I don’t know if you know that I know, but I know.

Sur fond de Beastie Boys.

La bourde la plus récente de Sarah Palin a le don de provoquer en moi une jouissance assez difficilement explicable. Depuis 2008, Palin est allée chaque jour un peu plus loin dans la décrédibilisation intellectuelle de sa personne – ce qui en soi n’est pas bien grave, n’était le fait qu’elle aurait pu devenir VP de la première puissance mondiale, et qu’un certain nombre de ses compatriotes la trouvent crédible. Son plus récent faux pas est d’avoir bulshitté 2-3 énormités sur Paul Revere.

Paul Revere, que personne n’est censé connaître en France, est une légende de la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Le night rider, un son of liberty bostonien qui aurait averti les troupes révolutionnaires de l’avancée des Britanniques, jouant ainsi un rôle crucial dans la bataille de Lexington (elle-même une bataille décisive dans la Guerre d’Indépendance, pour la semaine prochaine, révisez les chapitres 7 et 8 de votre manuel). Subséquemment, l’homme a un poème, une statue, plusieurs villes nommées d’après lui, et on peut visiter sa maison à Boston dans le North End (assez nul, mais il y a un joli arbre sur North Square). C’est son histoire qu’on raconte aux gamins pendant les jours importants de l’année (Thanksgiving, le 4 juillet, etc.). Paul Revere et sa chevauchée de minuit sont des pierres de touche de la légende révolutionnaire et du patriotisme stars & stripes.

Forcément, quand l’une des figures de proue du Tea Party, la frange réac ultra-nationaliste du pays, se plante en racontant l’histoire du garçon, c’est plutôt marrant. Dans sa version des faits, Revere est arrivé à Lexington au son des clochettes pour avertir les Anglais et non les Patriotes. En stratégie révolutionnaire, elle en fait donc un traitre à la nouvelle nation et en stratégie nationaliste, elle vient d’en flinguer le panthéon à grands coups de rifle sponsorisé par Charlton Heston may his soul rest in peace. C’est cohérent aussi, venant de quelqu’un qui avait défini sa politique étrangère en termes de “I can see Russia from my home“. Là où ça commence à devenir préoccupant, c’est quand l’imposture mêlée à l’influence deviennent savoir.

Non contente d’avoir gaffé, Sarah Palin creuse sa tombe pour expliquer que, d’un certain point de vue, elle disait la vérité et qu’elle connaît son histoire américaine. Et son camp a commencé à éditer la page Wikipedia de Paul Revere, donnant lieu à une bataille d’ergotages et de premier/second degré qui constitue un cas d’école sur les limites de la webencyclopédie. En gros, le principe appliqué est le même que pour le créationnisme dans les Etats les plus bigots. Vous voyez ce que je veux dire, dans ces États, on enseigne la Création et l’Évolution comme deux théories concurrentes également valables pour comprendre les origines de l’humanité. Sur Wikipedia, on s’est mis à éditer, forcément sur le mode de l’ironie, mais pas seulement, l’histoire de Paul Revere en invoquant la notion de “théories concurrentes formulées par une figure politique majeure du pays”. Évidemment c’est drôle, et ironique et la presse politique se touche de bonheur. Mais avec le recul, si jamais ces éditions, mêlées à la supposée neutralité et à l’anonymité de Wikipedia venaient à rester quand l’anecdote sera oubliée, ça ferait de Sarah Palin une théoricienne du passé révolutionnaire américain. Ça suffit à me réveiller au beau milieu de la nuit, le front en sueur.

Vous voyez, quand je dis qu’il y a pas de vérité historique, que des discours, mes étudiants se moquent de moi. Ils devraient pas.

Mindfuck all the way.

Eastbound – le post qui va faire exploser ton budget DVD

Avez-vous remarqué comment on grandit en Amérique hollywoodienne? En fait, grandir à Hollywoodland, c’est aller d’Ouest en Est, selon un cheminement inverse à celui de l’Histoire de ce pays (d’aucuns diront que c’est très fantaisiste tout ça).

Car oui, le quartier de Goondock, c’est à Astoria, dans l’Oregon (le jour où j’ai dit à Clément que je soupçonnais Portland d’être un Williamsburg GEANT, il a eu des étoiles dans les yeux).

Et les extra-terrestres ont eu la furieusement bonne idée de se poser en Californie (en fait peut-être pas – mais ça aurait pu) dans un Ouest ensoleillé (où trouver des gamins sympathiques et blagueurs, vanneurs et buveurs de coca, sinon?).

Deux endroits propices aux courses à vélo. Bref, quand on est enfant, il fait bon s’amuser sur la côte Pacifique/dans l’Ouest. Continue reading

O tempora, o mores…

Fragments d’un discours amoureux, 1663.
Eprouvé par la jeune Elizabeth Holmes, 19 ans, de la part de Thomas Langhorn, 46 ans, à Cambridge, Massachusetts.

Il m’a dit qu’en général il couchait avec sa femme trois ou quatre fois dans la nuit et que quand il avait fini, il était aussi  mou qu’un chiffon, et que ça prenait deux heures pour qu’il se remplisse, et qu’il y avait des veines en son arrière-train, que la semence se vidait de veine en veine jusqu’à ce que son membre soit de nouveau plein, aussi que son membre entrait jusqu’à trois mains (30 cm en gros, ndlw) dans le corps de sa femme, et il prit un bâton pour mesure et me le montra devenant plus gros et plus long en le besognant. Il me dit aussi qu’il m’apprendrait comment coucher avec mon époux que ça ne me ferait pas mal et que je devais relever mes jambes, et il me dit qu’il avait ainsi enseigné à une pucelle et qu’après son mariage, elle l’en avait remercié.

La pauvre, elle a porté plainte, elle était outrée. Langhorn s’est défendu en expliquant qu’il tenait sa science … d’Aristote. Un champion toutes catégories du plan drague le plus minable et de l’excuse la plus foireuse, en somme.

Aristote ou pas, aujourd’hui encore, c’est une technique de drague relativement déplacée. Cela étant, je n’aurais pas saisi la justice. Non, je pense que je l’aurais diffusé sur un blog. Eh oui, autres temps, autres moeurs…