Let the Reason Be Love.

La Cérémonie de Clôture des JO était peut-être conçue comme une rétrospective de la musique britannique sur 50 ans, pour moi, c’était surtout une déferlante des années lycée dans mon salon, entre les hits de l’époque, et la culture musicale qu’essayaient de m’inculquer mes ainés. Surtout quand le clou du spectacle était incarné par les Spice ‘canonnissimes’ Girls.

♥♥♥♥♥

Ca doit d’ailleurs être par nostalgie qu’en chemin, je me suis trouvée si peinée de voir la vague de hate à l’endroit de Take That sous prétexte que c’est mollasson – pour rappel : les quatre vieux beaux qui ont chanté un Rule the World super emo pendant que la flamme olympique s’éteignait.

Les gus sont quadra, mariés-deux-enfants ; se caresser le six-pack sur fond de boîte à rythme n’est plus vraiment relevant (mais l’ont fait, comme expliqué dans ce post). Pourtant, il y avait quelque chose d’indéniablement émouvant à les voir, tant ils représentent pour moi, et je le dis sans fausse complaisance, un pilier de la pop culture britonne depuis les années 90. Les balades molles de Take That viennent après 20 ans de drama pur, de sexe et de drogue, et racontent une histoire vraiment touchante. Celle d’une poignée d’adolescents pimpés à mort pour faire la tournée des clubs pédé de Manchester se retrouvant en un rien de temps au top, et surtout celle d’un gamin de 16 ans qui a passé sa vie à chercher à se faire aimer sans jamais trouver satisfaction (Robbie Williams, donc, qui a été viré du groupe en 1995, renvoyé par un manager qui ne le supportait pas). Naturellement, c’est un des tropes classiques de la pop, voire la même histoire depuis les Beatles, dès qu’un groupe connaît un succès trop fulgurant accompagné de drogues dures et de threesomes avec des groupies anonymes and so on so forth. Pourtant, Take That avait cette particularité d’avoir bâti tout un édifice sur leur image de teen heartthrobs proprets, ce qui donne une saveur certaines à leurs tubes prémâchés et censément sans saveur. Entendre Robbie être lead sur la reprise de Could It Be Magic, puis reperdre ce spot au profit de Gary Barlow dans Pray, mesurer le drame que ça a pu représenter pour un môme de même pas 20 ans, repenser à la façon dont, en 1998, recevant un BAFTA pour Angels, Robbie a envoyé chier le monde en disant “Voyez, ça a toujours été moi, le talentueux de la bande”, écouter Come Undone, un titre chargé d’une amertume intacte près de 15 ans plus tard, c’est un peu revivre en clips sucrés ce que beaucoup de films on tenté de mettre en scène avec les couleurs rétro des sixties. Fallait pas chercher si loin. Le truc en plus de Take That, selon moi, courtesy of le légendaire sens de la putasserie britannique, c’est leur façon de regarder ce passé avec un humour certain, et de donner une conclusion à cette banale histoire de grandeur et décadence. Ergo, il y a deux ans, un duo entre Robbie Williams et Gary Barlow, Shame, qu’on aurait jamais imaginé entendre tant les deux se détestaient farouchement, un duo imprégné de mélancolie, voire de vieillesse. Alors certes, si John Lennon avait vécu assez vieux et qu’on ait la chance d’entendre un duo entre John et Paul, ça aurait peut-être eu plus de gueule. Mais Robbie et Gaz compensent le génie par l’humour, en chargeant leur chanson d’un sous-texte ultra-fag, d’un clip très Brokeback Mountain, qui constitue au passage un formidable pied de nez à leurs débuts cuirs & chaines dans les clubs virils mancuniens. Les balades molles de Take That vous emmerdent peut-être, mais pour moi, outre le fait que Gary Barlow est un songwriter assez brillant, elles racontent la fin d’une histoire dont on a trop souvent entendu le début sans voir ce qui se passe après.

Alors forcément, j’ai fait une playlist. J’ai beau avoir voulu jouer le jeu “boybands/girlgroups” en commençant avec les New Kids on the Block, vu ce qui précède, vous vous doutez que ça avait des relents très “Take That: a History“. J’ai rectifié le tir à grands renforts de Backstreet Boys, East 17, girl power et plein de trucs sucrés tout plein venus tout droit des hit parades de nos années collège et lycée, toutes ces chansons qu’on jurait détester devant les copains alors qu’on vouait un culte à l’Homme Pressé de Noir Désir, mais qu’on écoutait quand-même beaucoup en cachette, ô années 90 des premiers amours.

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Histoire d’avoir pas bossé pour rien, je l’ai fait en format Spotify et Youtube, vous n’avez aucune excuse :

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Nécessairement, ça dure un peu 4h30 (alors que c’est loin d’être exhaustif). En chemin, plusieurs réflexions me sont apparues.

– bien que ne l’ayant pas strictement classée chronologiquement (c’est délibéré), je trouve marrant d’entendre une nette évolution New Jack / Eurodance / Pop US autotunée / temps des drames personnels, des ruptures de contrat, des tentatives de comeback. Notez que, par goût personnel, j’ai sélectionné ce que je trouve toujours assez chouette rétrospectivement. Nécessairement, ça exclut absolument tous les boybands français de shit + Worlds Apart (qui de toutes façons, ressemblait à s’y méprendre à un boyband français)

– j’ai été frappée également par le nombre d’appels du pied à d’anciens succès, qu’il s’agisse de covers plus ou moins heureuses, mais aussi de clips reprenant des trames de films à succès, ou encore de featurings de l’improbable (Claudia Schiffer dans un clip, Michael Jackson dans une chanson)… La pop culture totale, en somme.

– à noter que les Boyzone sont de véritables Debbie Downer de la pop britannique. À chaque fois que j’ai tenté de caler un de leurs titres, ça a créé un tunnel de slows-tabouret dans ma playlist. Sauf peut-être si j’avais mis Picture of You, mais je l’aime pas, hence your argument is invalid.

– le plaisir à réécouter East 17, nom d’un chien !

– assez étonnamment, si j’arrive à concevoir TLC et même En Vogue comme des girlgroups, je n’arrive pas du tout à classer les Destiny’s Child dans cette case, tellement je trouve que Beyoncé échappe à toute classification. Go figure, même moi, ça me dépasse.

– sapristi, si en plus vous saviez le nombre de conversations d’avant le cours d’Histoire-Géo qui me sont revenues au passage – Gwen qui me disait quel était son 3T preféré ; la prof d’anglais qui vendait son âme en nous vendant Father & Son comme une chanson des Boyzone pour éveiller notre intérêt ; ce numéro de Star Club retraçant la dernière tournée des Take That ; les aprèm d’août, désœuvrée chez mon père, dans le fin-fond des Yvelines, à zapper compulsivement sur les chaînes musicales, à l’époque où MTV diffusait encore des clips ; les mouvements de air Spice Girl dans les couloirs du lycée, quand on lançait un grand kick pour faire comme Mel C…

Re-♥♥♥♥♥ !

Gotta love ’em!

15 thoughts on “Let the Reason Be Love.

  1. Ce sont plein de souvenirs, je me souviens que je guettais la diffusion du clip “Everyboby” des BSB car je l’aimais trop ;) & je me rappelle aussi que ma petite soeur (de 6ans ma cadette, elle est née en 1986) était fan des Spice Girls …

  2. Big up pour Motownphilly !!! (c’était loin d’être une chanson évidente des Boyz II Men de ce côté de l’Atlantique)

    Et aussi pour “Sauf peut-être si j’avais mis Picture of You, mais je l’aime pas, hence your argument is invalid.” Ca avait fini par m’énerver tous ces commentaires sur le fait de ne pas avoir mis Picture of You dans mon top des meilleures chansons de boys bands des 90’s. J’aime pas cette chanson.

    Et aussi pour East 17 !! Parce que j’adore East 17 !

    • Je crois que Motownphilly est ma chanson préférée des Boyz II Men, je l’ai découverte sur le tard, genre en 2006, c’était une claque ! Et East 17, bon sang, j’avais complètement occulté (outre It’s Alright) littéralement depuis le collège.

      On a sidenote, je suis retournée voir ton top, et c’est marrant, quelques mois plus tard de me rendre compte qu’inconsciemment, on en vient aux mêmes chansons pour des raisons très similaires ^^

  3. Joli boulot, je regrette juste l’absence de quotats français :p
    On avait du level, entre Organiz (qui chantait anglais, ok) et Alliance Ethnik… non?

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