If You See Her Say Hello

Oooh, woulda coulda shoulda

Vous devez sans doute savoir que je suis la pire convalescente du monde. Si vous ne le savez pas, vous vous en doutez.

La dernière fois que j’ai fait un dérèglement hormonal, j’ai quand-même cru que j’avais chopé une blenno-à-la-piscine (et je viens donc de perdre tout mon lectorat masculin: so long, mates). J’aimerais tellement que ce ne soit pas une #truestory, malheureusement, j’ai des témoins et récemment, j’ai récidivé en me fantasmant une mort foudroyante de phlébite parce que je m’étais fait un bleu à la cuisse… then again, je me retrouve “à mobilité réduite” pour plusieurs semaines parce que je me suis trop promenée en ville, “à partir de là, je crois que bon”, comme dit l’artiste.

Marcher dans une ville comme Paris, c’est, comme pour New York d’ailleurs, une façon de faire un pied de nez à tous les poncifs qu’on entend au sujet des grandes villes. Ces poncifs de l’homme pressé, de l’immensité qui dilue l’espace dans des interconnexions déshumanisées de métro. C’est faux quand on marche. Quand on marche, on se réapproprie l’espace, on l’apprivoise et on l’apprécie – et non, non, et non, le Vélib ne permet pas ça. Oh bien sûr, il faut du temps. Il se trouve que je l’ai. Je voulais tout faire à pieds. Prendre le temps, car je l’ai, en voilà une riche idée. Malheureusement, il faut aussi de bonnes chaussures, et le piège de Paris s’est refermé sur moi (vous savez, ce piège qui vous pousse à marcher en Repetto ou en espadrilles achetées chez le chinois de la rue de Tolbiac?) Insolente ironie, mon genou a cessé le combat quand je descendais le Boulevard de l’Hôpital. Depuis, je ne prends toujours pas le métro, mais pas pour les mêmes raisons.

Au cours de ce mois d’août passé à Paris, je voulais donc vous proposer un éloge de la marche en ville, si possible en vers, et rythmé. C’est un brin galvaudé, d’aucuns l’auraient pris ça pour un indie jmelapétage odieux, et pourtant. Pourtant, c’était on the verge of amazingness, vous savez. Ca aurait ressemblé à quelque chose comme: “Dans la ville et ses pièges, ce sont mes privilèges, je suis riche de ça, mais ça ne s’achète pas” (c’est une ébauche, c’est perfectible), j’aurais développé les thèmes de l’oubli de soi pendant la marche, combiné à une expérience urbaine ultime, d’actrice et de spectatrice du monde de la rue. La pudeur, sans doute, ou autre chose, m’en aura empêchée.

17 thoughts on “If You See Her Say Hello

    • Ca me fait plaisir! J’avais encore beaucoup de méditations à faire à ce sujet, mais maintenant, la seule conclusion que j’en tire, c’est: trop marcher peut faire tripler un genou :(

    • Pauvre Jean-Jacques Goldman!!!
      Pour le tumblr, je suis sûre que tu dois trouver ça quelque part – au moins un tumblr général sur les trucs du métro parisien.

  1. “l’oubli de soi pendant la marche, combiné à une expérience urbaine ultime, d’actrice et de spectatrice du monde de la rue.”
    Non mais c’est tout à fait ça. J’adore marcher dans Berlin. Surtout lorsqu’il fait noir (Berlin est hyper sûre comme ville). Par contre, j’aime aussi le vélo, car ça m’offre le même type d’expérience lorsque, justement, je n’ai pas trop de temps à prendre.
    Je dois d’ailleurs légèrement avoir l’air d’une ahurie béate quand je me promène seule, j’aime regarder partout, surtout vers les toits, je m’arrête parfois. Berlin est GRANDE ; on fait vite des kilomètres aussi. Mais parfois je me le permets, pour pimenter ma journée je dois dire (si si, mon quotidien est exaltant).

    • Je confirme l’air d’abrutie béate, mon souci, c’est que marcher ne me rend pas plus observatrice des gens – on marche pour être seul, quoi (enfin dans mon cas). Je regarde plus facilement les bâtiments, les lieux, mais de toutes façons en rêvassant – j’ai déjà dû me payer un poteau… Et les km sont vite faits: quand je me suis ruiné la jambe, là, j’ai compté que j’avais marché un minimum de 12 km en une demie-journée avec des chaussures nulles, ceci expliquant cela :-/

      • … pour être seul, tout à fait. Je sors pour m’offrir un petit moment d’introspection (est-ce paradoxal ? Je ne pense pas), et observer plus les choses que les gens, ça va de soi.
        Mais 12 km, pfiou, chapeau.

  2. Est-ce que dans le prochain billet on aura un éloge du bus à Paris ? Le suspense de savoir si l’arrêt aura un écran avec le temps d’attente, les improbables bus qui ne passent que toutes les 1/2h, les colonies de pépés et de mémés qui doivent se donner rendez-vous dans le 47 de 15h39 du samedi (il n’y a pas d’autre explication possible), les poussettes, les invalides, etc. Non ?

    • J’ai une amie qui serait parfaite pour l’éloge du bus à Paris. Non, moi, prochainement, je ferai plus probablement un éloge de la vie de quartier sans métro, sans transports, ni rien :/

      • Je suis l’amie en question.
        Oui, de ceux qui soient extatiques quand ils découvrent un nouveau bus au trajet inconnu ; qui commencent à connaître dans les quartiers fréquentés les mérites comparés des différents bus (rapidité, fréquence, monde, beauté des vues et quartiers traversés, couloirs de bus, voire présence ou non d’un accordéon) et peuvent parfois opter pour un trajet plus long mais plus excitant ; qui marchent 30 mn pour aller prendre un bus qui amène direct (n’est-ce pas) au point visé ; qui osent la double correspondance en bus ; qui sont heureux d’avoir rendez-vous à un endroit où le bus amène exactement (les choses rares ont un prix).
        Je ne parle même pas de la foule de choses qui se passent dans le bus par rapport au métro ni des conversations absurdes qu’on y entend.
        Je me demande même si ce ne sont pas d’autres gens qui prennent le bus (que ceux qui prennent le métro).

        Bon c’est vrai que rapidement on sent que tout le monde ne partage pas cette excitation. D’ailleurs pas plus tard que tout à l’heure, une autre amie à qui je disais mon envie de pouvoir dire un jour que j’ai pris tous les bus de Paris (excitation) a sarcastiquement gloussé. Pfff.

  3. C’est le programme que je me suis fixé, mais dit comme tu l’as fait, c’est encore plus tentant (la marche, pas les conséquences de la marche).
    Et “on the verge of amazingness” + JJG = Bravo

  4. Pingback: On Bended Knee | Virgoblog

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