Louis Vuitton pour Murakami

Et pas l’inverse.

Pour revenir sur mes pérégrinations new-yorkaises et pour faire un genre de réponse à ce post de Maud, qui s’amusait de l’exposition, au Palais de Tokyo de l’Hôtel Everland à quelque pas des tentes Don Quichotte du quartier de la Bourse, l’insolite dans l’art, volume 2. Ou l’artistique et le cynique, volume 2.

Murakami est un genre d’artiste japonais au discours relativement simple, du genre “faire se rencontrer l’art japonais traditionnel et l’art pop japonais de la fin du XXe siècle”. En d’autres termes : un mix d’estampes et de manga. Mais surtout de manga. Bref, un bon vieux pop art des familles à la sauce nippone.

Murakami a obtenu sa caution hype il y a quelques années quand il a été contacté par Marc Jacobs pour participer à la collection 200-whatever de Louis Vuitton. Vous savez les faux sacs vuitton à monogramme multicolore qu’on vend devant Tati, à Barbès? Ben ça vient de Murakami.

La preuve par l’image:

Aussi, quoi de plus normal, lors d’une rétrospective consacrée à l’oeuvre de l’artiste japonais au Brooklyn Museum, d’évoquer sa collaboration avec la franchise de luxe? Comble de la mise en scène de la collaboration entre l’art et l’objet de consommation, la salle consacrée à Vuitton n’est rien moins qu’une boutique Vuitton, insérée au beau milieu de l’exposition! Ce n’est plus l’artiste qui est au service de la boutique mais bien l’inverse.

Comme pour enfoncer le clou, Vuitton (ou Murakami, ou Marc Jacobs, allez donc savoir) a même mis en place des faux vendeurs à la sauvette vendant des (vrais) sacs monogrammés devant le Brooklyn Museum le jour du vernissage, dans un jeu subtil de récupérations et de clins d’oeil. Ainsi, au cours de l’exposition, le visiteur se trouve dans une vraie situation de passage dans une vraie boutique Vuitton et d’observation méticuleuse des produits proposés puisque c’est ce qu’il fait. Et il peut même acheter. C’est fou, l’art, des fois!

Blague à part, le côté intéressant, outre le mercantilisme quasi-putassier de la chose, c’est que ce genre d’expo pleine de couleurs et de ludisme, qui affiche son appartenance à une culture matérielle faite de goodies et de babioles, on ne peut pas s’empêcher de la visiter en se demandant ce qu’on pourra rafler à la boutique de l’expo.

Alors j’ai envie de te dire, mettre la boutique de l’expo dans l’expo, avant le panneau “sortie” c’était plutôt bien vu. Manque de bol, les goodies, on en a bof les moyens. Et pour le coup, la vraie boutique de l’expo, celle qui est après “sortie”… elle est décevante. Alors bon. Va comprendre toi, moi j’en perds mon latin.