètement littérale. Le blanc correspond pas à l’image d’origine – en même temps, dans l’image d’origine, c’est une jolie pelouse de jardin bourgeois où Heather Chandler joue au croquet (j’ai beau avoir un chateau de 41m2, pas de terrain de croquet à domicile). Pour la nuque, l’objection est valide, c’est en fait un peu pour ça que j’ai dégagé la bannière, ça faisait un peu trop “téma je suis glam-chic”, c’est clairement pas pour ça que je l’ai faite. Mais je vais pas refaire une série de photos, je vais en rester là: c’est juste que la bannière sera en pied de page et pas en header (azy c’est original) ^^

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