Good boys, bad guys

J’ai toujours eu de la compassion pour les resident assholes.

Qu’est-ce que ça doit être, de se promener dans la rue avec des regards noirs d’inconnus sur soi, parce que tout simplement, on a joué un bully dans un film familial ou qu’on a “tué Mozart” dans Amadeus (écopant du rôle de traitre visquin dans Last Action Hero – visquin = vicieux + mesquin, mais je suppose que vous le saviez), et que forcément, ça veut dire que vous êtes du genre à trousser des femmes de chambre aussi dans la vraie vie. Le typecasting crée de ces injustices. Un petit minet belle-gueule pourra être un connard fini dans la vraie vie, il sera toujours vu avec les yeux de l’amour. Une armoire à glace sera toujours vue avec les yeux du mépris et de la douleur.

C’est certainement pour cette raison que je fais partie des rares fans de William Zabka sur Facebook, et pas seulement parce qu’il m’a procuré mon tout premier moment de “breaking the 4th wall” sur Twitter il y a quelques jours en me retweetant et en me répondant – j’ai gloussé. Oh, et m’engrainez pas sur “comment tu sais que c’est lui?”, je suis chercheuse, stalking is what I do for a living (à ceci près que je stalke généralement des gens morts depuis 300 ans).

Will Zabka, c’est ce type qui jouait la némésis du Karate Kid dans le film de 1984. Un acteur de 8e zone. Qui n’a jamais fait de carrière significative. Grand, blond, riche, musclé, méchant, son personnage de Johnny Lawrence rétablissait un peu un équilibre des pouvoirs : c’est ce genre de moments où le cinéma crée un épouvantail de perfection pour lui assigner un défaut majeur (globalement, ça peut aller de sentir mauvais de la bouche à être néo-nazi) et signaler au vaste monde que *ahah* tout n’est pas perdu pour nous autres pauvres mortels un peu quelconques. C’est un peu le syndrome James Marsden. James Marsden n’est pas blond, mais il a franchement une gueule à avoir été enfanté par KenTM et Heidi Montag post-chirurgie, du côté de Gattaca.

Ainsi, immanquablement, en bon mec-trop-beau-pour-être-vrai, un type comme James Marsden est cantonné aux rôles de second best dans le cinéma populaire (quitte à être franchement ignoré par le cinéma non-popcorn), neutralisant ainsi toute possibilité, même lointaine, de sex-appeal : dans Notebook, il se fait voler la jolie fille par le gars souffreteux, dans X-Men, il se fait voler la jolie fille par le gars plus velu & bourrin (voire il se fait voler l’intérêt de son personnage si j’ai bien compris), dans Superman Returns…, okay, c’est pas sa faute, l’autre mec est un superhéros après tout…, dans Enchanted, alors qu’il est le freaking prince charmant, il se fait voler la jolie fille, par un type de 20 ans de plus qui a le nez de travers. Bad karma is bad : en une carrière, James Marsden s’est fait gauler Rachel McAdams, Amy Adams, Famke Janssen, Kate Bosworth, mais aura réussi malgré tout à scorer… Katherine Heigl. Very bad indeed.

William Zabka, c’est donc Johnny Lawrence dans The Karate Kid, il en fait tellement voir à Ralph Macchio qu’il est un peu devenu le paradigme de vrai connard de cinéma (cité dans Social Network pas plus tard que cet hiver). Il a eu un peu le même rôle dans Just One of the Guys : non content de persécuter les plus faibles et plus jeunes que lui et d’être homophobe, il s’en prenait à une femme. Oh, et puis il a un peu le même rôle dans Back to School. Résultat, le bonhomme s’est reconverti dans la production de clips country, sans doute pour ne plus être étiqueté « grand blond germanique qui traumatise des fils d’immigrés italiens ».

Ca m’a toujours mise mal à l’aise. Penser que ces types sont sans doute d’authentiques chics types par ailleurs. Est-ce lié au fait d’avoir un père dont le prénom de méchant Disney (genre dans, hum, Aladdin) m’a valu une paire de vannes nazes toute ma jeunesse? Quoi qu’il en soit, j’ai une réelle empathie pour ce William Zabka que j’ai tendance à imaginer comme un mec foncièrement sympathique, injustement regardé de travers. Un peu comme on se doit d’avoir de l’empathie pour Daniel Larusso au cinéma, on se doit, dans la vraie vie de préférer William Zabka à Ralph Macchio. (du moins en théorie)

Donc voilà, messieurs, voilà pourquoi les filles préfèrent souvent les connards, selon le cliché über-galvaudé: il y a toujours une chance que l’image du connard soit le résultat d’un typecasting un peu rude, et alors même que le cinéma cherche à rééquilibrer la réalité, pourquoi ne chercherions-nous pas à, nous-mêmes, faire justice à ce que le cinéma a perverti? Dans le doute.

Avoir parlé d’équilibre des pouvoirs m’a bien évidemment ramenée à mon craving de la semaine, à savoir une mappemonde. Chronologiquement, mes exigences sont assez simples: celle-ci doit être post-colonialiste, mais pré-Miss Sarajevo (vous savez, ce duo absurde entre Bono et Pavarotti??). Affaire à suivre.

20 thoughts on “Good boys, bad guys

  1. Me too, trop forte ;) Bon la facilité d’écriture était un indice, le mélange amour de la mode+Normale, brune avec de grands yeux, aussi… Mais ton prénom n’est pas dans Aladdin; plutôt B. de St-Pierre? J’aime bien ton blog, outre qu’on semble avoir qq points en commun.

    • Inneresting: mon cv et ma façon d’ecrire indiquent le nom de mon papa??
      Mais sinon, oui, j’ai le même prénom qu’un personnage du monde de monsieur Fred (une émission culturelle) ^^

    • Proche, proche, c’etait une source de blagues mais c’est tout. C’est toujours une homonymie plus facile à assumer que Marguerite la chaussette qui pue qui parle. ^^

    • Le mec qui joue Biff Tanen est de toutes façons à l’origine d’un des moments séritélé les plus touchants que je connaisse, donc je suis convaincue dès le départ!! (dans Freaks & Geeks, quand il donne un cours d’éducation sexuelle à Sam)

      • ah cest biff tanen dans freaks and geeks. Je ne savais pas. C’est vrai que c’est un moment bien entre Sam et le prof de Gym. Un moment filme differemment du reste de la serie d’ailleurs, derriere une vitre (on entend rien de ce qui se dit on voit faire des gestes et se marrer). Il y a un effet de douce pudeur qui est vachement bien.

        • Ouais, la pudeur est très finement amenée, et la tendresse du truc, alors qu’on sait qu’ils parlent de pornographie, au départ. Cette scène me vend Apatow à vie.

    • Son rôle dans Freaks and Geeks est super (pas que pour cette scène, d’ailleurs). Le pauvre a dû souffrir, si ça se trouve, on lui balançait du fumier à la gueule :o

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