Le blogueur est un superhéros

Finalement, ce que nous apprend – entre autres – Kick-Ass, c’est qu’avec un peu de bonne volonté, de bidouillage visuel fait maison et un bon pseudo, on peut devenir un better self.

La rencontre entre Kick-Ass et son rival Red Mist m’a fait penser à un grand moment de la vie du blogueur, ce moment où on passe de l’autre côté de l’écran pour la rencontre irl (un peu de langage geek n’a jamais fait de mal à personne). Ni l’un ni l’autre ne se connaissent indépendamment de leur alias, et KickAss bombe un peu le torse pour faire croire qu’il a des pecs pendant Red Mist lui fait faire le tour du propriétaire de sa “Mist-mobile” – sans doute tunée par X-zibit lui-même (j’ai failli faire une remarque comme quoi Pimp My Ride est le meilleur show MTV ever, mais depuis, j’ai commencé à regarder the Hills, alors y a débat).

– Nom d’une pipe, si pourtant ils savaient qu’en vrai Kick-Ass est le mec qui aurait dû jouer Harry Potter *depuis le début*, et que Red Mist n’est autre que McLovin, hawaian organ donor… –

Ils doivent donc s’entraîner à incarner un peu leur personna de superhéros – cette version plus cool d’eux-mêmes. Alors évidemment, ça s’inscrit dans le développement récent du superhéros qu’on doit entre autres à Sam Raimi ou à Christopher Nolan, où ce dernier relève plus d’une problématique de développement personnel que d’un réel idéal de justice et de paix dans le monde. Et donc si nous autres greluches, on s’était plantées quand en 2005, on affirmait que notre blog, c’est un peu Bridget Jones meets Carrie Bradshaw? et si, en vrai, on était dans le paradigme du superhéros depuis le début? Continue reading

Une anthologie de filles infréquentables

Cet hiver, au Brooklyn Museum, il y avait une exposition sur les photographies de rock. Au baromètre de l’originalité et de l’inventivité, on se situe environ à l’échelle moins 250, le parti-pris de l’exposition étant d’affirmer que le rock’n roll n’est pas un son mais une attitude. Il y avait tout de même un bon sens du storytelling, c’était l’occasion de voir et revoir de bien chouettes clichés, et ça faisait une super attraction dominicale (selon la doxa qui veut qu’un dimanche de qualité à New York comprenne les éléments brunch et expo-à-musée-hype).

Les deux plus beaux clichés étaient sans conteste une photo de Kurt Cobain en larmes après un concert (existe-t-il quelque chose de plus rock que ça? Sérieusement?) et cette photo d’ Amy Winehouse en train de se toucher dans une chambre d’hôtel après son mariage avec Blake Fiedler-Civil:

Pour l’histoire, la photo fait écho à l’échec du producteur des Ronettes, qui voulait donner à ses protégées un air de bad girls via une surdose d’high-liner et de laque. Sans succèsContinue reading

Too cool for school

Aujourd’hui, les geeks oubliés.

Vous voyez ce gimmick assez galvaudé selon lequel “High School is never over“? Parlant de lavage de cerveau, n’est-ce pas… Cela dit, vous aussi, vous vous marrez quand vous voyez sur Facebook que la bombe slutty du lycée est devenue une MILF à moitié obèse après sa 3e grossesse non désirée (nom de dieu, je vis pour ces moments-là), et vous aussi, vous aimeriez que le monde entier voie à quel point vous êtes quelqu’un de coule et que votre génie n’a jamais vraiment été estimé à sa juste valeur “à l’époque” (sérieusement, quelle est la raison d’être d’un blog ou, plus modestement, de laisser la partie “photos” de sa page Facebook ouverte au public, sinon?). D’un autre côté, je suis un peu contre cette affirmation qui masque l’existence de ces personnalités qui ne peuvent éclore qu’après le lycée.

Les blogs sont des viviers de ces “génies sous-évalués” qui peuvent enfin clamer au grand jour leur amour de la fantasy, des jeux de rôle ou du rock progressif (n’oublions jamais qu’en haut du fantasy-addict hall of fame, il y a Led Zeppelin), passions qui furent brimées à une époque où on assurait seulement si on faisait tourner sur fond de Tryo / Sinsemilia (Billy Ze Kick pour les mecs un peu old-school) avant de se ramener en cours avec les dernières Camper aux pieds (oui, non parce que ça va bien deux secondes de considérer que les 90s c’est cool à cause du fluo et des Air Max, mais les 90s, c’est aussi des Camper beige et du reggae de loser). Chaque jour, j’apprécie un peu plus cette inversion des rôles, où il devient chic de se prétendre geek, sans trop savoir ce que geek ou nerd veut dire. Alors une fois pour toutes: non, on n’est pas geek quand on a un iPhone. Et non, on ne devient pas geek parce qu’on revient de vacances au Japon. Dans les deux cas, on a du fric et un abonnement à Tecknikart bien calibré. Continue reading