Anthems.

Vu Young Adult.

Je ne suis toujours pas sûre d’aimer ou pas ce film – mais j’en ai quand-même fait une critique bourrée de spoilers et d’anglicismes.

"I didn't want to hurt you, ooooh yeaaaah !"

.

En revanche, je sais pour sûr que The Concept, de Teenage Fanclub (la chanson choisie par Diablo Cody pour porter son scénario) est relativement proche de la perfection.

She wears denim wherever she goes
Says she don’t do drugs but she does the pill…
Says she likes my hair ’cause it’s down my back
Says she likes the group ’cause we pull in the slack…

Le jean, la pilule, les cheveux longs (mais pas gras dans le milieu rock écossais, on dirait)… Une chanson qui finalement, dans le film, résonne moins comme celle d’une ancienne flamme, que comme le témoignage d’une époque révolue, esquissant par petites touches le portrait de la jeunesse des années 90.

Mais la vraie chanson qui a capté le zeitgeist de la génération grunge, c’est bien entendu celle qui a pour titre un déodorant cheap de supermarché (le teen spirit, voyons). Funfact étonnant, en 1991, SPIN a préféré décerner le titre d’album de l’année à Bandwagonesque de Teenage Fanclub plutôt qu’à Nevermind de Nirvana. Mais comme Kurt Cobain avait l’air plus vénère, Smells Like Teen Spirit a totalement occulté tout le reste comme hymne d’une génération.

Il y a les chansons générationnelles, celles qui définissent une époque. Nirvana frappait hic et nunc, touchant une génération qui, il y a vingt ans, voulait regarder devant elle sans trop y parvenir. Mais quid des chansons qui permettent un regard rétrospectif sur sa jeunesse ?

Moins énervé, plus douceureux, plus mélancolique, you do the maths : The Concept des Teenage Fanclub a tout d’un hymne hipster tout désigné. Celui d’une génération qui regarde en arrière avec un sourire ému, qui a canalisé sa colère, depuis le temps.

Un détail ne cesse de m’amuser : comment Diablo Cody a-t-elle déterré et rendu justice à ce bijou avant Cameron Crowe ?

11 thoughts on “Anthems.

  1. Je suis allé voir Young Adult en m’attendant à une comédie également.
    Pendant tout le film, j’ai espéré que la fin ne soit pas toute niaise (c’était quand même bien parti pour).
    Plutôt content que ce ne soit pas le cas.

    Mais je pense que ce que j’ai préféré, c’est quand même le générique d’entrée. Les plans sur le lecteur cassettes, c’était trop nostalgie de malade (+ la chanson choisie, on est d’accord).

    • Ouais, c’était cool, et tout, masi dans le fond, c’est quand-même tellement des effets de manchette déjà vus que ça fait craindre la posture creuse. J’ai aimé la fin parce qu’elle signale à quel point la scénariste a investi d’elle-même, et que c’est pas juste un objet léché de hipster misanthrope…

  2. C’est marrant, la chanson de Teenage Fanclub je l’ai plus vue comme une grosse blague, comme pour celle de 4 non blondes (dans le genre mauvais goût assumé -“t’façon on s’en fout on était ados”, pas pour Mavis, plus pour Diablo Cody).

    • Je crois pas que Teenage Fanclub ou 4 non Blondes aient été utilisées pour une “blague”, je crois que ce sont des chansons qu’aiment vraiment Diablo Cody et Reitman. Bien sûr, il y a un côté daté, et ça vise à susciter la nostalgie, mais je pense pas qu’il y a une question de “mauvais goût” en jeu, en fait, juste que la chanson appartient tellement à une époque que l’écouter la fait ressurgir…

      • Ouai… Sur le moment, j’ai trouvé ça comique, les paroles et la musique un peu trop clichés (je pensais réellement que la chanson avait été crée pour le film, du coup j’ai trouvé ça encore plus drôle et bien vu, j’ai pas fait le rapport avec Teenage Fanclub), j’ai vraiment tout vécu au second degré (toujours en pensant à Diablo Cody, Mavis le vit ce moment, y’a pas de doutes). Et puis il m’a semblé que le girls band de Beth la reprenait en mode foutage de gueule aussi. Comme quoi, j’dois me faire une image complètement fausse de Diablo Cody :)

  3. Je suis pas sûr que Cameron Crowe ait été un grand fan de Teenage Fanclub. Je les ai jamais vu dans les nombreux tops/mixtape qu’il a publié toutes ces années. En plus, au début des années 90, il est ultra focalisé sur Seattle, Pearl Jam, Soundgarden etc. La power pop de TF, je suis pas sûr que ca n’ait jamais été son truc en fait.

    Perso, Teenage Fanclub, c’est Nick Hornby qui me les a fait découvrir (1er chapitre de 31 songs) !^^

    • Héhé, cette dernière phrase t’était (un peu) destinée^^
      Effectivement, ça a un côté clairement Hornby (en même temps, c’est britannique). Mais curieusement, vu son penchant pour les Peter Gabriel et consorts, à côté de son ancrage grunge, je l’aurais bien vu powerpop, justement… You’re the expert! :)

  4. Puisqu’on en est là, je l’avais découverte via un bouquin de Chuck Klosterman. Faudrait que je retrouve ce qu’il en disait, mais j’ai pas eu la main sur mon exemplaire de Sex Drugs & Cocoa Puffs depuis que j’ai vu le film (je suis à peu près sûre que c’était dans celui ci). Mais bon, je suis retombée sous le charme grâce à Young Adult, et elle colle parfaitemen au film indeed :)

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