Bend it like Simon Cowell.

L’enseignement et la télé-réalité : A Love Story.

On ne le dira jamais assez, l’enseignement est typiquement le genre de métier qui s’apprend en permanence, tant on est dans l’échange, dans l’interaction sociale, la recherche de lien, le contact humain. En revanche, ce que je n’aurais jamais vu venir, c’est la nature de mes nouveaux mentors. Par exemple :

.

– En semaine 5, en pleine des évaluations des TD :

“Je vais être honnête avec vous, j’ai détesté. Je me suis ennuyée, j’ai surtout eu l’impression que vous essayiez d’être John Adams. Moi, ce que je veux voir, c’est vous, je veux voir cette étincelle que j’ai vu pendant vos participations en classe.” – ça passe toujours mieux pour expliquer le concept de la paraphrase, quand on le dit avec les mots de Demi Lovato (mon nouvel animal-totem), juge de X Factor aux Etats-Unis.

Et si un jeune insolent se la ramène un peu trop, il reste toujours la jurisprudence Britney: “Que faites-vous là, au juste ? Qui vous a autorisé à suivre ce cours ?”

.

– En semaine 7, le corrigé du partiel de mi-semestre peut être sanglant :

“je vais maintenant rendre les copies et décompter vos notes. Les notes vont de 1,5 à 17. Il y a 8 copies entre 10 et 17, pour les autres,Inutile de venir contester, la sentence est irrévocable”, channeling my inner-Denis Brogniart pour rester impassible.
.
.
– En semaine 8, on reprend les bases non-acquises :

“Ecoutez, j’irais pas jusqu’à dire que tout est dans le dressage, mais tout de même. Quand on voit votre copie, c’est pas joli, ça met pas en appétit, vous voyez. Alors même si c’est très bon derrière, moi ça, j’achète pas si c’est au menu d’un restaurant”

J’ai beau détester frangin Demorand, il est spot-on (enfin peut-être pas dans MasterChef, mais appliqué à mes paquets de copies, si). Des fois, je me demande même si l’épreuve de dressage ne serait pas judicieuse, dans le fond.

.

– Les délibérations de fin de semestre, en réunion pédagogique (ça tombe bien, Apogée n’accepte pas les décimales).
Pietra’ ? “Un solide 8 !”
Shy’m ? “Un très beau 9 !”
Virginie ? “Une belle remontée en fin de semestre, donc un tout petit 7, mais de nets progrès et ça… j’achète !” (par contre, je montre pas mes nichons, hein, je pousserai pas l’identification jusque là)
.
A force de vouloir assimiler toutes les télé-réalités à une “extraordinaire aventure humaine”, voilà où ça nous conduit, ces conneries. La vraie question que je me pose, c’est : est-ce moi qui m’inspire de la télé-réalité ou la télé-réalité qui s’est bâtie sur des patterns d’enseignement, révélant par là-même un stade anal jamais dépassé par les concepteurs de ces shows, visiblement traumatisés par des tôles un peu violentes dans leur scolarité ?
Fin de cette incursion bouleversante dans le quotidien ordinaire d’un enseignant dans le supérieur.

Lookin’ up to you, Ms. Horowitz

Etre une girls’ girl, girly girl et ce qui va avec, ça m’a jamais trop dérangée, même le label. Ce blog parle pour moi. J’aime bien ça, les copains aussi, ça les amuse (et pourtant, moi non plus, je lis toujours pas Diglee, et certes, j’aime la guerre des étoiles mais dès mioche, c’était aussi à cause de ce crush absurde pour le Skywalker pré-paralysie faciale / je sais je sais, j’étais pas très alpha male, à l’époque).

Parfois ça relève du defense mechanism, parfois, je vois même ça comme une forme d’anti-conformisme – évidemment le conformisme ou l’anti-, c’est lié au milieu dans lequel on évolue, et sur les Internets, ça me rend terriblement mainstream. Mais dans ce noir pays de Mordor qu’est mon milieu professionnel, certaines choses sont mal vues.

Je me rappelle, quand j’ai commencé à faire cours, avoir passé plus de temps qu’il n’est raisonnable à conceptualiser l’habillage enseignant – à une époque où Lindsay Lohan à peine rehabée une fois, pouvait encore passer pour une it-girl (hihi!), une époque aussi où je bloguais que j’étais vraiment trop sucre & miel avec mes étudiants (c’était vrai). Times they are a-changing. Continue reading